Cardiogen : ce que montrent les études, statut et sécurité
Résumé
Le Cardiogen est une chaîne synthétique de quatre acides aminés mise au point par un institut de Saint-Pétersbourg et vendue comme peptide du cœur. Tout ce qui est avancé sur un cœur vivant provient d'une demande de brevet de 2004 jamais parue dans une revue, et aucune étude chez des personnes n'existe. Le peptide n'est autorisé comme médicament nulle part. Le produit autorisé qui porte le nom CardioGen-82 est un générateur radioactif pour imager le cœur, et c'est tout autre chose.
Les points clés en bref
- Aucun essai chez des personnes, jamais. Le 20 septembre 2026, le registre ClinicalTrials.gov ne contenait aucune étude du peptide. La seule fiche où apparaît la chaîne de caractères « cardiogen » concerne un autre produit [1].
- L'autorisation que l'on invoque appartient à autre chose. Le CardioGen-82 est un générateur de rubidium-82 servant à imager le cœur, fabriqué par Bracco Diagnostics et autorisé aux États-Unis sous le numéro NDA 019414 ainsi qu'en Suisse sous le numéro 62332. Le peptide lui-même n'est autorisé nulle part [2], [3], [4].
- Les preuves cardiaques tiennent dans un brevet. Le chiffre cité partout, une mortalité qui passe de 45 à 15 pour cent chez des rats après un infarctus provoqué, vient de l'exemple 2 du brevet américain US 7,662,789 B2. Les revues des inventeurs eux-mêmes citent ce brevet, en référence 164 dans l'une et 123 dans l'autre [5], [6], [7].
- Cinq articles, le dernier en 2012. PubMed contient exactement cinq articles consacrés à la substance, dont trois parus dans une revue russophone, et dans deux seulement le peptide est la seule substance testée. À titre de comparaison, une recherche PubMed sur son peptide frère, l'épitalon, renvoie environ 160 notices [8].
- La Russie le vend comme aliment, l'Occident comme injectable. Les gélules russes contiennent 100 microgrammes de complexe peptidique, à avaler. Les flacons occidentaux contiennent 20 milligrammes de poudre à injecter, soit environ quatre cent mille fois une dose animale unique par flacon [9], [10].
- Rien d'officiel auquel se référer. Il n'existe ni monographie de pharmacopée ni étalon de référence pour le peptide : l'identité et la pureté d'un flacon de 20 mg reposent donc sur la seule parole du vendeur [10].
- Interdit dans le sport en permanence. La catégorie S0 englobe toute substance à effet médicamenteux qu'aucune autorité sanitaire n'a autorisée chez l'être humain, ce qui correspond exactement à ce cas [11].
Ce que c'est
Le Cardiogen est un peptide de quatre acides aminés fabriqué en laboratoire, vendu sous le nom de Кардиоген en Russie et comme produit de recherche en Occident. Il vient de l'Institut de biorégulation et de gérontologie de Saint-Pétersbourg, l'équipe réunie autour de Vladimir Khavinson, et il est présenté comme un peptide du muscle cardiaque [5].
Le point de départ était un extrait de tissu cardiaque prélevé sur de jeunes animaux. Le groupe rapporte avoir détecté ce peptide de quatre maillons dans ce mélange par spectrométrie de masse, puis l'avoir fabriqué par synthèse [7]. La mesure qui soutient cette affirmation n'a jamais été publiée pour elle-même.
Les étiquettes « biorégulateur » et « cytogène » viennent du même groupe. Ce sont des termes maison plutôt que des catégories pharmacologiques, et ils ne figurent dans aucune pharmacopée ni dans aucun système de classement officiel [12], [13].
L'identité chimique est claire, mais la trace documentaire qui l'entoure est mince. Le peptide n'a aucune fiche dans la base américaine des substances, aucune dans la base de chimie ChEMBL, aucune dans le thésaurus médical MeSH et aucune dans Wikidata [12], [13], [14], [15].
La base de chimie publique PubChem est restée inaccessible pendant toutes ces vérifications. Aucun numéro de registre n'a pu être récupéré [16].
Faits en bref
| Champ | Valeur | Réf. |
|---|---|---|
| Chaîne | Ala-Glu-Asp-Arg, quatre acides aminés | [5] |
| Formule et masse | C18H31N7O9, 489,48 g/mol | [5] |
| Code dans la littérature | AEDR | [5], [6] |
| Forme physique décrite | Poudre blanche inodore, associée à de l'acétate | [5] |
| Fiche chimique | Aucune récupérable ; la base était inaccessible | [16] |
| Code chez le régulateur américain | Aucun ; une recherche renvoie un composé du rubidium | [12] |
| Code de classement des médicaments | Aucun | [12] |
| Durée de présence dans le corps | Aucune valeur publiée, pour aucune voie ni aucune espèce | [8] |
| Études enregistrées chez des personnes | Aucune | [1] |
| Statut d'autorisation | Autorisé nulle part, pour rien | [4], [12] |
| Vendu sous forme de | Gélules et comprimés en Russie, flacons de 20 mg de poudre en Occident | [9], [10] |
| Groupe d'origine | Institut de biorégulation et de gérontologie de Saint-Pétersbourg | [5] |
| Brevet | US 7,662,789 B2, priorité du 22 juin 2004, accordé le 16 février 2010 ; brevet européen parallèle EP 1758923 A1 | [5], [17] |

Comment il agirait
Personne ne le sait. Aucun récepteur n'a été identifié et aucune fixation sur une cible humaine n'a été mesurée. Tous les mécanismes proposés viennent soit d'un modèle informatique, soit d'une protéine végétale, soit de cellules en boîte de culture.
Le groupe explique lui-même les choses ainsi. Le peptide entrerait dans la cellule par une protéine de transport et gagnerait le noyau. Là, il se fixerait sur l'ADN, ou sur les extrémités des protéines qui l'enroulent, et modifierait quels gènes sont lus. Chaque étape mérite d'être examinée séparément.
- Se fixer sur les protéines qui emballent l'ADN. En tube à essai, le peptide s'est fixé aux extrémités des histones, les protéines autour desquelles l'ADN s'enroule. Ces histones venaient du blé, et le peptide faisait partie des six testés ensemble. Les auteurs eux-mêmes formulent leur conclusion comme une hypothèse [18].
- Entrer dans la cellule. Les calculs de placement moléculaire donnent des scores de −35,35 pour le transporteur LAT1, −27,54 pour LAT2 et −27,50 pour PEPT1, ce qui le classe troisième sur 26 peptides pour deux d'entre eux. Un tableau antérieur du même groupe donne −29,81. Aucun transport n'a jamais été mesuré [6], [19].
- Construire le squelette de la cellule. Dans des cellules embryonnaires de souris en boîte de culture, le peptide a multiplié par deux à cinq les protéines de charpente que sont l'actine, la tubuline et la vimentine. Les protéines du noyau lamine A et lamine C ont augmenté d'un facteur deux à trois [20]. Ces cellules sont des fibroblastes, pas des cellules de muscle cardiaque.
- Ralentir la mort cellulaire. Dans du tissu cardiaque de rats jeunes et âgés maintenu en boîte de culture, le tissu a fabriqué moins de protéine p53, l'un des interrupteurs qui envoient une cellule abîmée à l'autodestruction [21]. L'article donne des sens de variation, pas des chiffres.
Un problème de taille se cache derrière tout cela. Une chaîne de quatre acides aminés porte beaucoup trop peu d'information pour désigner un gène précis dans un génome entier. L'alanine, l'acide glutamique, l'acide aspartique et l'arginine circulent d'ailleurs librement dans le sang comme acides aminés ordinaires.
Le récit d'une action propre à chaque tissu ne tient pas davantage. Dans l'expérience censée l'étayer, chaque peptide n'a jamais été testé que dans le tissu qui lui était attribué, si bien que rien n'exclut un effet ailleurs [22]. Deux autres articles ont trouvé des effets dans une tumeur et dans des cellules de prostate, qui ne sont ni l'un ni l'autre le cœur [23], [24].
Ce que montrent les études
Sept expériences sur l'animal ou sur du tissu dans un brevet, cinq articles dans des revues et rien chez des personnes. Tout provient de l'institut d'origine ou de personnes qui cosignent avec lui, et aucun laboratoire extérieur n'a jamais répété le moindre résultat [8].
La distinction la plus importante sur cette page sépare deux types de sources. Un article de revue est lu et critiqué par d'autres scientifiques avant de paraître. Une demande de brevet est un document juridique, examiné pour sa nouveauté et non pour sa méthode. Celle-ci indique bien combien d'animaux ont été utilisés et précise qu'ils ont été répartis au hasard, mais elle ne décrit aucune procédure en insu, et en plus de vingt ans aucune de ses expériences n'a paru dans une revue [5].
La mortalité après un infarctus provoqué
Données animales, exemple de brevet Quarante rats de 180 à 200 g ont été répartis au hasard en deux groupes de 20, puis une artère coronaire a été ligaturée. Trois doses de 0,05 µg par animal ont été injectées dans la cavité abdominale à une, trois et cinq heures. Les décès dans les 24 heures sont passés de 45 pour cent dans le groupe témoin à 15 pour cent [5].
Chiffres tirés de l'exemple 2 du brevet américain US 7,662,789 B2, un document juridique que d'autres scientifiques n'ont jamais relu : 20 rats par groupe, répartition au hasard, aucune procédure en insu décrite. Source [5].
Le même exemple rapporte des zones de tissu mort plus petites et une glycémie inférieure d'un facteur 1,5. Un indice d'efficacité énergétique des centrales de la cellule atteignait 93,2 ± 2,3 contre 41,5 ± 2,4 chez les témoins (p < 0,05) [5]. Voilà l'intégralité des preuves cardiaques obtenues chez un animal vivant.
Un cœur isolé privé de circulation
Données ex vivo, exemple de brevet Les cœurs de 60 cochons d'Inde, répartis en groupes de six, ont été prélevés, perfusés puis privés de circulation pendant 30 minutes. À 0,005 µg/ml dans le liquide de perfusion, la force de contraction après la reprise atteignait 75 ± 12 pour cent de sa valeur de départ. Sans le peptide, elle atteignait 43 ± 7 pour cent. Le débit dans les vaisseaux propres du cœur était de 10,8 ± 1,6 contre 8,5 ± 0,4 ml/min (p < 0,05) [5].
Le brevet donne une plage d'activité générale de 0,002 à 0,05 µg/ml ; le résultat ci-dessus provient de la seule concentration de 0,005 µg/ml [5].
Des lésions cardiaques provoquées par l'adrénaline
Données animales, exemple de brevet Trente rats répartis en trois groupes de dix ont reçu de l'adrénaline à 2 mg/kg dans la cavité abdominale, puis 0,05 µg de peptide par animal après une heure et après cinq heures. Un marqueur de l'oxydation des graisses dans le tissu s'établissait à 110 ± 17 contre 176 ± 24 mmol/g à 24 heures (p < 0,05). Le sucre mis en réserve se maintenait à 0,168 ± 0,021 contre 0,112 ± 0,017 en unités de densité optique [5].
Un rythme cardiaque irrégulier
Données animales, exemple de brevet Soixante rats anesthésiés, répartis en six groupes de dix, ont reçu du chlorure de calcium à 220 mg/kg. Des doses de 0,05 à 1,0 µg/kg ont réduit la fréquence des épisodes de battements chaotiques et rendu plus probable le retour à un rythme normal. À 0,2 et 0,5 µg/kg, la fréquence cardiaque augmentait de 12,3 à 48,6 pour cent chez les animaux au rythme lent et diminuait chez ceux au rythme rapide. Les inventeurs désignent 0,2 µg/kg comme la meilleure quantité [5]. Aucune fréquence et aucune valeur de p ne sont données.
Du tissu cardiaque en boîte de culture
Données cellulaires Des fragments de muscle cardiaque de rat se sont davantage développés sous l'effet du peptide, sur une large plage de concentrations allant de 0,01 à 20,0 ng/ml pendant trois jours [5]. Un article distinct rapporte un fort effet de croissance dans du tissu de rats jeunes comme âgés à 10⁻¹² M, accompagné de la baisse de p53 [21].
Cet article porte une comparaison gênante. Sept des 20 acides aminés isolés testés augmentaient eux aussi la croissance du tissu jeune, et deux sur 20 celle du tissu âgé [21]. L'effet du peptide ne se distingue donc pas nettement de ce que font des acides aminés libres.
Là où les résultats pointent ailleurs que vers le cœur
Données animales Chez des rats âgés porteurs d'un sarcome greffé, les injections ont ralenti la croissance de la tumeur en fonction de la dose. Les auteurs précisent que cela passait par des hémorragies et par la mort des cellules des vaisseaux de la tumeur, et non par une action sur les cellules tumorales elles-mêmes [23]. Une substance capable de cela n'est pas une chaîne inerte d'acides aminés.
Données cellulaires Dans des cellules de prostate humaine vieillissant en culture, trois peptides ont augmenté les mêmes trois facteurs de signalisation. Les auteurs désignent un autre d'entre eux, le T-38, comme le plus actif [24]. Le Cardiogen n'était pas le plus puissant, et le tissu n'était pas le cœur.
Rien chez des personnes
Aucun essai n'a été enregistré et aucun n'a été publié [1], [8]. Les revues écrites par le groupe d'origine ne revendiquent d'ailleurs aucun usage chez des personnes pour ce peptide : elles ne décrivent que des travaux sur l'animal et sur des cellules [7].
Tout le champ des résultats cardiaques reste donc vide : aucune mesure d'infarctus, d'insuffisance cardiaque, de douleur thoracique, de capacité à l'effort, de tension artérielle ou de survie chez un être humain.
Ce que l'on ignore encore
- Si quoi que ce soit se produit dans un cœur humain.
- Quelle quantité atteint le sang par voie orale ou par injection, et à quelle vitesse la substance se dégrade.
- Si l'histoire de l'ADN et des histones tient en dehors d'un tube à essai rempli de protéines de blé.
- Ce que signifie le résultat sur les vaisseaux de la tumeur pour un tissu sain.
- Ce que donneraient des mois de prise, à quelque quantité que ce soit.
Effets indésirables et sécurité
Aucun profil d'effets indésirables n'existe. Cela ne veut pas dire que le produit est bien toléré : cela veut dire que personne n'en a jamais dressé. Il n'existe aucune étude chez des personnes ni la moindre observation de cas. Les 127 signalements d'effets indésirables déposés sous ce nom dans la base américaine concernent tous le produit radiopharmaceutique [2].
Les seuls chiffres de sécurité viennent des inventeurs eux-mêmes, dans la partie toxicité de leur brevet. Une dose unique de 1 à 5 mg/kg injectée dans le muscle de 66 souris n'a provoqué aucune réaction, ce que les déposants présentent comme 5 000 fois la quantité qu'ils proposaient pour un usage humain. Soixante rats ayant reçu 1 µg/kg, 0,1 mg/kg et 1 mg/kg dans un muscle chaque jour pendant 90 jours n'ont montré aucun effet [5].
Une ligne de cette même partie n'est pas rassurante. Sur 96 cochons d'Inde ayant reçu ces doses pendant six mois, les animaux traités présentaient une hausse des globules blancs à trois mois et à six mois, les autres valeurs restant pour l'essentiel inchangées [5]. Aucune explication n'a été proposée et personne n'y a donné suite.
Une affirmation tirée de la revue du groupe lui-même ne doit pas être prise pour une preuve. On y lit que des peptides aussi petits « provoke no allergic reactions and have no side effects » (ne provoquent aucune réaction allergique et n'ont aucun effet indésirable) [7]. Aucune étude de sécurité n'est citée à l'appui de cette phrase, nulle part dans l'article.
Ce qui manque
- Aucune toxicologie indépendante, d'aucune sorte, et aucune limite haute de sécurité fixée par quiconque en dehors du brevet.
- Aucune mesure de l'absorption, de la répartition, de la dégradation ou de l'élimination, pour aucune voie ni aucune espèce.
- Aucune donnée sur les réactions immunitaires, sur le risque de cancer ni sur les effets sur la reproduction.
- Aucune donnée sur la grossesse, l'allaitement, l'enfant, ni sur les personnes dont le foie ou les reins fonctionnent mal.
- Aucune donnée sur les interactions, ce qui compte parce que les personnes visées par ce marketing prennent en général plusieurs médicaments cardiaques par jour.
- Aucun étalon officiel : l'identité et la pureté du produit qui circule ne peuvent donc être comparées à rien [12], [16].
La forme injectable ajoute des risques indépendants de la substance elle-même. Les flacons vendus comme produits de recherche sont fabriqués hors de tout système de qualité pharmaceutique : la stérilité, la teneur en endotoxines et la quantité réelle de peptide y sont inconnues [10]. Reconstituer et injecter un produit non stérile expose aux risques habituels d'abcès, d'inflammation des veines et d'infection transmise par le sang.
Le risque le plus grand est ailleurs. Ce produit est vendu à des personnes atteintes d'une maladie du cœur, et en Russie explicitement pour un manque durable de circulation dans le muscle cardiaque [9]. S'en remettre à lui plutôt qu'à un traitement éprouvé revient à laisser une vraie maladie sans soins.
Doses utilisées dans les études
Ces doses proviennent des études citées et ne figurent ici qu'à titre de repère scientifique. Elles ne constituent pas une recommandation et ne peuvent pas être transposées à un usage chez l'être humain.
Le tableau ci-dessous ne comporte aucune ligne concernant l'être humain, puisqu'aucune étude humaine n'existe. Chaque ligne décrit une quantité donnée à un animal, ajoutée à un organe isolé ou versée dans le liquide d'une boîte de culture. La plupart viennent d'un brevet, et non d'un article relu par des pairs.
| Étude | Modèle | Quantité | Voie | Durée | Réf. |
|---|---|---|---|---|---|
| Exemple 2 du brevet, infarctus provoqué | Rat, 180–200 g | 0,05 µg par animal | Dans la cavité abdominale | Trois doses, à 1, 3 et 5 heures | [5] |
| Exemple 3 du brevet, cœur isolé | Cœur de cochon d'Inde, perfusé | 0,002–0,05 µg/ml ; le résultat cité plus haut vient de 0,005 µg/ml | Ajouté au liquide de perfusion | 30 minutes sans circulation, puis reprise | [5] |
| Exemple 4 du brevet, lésions par adrénaline | Rat | 0,05 µg par animal | Dans le corps, voie non précisée | Deux doses, à 1 et 5 heures | [5] |
| Exemple 5 du brevet, lésions cardiaques chimiques | Rat | 0,05 µg par animal | Dans un muscle | Chaque jour, les 10 derniers jours d'une cure de 20 jours | [5] |
| Exemple 6 du brevet, rythme irrégulier | Rat, anesthésié | 0,05–1,0 µg/kg ; 0,2 µg/kg jugé le meilleur | Dans la cavité abdominale | Une fois | [5] |
| Exemple 7 du brevet, tissu cardiaque | Explants de cœur de rat | 0,01–20,0 ng/ml | Ajouté au liquide de culture | 3 jours à 37 °C | [5] |
| Exemple 8 du brevet, consommation d'oxygène | Cellules cardiaques de rat isolées | 10 ng/ml | Ajouté au liquide de mesure | Mesure unique à 30 °C | [5] |
| Zakutskiĭ 2006, spécificité de tissu | Explants de cœur, poumon, prostate et pancréas de rat | 0,05 ng/ml | Ajouté au liquide de culture | Non précisée dans le résumé | [22] |
| Chalisova 2009, tissu cardiaque | Explants de cœur de rat, jeunes et âgés | 10⁻¹² M, soit 1 pM | Ajouté au liquide de culture | Non précisée dans le résumé | [21] |
| Khavinson 2012, protéines de charpente | Cellules embryonnaires de souris | Non précisée dans le résumé | Ajouté au liquide de culture | Non précisée dans le résumé | [20] |
| Levdik 2009, sarcome | Rats âgés porteurs d'une tumeur greffée | Non précisée dans le résumé | Injection, voie non précisée | Non précisée dans le résumé | [23] |
| Complément alimentaire russe, hors étude | Personnes, par voie orale | 100 µg de complexe peptidique par gélule ; le fabricant indique une prise de 1 à 2 gélules, une ou deux fois par jour | Par la bouche | 1 mois | [9] |
La dernière ligne est une indication de fabricant portant sur un complément alimentaire, et non un résultat d'étude ; rien dans la littérature ne l'étaye. Une quantité versée dans une boîte de culture ou donnée à un rat ne se convertit pas en une quantité destinée à une personne, et aucune mesure d'absorption n'existe pour aucune voie [5], [8].
L'écart d'échelle mérite d'être dit clairement. Toutes les doses animales du tableau se situent entre 0,05 et 1,0 µg/kg, ou 0,05 µg pour un rat entier, alors qu'un flacon vendu en Occident contient 20 mg [5], [10].
Développement et statut réglementaire
Un brevet, cinq articles, aucun programme de développement
- 2004Dépôt du brevet sur un peptide du cœurPriorité du 22 juin, quatre inventeurs venus de Saint-Pétersbourg, réf. [5]
- 2006Première parution dans une revueTissus de cœur, de poumon, de prostate et de pancréas en boîte de culture, à 0,05 ng/ml, réf. [22]
- 2009-2010Trois articles, dont deux hors du cœurTissu cardiaque et p53, une expérience sur tumeur, et des cellules de prostate, réf. [21], [23], [24]
- 2010Brevet accordé aux États-UnisUS 7,662,789 B2, accordé le 16 février ; le brevet européen parallèle avait été accordé en 2008, réf. [5], [17]
- 2012Le dernier article consacré à la substanceCellules embryonnaires de souris, protéines de charpente, toujours pas du muscle cardiaque, réf. [20]
- 20 septembre 2026Registres consultésAucune autorisation nulle part, aucun essai enregistré, aucun code de substance, réf. [1], [12]
Il n'y a aucun programme de développement derrière le Cardiogen. Aucun promoteur n'a déposé de dossier, aucune phase d'essais n'a commencé et rien n'est en cours d'examen. Ce qui existe, c'est un brevet de 2004, aujourd'hui expiré, et cinq articles de laboratoire venus d'un seul institut [5], [8].
| Marché | Statut | Remarque | Réf. |
|---|---|---|---|
| États-Unis | Non autorisé | Aucune fiche de substance et aucune notice ; jamais proposé pour la préparation en pharmacie | [12], [25] |
| Union européenne | Non autorisé | Aucune autorisation et aucun essai ; la recherche de l'agence a refusé la requête le jour de la vérification | [26] |
| Allemagne | Non autorisé | Une préparation injectable sans autorisation ne peut pas être mise sur le marché | [26] |
| Royaume-Uni | Non autorisé | Le registre n'a renvoyé qu'une coquille de page, la conclusion repose donc sur tous les autres registres | [26] |
| Australie | Non autorisé | Absent de la liste nationale des substances vénéneuses, ce qui ne vaut pas permission | [27] |
| Canada | Non autorisé | La base des médicaments ne renvoie rien ; une requête témoin fonctionne | [28] |
| Suisse | Non autorisé | Le seul résultat dans la liste officielle est le produit radiopharmaceutique, numéro 62332 | [4] |
| Russie | Non autorisé | Vendu comme complément alimentaire en gélules et en comprimés, ce qui n'est pas une autorisation de médicament | [9], [29] |
Deux lignes demandent de la prudence. L'entrée australienne signifie que la substance n'a jamais été classée, et non qu'elle peut être utilisée.
La ligne russe est la plus souvent mal lue. Sa source est un ouvrage de référence sur les médicaments et non un registre officiel, parce que les deux registres russes n'ont pas répondu le jour de la vérification [29]. Un complément alimentaire ne passe de toute façon aucun test d'efficacité, et la forme injectable n'y a pas davantage d'autorisation.
Ces vérifications ont été menées le 20 septembre 2026.
Antidopage
Le Cardiogen est interdit à tout moment, en compétition comme hors compétition. La catégorie S0 de la Liste des interdictions 2026 vise « any pharmacological substance which is not addressed by any of the subsequent sections of the List and with no current approval by any governmental regulatory health authority for human therapeutic use » (toute substance pharmacologique qui ne relève d'aucune des sections suivantes de la Liste et qu'aucune autorité sanitaire publique n'autorise actuellement en usage thérapeutique chez l'être humain) [11].
Le nom ne figure nulle part sur la liste, et cette page le dit clairement. Le classement découle de cette clause générale : ce n'est pas une entrée imprimée sous un intitulé.
La conclusion n'en est pas moins ferme. Aucune autorité sanitaire au monde n'a autorisé le peptide, et aucune autre section de la liste ne le couvre. La liste ajoute que tout ce qui relève de cette catégorie compte comme substance spécifiée, ce qui joue sur la sanction et non sur l'interdiction [11].
La loi antidopage allemande fonctionne autrement. Son annexe nomme les substances interdites une à une et ne comporte aucune clause générale : la détention de ce peptide n'y constitue donc pas une infraction [30].
Les gélules russes tombent sous la catégorie S0 comme le reste. Aucune méthode publiée ne permet de détecter la substance dans un échantillon. Le tour d'horizon des peptides interdits dans le sport donne plus de détails.
Comparaison avec des peptides voisins
Comptes arrêtés au 20 septembre 2026. Les cinq articles comprennent trois parutions dans une revue russophone, et dans trois d'entre eux le peptide figure parmi plusieurs substances testées. Sources [1], [8], [20].
| Peptide | Lien avec le Cardiogen | Ce qu'ont trouvé les vérifications de cette page |
|---|---|---|
| Cardiogen | — | Ala-Glu-Asp-Arg, 489,48 g/mol ; cinq articles, aucun essai chez des personnes, aucun code de substance [1], [5], [8] |
| Épitalon | Mêmes trois premiers acides aminés, glycine à la place de l'arginine ; rattaché à la glande pinéale | Environ 160 notices PubMed, contre cinq ici [8] |
| Chonluten | Mêmes trois premiers, leucine en fin de chaîne ; rattaché aux poumons | Breveté par les mêmes inventeurs dans un dépôt parallèle, US 7,625,870 B2 [31] |
| Cortagen | Mêmes trois premiers, proline en fin de chaîne ; rattaché au cortex cérébral | Même série, même institut, et le même schéma d'un brevet qui porte l'essentiel des affirmations |
| Cartalax | La même chaîne sans le quatrième acide aminé ; rattaché au cartilage | Trois acides aminés, 333,29 g/mol ; lui non plus n'a jamais fait l'objet d'un essai chez des personnes |
La comparaison ne porte pas sur la puissance. Elle montre où se situe le Cardiogen : une identité chimique bien établie, un organe que ses inventeurs lui ont attribué, et presque rien d'autre. Chaque membre de cette série ne diffère du suivant que par un acide aminé, ce qui explique pourquoi les catalogues les échangent si facilement.
Chercher par le nom aggrave les choses au lieu de les régler. Le terme « Cardiogen » renvoie surtout au produit radiopharmaceutique, ou à des mots comme « cardiogénique » [2], [15]. Le code AEDR est le seul terme de recherche qui conduise de façon fiable au peptide.
Idées reçues fréquentes
- « Le Cardiogen est autorisé, puisque le CardioGen-82 l'est. » Ce sont deux produits différents. Le CardioGen-82 est un générateur de rubidium-82 servant à imager le cœur, fabriqué par Bracco Diagnostics. Il est autorisé aux États-Unis sous le numéro NDA 019414 et en Suisse sous le numéro 62332, et il porte son propre encadré de mise en garde [2], [3], [4].
- « Il existe un essai clinique, le NCT01424774. » Cette étude mesurait l'exposition au rayonnement du strontium chez 155 patients ayant déjà passé un examen au CardioGen-82. La fiche précise explicitement que le produit n'a été administré à personne pendant l'étude. Elle n'a rien à voir avec le peptide [32].
- « Les résultats cardiaques sont des résultats d'étude. » Ce sont des exemples de brevet. Les revues du groupe d'origine citent ce brevet comme source de l'étiquette de protecteur du cœur, en référence 164 dans un article et 123 dans un autre [5], [6], [7].
- « Il est vendu en Russie, donc il y a été autorisé. » Il y est vendu comme complément alimentaire en gélules et en comprimés, dosés à 100 microgrammes chacun. Les compléments ne passent aucun test d'efficacité, et la forme injectable n'a pas non plus d'autorisation en Russie [9].
- « Le Cardiogen, c'est le complexe peptidique cardiaque A-14. » L'A-14 est un mélange extrait de tissu cardiaque animal. Le Cardiogen est un peptide synthétique unique. Ils sont vendus en Russie comme deux produits distincts [33].
- « Biorégulateur désigne une classe de médicaments reconnue. » C'est un terme maison du groupe d'origine, au même titre que « cytogène ». Aucune pharmacopée, aucun système de classement et aucun régulateur ne l'emploie [12], [13].
- « Deux articles récents montrent qu'il agit sur les cellules nerveuses. » Deux articles de 2024 et 2025 nomment l'AEDR dans leurs méthodes, alors que leur titre, leur résumé et leurs résultats décrivent l'AEDG, c'est-à-dire l'épitalon. Il s'agit presque certainement d'une faute de frappe, et ni l'un ni l'autre ne peut compter comme preuve ici [34].
- « Il n'est pas sur la liste antidopage, donc il est permis. » Il n'y est pas nommé, mais la catégorie S0 englobe toute substance qu'aucune autorité n'a autorisée. C'est exactement sa situation [11].
Questions fréquentes
Le Cardiogen a-t-il déjà été testé chez des personnes ?
Non. Le 20 septembre 2026, le registre ClinicalTrials.gov ne contenait aucun essai du peptide, et ni PubMed ni Europe PMC ne contiennent de compte rendu clinique. Même les revues écrites par le groupe qui l'a mis au point ne décrivent que des travaux sur l'animal et sur des cellules. Aucune mesure de ce que fait la substance dans un corps humain n'a jamais été publiée.
Le Cardiogen est-il la même chose que le CardioGen-82 ?
Non, et c'est la confusion la plus répandue autour de ce nom. Le CardioGen-82 est un générateur de rubidium-82 fabriqué par Bracco Diagnostics pour imager le cœur, autorisé aux États-Unis sous le numéro NDA 019414 et en Suisse sous le numéro 62332. C'est un produit radiopharmaceutique. Le peptide, lui, n'est autorisé nulle part, et les deux ne partagent rien d'autre que leur nom.
Quelle est la séquence du Cardiogen ?
Quatre acides aminés : alanine, acide glutamique, acide aspartique et arginine, soit Ala-Glu-Asp-Arg ou AEDR. Le brevet donne la formule C18H31N7O9 et une masse de 489,48 g/mol. Les quatre sont des acides aminés ordinaires, qui circulent déjà librement dans le sang.
D'où vient l'affirmation selon laquelle le Cardiogen protège le cœur ?
D'une demande de brevet, et non d'une étude. Les chiffres les plus souvent cités figurent dans les exemples du brevet américain US 7,662,789 B2. L'un d'eux rapporte une mortalité qui passe de 45 à 15 pour cent chez des rats après un infarctus provoqué. Les revues écrites par les inventeurs citent ce même brevet comme preuve. Il n'a jamais été relu par d'autres scientifiques ni publié dans une revue.
Le Cardiogen est-il autorisé comme médicament quelque part ?
Non, dans aucun pays. Il n'existe aucune autorisation de mise sur le marché aux États-Unis, dans l'Union européenne, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, au Canada, en Suisse ni en Russie. Le peptide n'a aucune fiche dans la base américaine des substances, aucune monographie de pharmacopée et aucun code de classement des médicaments.
Que vend-on sous le nom de Cardiogen en Russie ?
Un complément alimentaire en gélules et en comprimés, dosé à 100 microgrammes de complexe peptidique, à avaler. Un complément alimentaire ne passe aucun test d'efficacité. La fiche du produit russe mentionne une maladie du cœur comme domaine d'emploi, mais il s'agit d'une affirmation du vendeur, non d'une décision d'une autorité.
Le Cardiogen est-il interdit dans le sport ?
Oui, à tout moment, en compétition comme hors compétition. La catégorie S0 de la Liste des interdictions 2026 vise toute substance à effet médicamenteux qu'aucune autorité sanitaire n'a autorisée chez l'être humain, ce qui décrit exactement ce peptide. Son nom n'est pas imprimé sur la liste, et cette absence n'est pas une échappatoire. Les gélules russes tombent sous la même règle.
Quels sont les effets indésirables du Cardiogen ?
Personne ne le sait, parce que personne ne les a recueillis. Il n'existe aucune étude chez des personnes, aucune observation de cas et aucune toxicologie indépendante. Les seuls chiffres de sécurité viennent du brevet des inventeurs eux-mêmes. Celui-ci ne rapporte aucun dommage chez la souris, le rat et le cochon d'Inde, mais aussi une hausse des globules blancs chez le cochon d'Inde au bout de trois et de six mois.
Quelle quantité de Cardiogen contient un flacon, comparée aux quantités données aux animaux ?
Beaucoup plus. Les expériences animales ont utilisé 0,05 microgramme par rat, soit 0,2 microgramme par kilogramme pour la quantité que les inventeurs jugent la meilleure. Les flacons vendus en Occident contiennent 20 milligrammes, soit environ quatre cent mille fois une dose animale unique par flacon. Aucun des schémas qui circulent ne se rattache à quoi que ce soit qui ait été testé.
Le Cardiogen a-t-il un lien avec l'épitalon et les autres peptides de Khavinson ?
Oui, un lien étroit, et c'est pourquoi on les confond si souvent. L'épitalon, le chonluten et le cortagen partagent les trois mêmes premiers acides aminés et ne diffèrent que par le quatrième, et le cartalax est la même chaîne sans ce dernier maillon. Chacun a été breveté séparément pour un organe différent. Chercher le code AEDR conduit à celui-ci ; chercher le nom commercial conduit surtout au produit radiopharmaceutique.
Sources
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- РЛС, Russian drug reference, monograph "Кардиоген", retrieved 20 September 2026. Listed under food supplements, proteins and amino acids. Composition: peptide complex AKS-K (alanine, glutamic acid, aspartic acid, arginine), 100 µg. Capsules of 0.2 g and 0.275 g, tablets of 0.16 g and 0.3 g. Field of use given as chronic ischaemic heart disease; intake by mouth with food, 1 to 2 capsules once or twice daily for one month. A reference work, not an official register extract. https://www.rlsnet.ru/baa/kardiogen-32633
- Western research-chemical listing for Cardiogen, retrieved 20 September 2026. Freeze-dried powder in 20 mg vials, sequence given as Ala-Glu-Asp-Arg, mass 489.49 g/mol, purity stated by the seller as 99 per cent or better, marked "For Research Use Only … not intended for human or animal consumption". No schedule of use given. Trade record, cited as evidence of what is sold. Not linked.
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- US Food and Drug Administration, Global Substance Registration System, queried 20 September 2026. A search for "cardiogen" returns one record, rubidium chloride Rb-82, code F0Z746KRKQ. An exact name search for "alanyl-glutamyl-aspartyl-arginine" returns nothing, so the peptide has no substance code. https://gsrs.ncats.nih.gov
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- US National Library of Medicine, MeSH, E-utilities search of 20 September 2026. "cardiogen" and "alanyl-glutamyl-aspartyl-arginine" both return nothing. Unlike its sister peptide Cartalax, this substance has no supplementary concept record.
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- Russian register attempts, 20 September 2026. The state medicines register returned only a page shell, including for the control query "Семаглутид". The consumer protection register of state-registered products answered the product search with a database error and states its own data as of 24 March 2019. Neither could confirm or deny a registration.
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Citer cette page
Les vérifications dans les registres et les recherches bibliographiques qui alimentent cette page ont été faites le 20 septembre 2026. Pour une substance dont toutes les preuves cardiaques tiennent dans un brevet vieux de vingt ans, la date à laquelle ces recherches sont revenues bredouilles fait partie du résultat.
myPeptides Research & Editing. (2026). Cardiogen : ce que montrent les études, statut et sécurité. Version 1.0, 20 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/cardiogen
La façon dont les pages de ce registre sont compilées et notées est expliquée sur la page méthodologie ; le registre complet se trouve sur la page peptides.
| Version | Date | Modification |
|---|---|---|
| 1.0 | 2026-09-20 | Première publication |
Dernière vérification : 20 septembre 2026. Prochaine révision : à la parution de la moindre étude chez l'être humain, de la moindre réplication indépendante des résultats du brevet, ou en cas de changement du classement antidopage.
