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Sermoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Le statut en bref

MarchéStatutDate
États-UnisNon autorisé2009-06-18
Union européenneNon autorisé
AllemagneSubstance classée
Royaume-UniNon autorisé
AustralieSubstance classée2026-05-28
CanadaNon autorisé
SuisseNon autorisé
Stade de développement
Arrêté
Meilleur niveau de preuve
Essai randomisé de phase 2
Statut AMA
Interdit (S2.2.4, 2026)
Dernière vérification
2026-09-10
Version
1.0

Cette page n'indique aucune dose.

Sermoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Résumé

La sermoréline est une copie fabriquée en laboratoire des 29 premières briques de l'hormone qui ordonne à l'hypophyse de libérer de l'hormone de croissance. Les autorités américaines l'ont autorisée deux fois : en 1990 comme test diagnostique, puis en 1997 pour des enfants en déficit d'hormone de croissance. Les deux autorisations ont pris fin le 18 juin 2009, à la demande du fabricant, et aucun pays ne l'autorise aujourd'hui. Dans l'essai qui a mené à l'autorisation, la vitesse de croissance de 110 enfants est passée de 4,1 à 8,0 centimètres par an ; une revue a pourtant conclu que l'hormone de croissance elle-même faisait mieux. L'Allemagne et l'Australie nomment la sermoréline dans leurs listes de substances sur ordonnance, et la liste antidopage mondiale la nomme aussi.

L'essentiel en bref

  • Deux autorisations américaines, toutes deux disparues. La première a été délivrée le 28 décembre 1990 pour tester l'hypophyse, la seconde le 26 septembre 1997 pour des enfants en déficit d'hormone de croissance [1].
  • Les autorisations ont pris fin le 18 juin 2009. Le fabricant y a renoncé, et le régulateur a annoncé le retrait le 19 mai 2009 [2].
  • Le retrait ne tient pas à la sécurité. Le 4 mars 2013, le régulateur américain a établi formellement qu'aucun des deux produits n'avait quitté le marché pour des motifs de sécurité ou d'efficacité [3].
  • La vitesse de croissance a presque doublé dans l'essai d'autorisation. Chez 110 enfants, elle est passée de 4,1 centimètres par an à 8,0 après six mois, sans groupe de comparaison [4].
  • L'hormone de croissance faisait mieux. Une revue des données cliniques a conclu que la sermoréline faisait moins grandir que la même quantité d'hormone de croissance, et aucun essai comparatif direct n'existe [5].
  • Interdite dans le sport en permanence. La liste des interdictions 2026 nomme la sermoréline à la section S2.2.4, et la loi antidopage allemande la nomme également [6].
  • Sur ordonnance par son nom, autorisée nulle part. L'Allemagne l'inscrit à l'annexe 1 de son règlement sur les médicaments soumis à prescription, et 17 enregistrements américains la couvrent comme matière première destinée à la préparation magistrale [7], [8].

Ce qu'est la sermoréline

La sermoréline est une chaîne de 29 briques élémentaires appelées acides aminés, dont l'extrémité arrière est coiffée, construite pour reproduire la partie avant de l'hormone humaine qui déclenche la libération de l'hormone de croissance. L'hormone naturelle compte 44 briques ; ce fragment est le plus court morceau qui garde encore toute son activité biologique [5].

L'entreprise suisse Serono l'a mise au point et détenait les deux dossiers américains, commercialisés sous le nom de Geref. Deux produits coexistaient. Le premier était une ampoule faiblement dosée, injectée une fois dans une veine pour tester l'hypophyse. Le second contenait des flacons plus concentrés, prévus pour une injection quotidienne sous la peau chez l'enfant [1], [9].

Faits en bref

ChampValeurRéf.
DCIsermoréline[10]
Autres écrituresGHRH(1-29)-NH2, GRF(1-29)NH2[10]
ClasseAnalogue de l'hormone de libération de l'hormone de croissance[5]
Structure29 acides aminés, fonction amide en bout de chaîne[5], [10]
Formule et masseC149H246N44O42S, 3 357,9 g/mol[10]
Demi-vieEnviron 10 à 20 minutes dans le plasma humain[11]
AdministrationInjection dans une veine pour le test, sous la peau pour le traitement[1]
StatutAutrefois autorisée aux États-Unis ; autorisée nulle part aujourd'hui[1], [2]
DéveloppeurSerono, plus tard EMD Serono Inc.[1]
Codes ATCH01AC04 et V04CD03[12], [13]
Numéro CAS86168-78-7 (base libre)[10]
UNII89243S03TE[10]
PubChem CID16132413[10]
InChIKeyWGWPRVFKDLAUQJ-MITYVQBRSA-N[10]
ChEMBLCHEMBL428135[14]
ChEBICHEBI:9118[14]

Sermoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Comment elle agit

La sermoréline n'est pas de l'hormone de croissance. Elle agit une étape plus tôt, en demandant à l'hypophyse de libérer l'hormone que le corps fabrique lui-même.

  • Elle vient se fixer sur le récepteur de l'hormone de libération de l'hormone de croissance, porté par les cellules somatotropes du lobe antérieur de l'hypophyse, et les met en marche [5], [15].
  • Ces cellules libèrent ensuite l'hormone de croissance par bouffées, ce qui correspond au fonctionnement normal de ce système, plutôt qu'à un taux constant dans le sang [5].
  • Comme le signal passe par l'hypophyse, le frein naturel du corps continue de jouer. La somatostatine, l'hormone qui calme ce circuit, reste active [5].
  • Injectée sous la peau le soir chez des adultes âgés, elle déclenche une libération d'hormone de croissance en moins de 10 minutes, qui dure environ deux heures [16].
  • Le peptide quitte le sang rapidement. Sa demi-vie est de 10 à 20 minutes environ, parce que les reins le filtrent et que des enzymes coupent son extrémité avant [11].

Cette brièveté a marqué toute la suite de l'histoire. Sous perfusion continue dans une veine chez 10 hommes en bonne santé, les taux ont chuté avec une demi-vie de 4,3 ± 1,4 minutes. La vitesse à laquelle le sang en était débarrassé, la clairance, atteignait 39,7 ± 3,9 millilitres par kilogramme et par minute [17].

Chez le rat, 5,1 % d'une injection sous la peau rejoignaient la circulation. Le chiffre équivalent chez l'humain n'a jamais été établi [18]. Les analogues ultérieurs ont été conçus précisément pour ralentir cette dégradation [11].

Ce que montrent les essais

Presque toutes les données humaines sont anciennes, portent sur peu de personnes et n'ont pas de groupe de comparaison. Elles se répartissent en deux ensembles. Le premier concerne des enfants en déficit d'hormone de croissance. Le second concerne des adultes âgés en bonne santé, chez qui seules des mesures sanguines ont été faites.

La croissance chez les enfants en déficit d'hormone de croissance

Essai ouvert multicentrique L'essai qui a fondé l'autorisation américaine de 1997 a inclus 110 enfants avant la puberté, jamais traités auparavant, dont 86 sont entrés dans l'analyse d'efficacité. Leur vitesse de croissance moyenne est passée de 4,1 ± 0,9 centimètre par an au départ à 8,0 ± 1,5 après six mois. Après douze mois, elle s'est stabilisée à 7,2 ± 1,3.

À six mois, 74 % des enfants comptaient comme bons répondeurs. L'âge osseux avançait au même rythme que l'âge statural, avec un rapport de 1,04 ± 0,58 qui ne se distinguait pas de 1 (p = 0,63). La glycémie à jeun et le facteur de croissance IGF-1 n'ont pas montré de dérive indésirable. Il n'y avait pas de groupe de comparaison [4].

Vitesse de croissance dans l'essai qui a mené à l'autorisation
Avant le traitement± 0,9
4.1cm/an
Après 6 mois± 1,5 ; 74 % de bons répondeurs
8cm/an
Après 12 mois± 1,3
7.2cm/an

110 enfants avant la puberté, jamais traités, en déficit d'hormone de croissance ; 86 d'entre eux dans l'analyse d'efficacité. Essai ouvert sans groupe de comparaison. Source [4].

Série de traitement ouverte La toute première série a traité 18 enfants avant la puberté, dont 14 avaient déjà reçu de l'hormone de croissance. La vitesse de croissance a augmenté chez 12 des 18. Huit comptaient comme répondeurs nets, avec un gain de plus de 2 centimètres par an, les gains individuels allant de 2,7 à 11,2 centimètres par an.

Quatre des 14 enfants déjà traités ont grandi plus lentement sous sermoréline, pour des raisons que les auteurs n'ont pas pu expliquer. Des anticorps contre l'hormone sont apparus chez 14 des 18, sans effet visible sur la croissance ni sur la réponse au traitement [9].

Ce qui est arrivé aux 18 enfants de la série de 1987
Vitesse de croissance en haussesur 18
12enfants
Gain de plus de 2 cm par ande 2,7 à 11,2 cm par an
8enfants
Croissance ralentietous déjà traités
4enfants
Anticorps apparussans effet visible sur la croissance
14enfants

18 enfants avant la puberté en déficit d'hormone de croissance, dont 14 déjà traités par hormone de croissance. Traitement de 6 à 18 mois. Source [9].

Série avant-après Neuf enfants dont le déficit d'hormone de croissance faisait suite à une radiothérapie de la tête ont été traités pendant un an. La vitesse de croissance est passée de 3,3 centimètres par an, avec un écart-type de 1,1, à 6,0 avec un écart-type de 1,5 (p = 0,004).

L'année suivante, sous hormone de croissance cette fois, les mêmes enfants ont grandi de 7,5 centimètres par an, avec un écart-type de 1,5. Pendant l'année sous sermoréline, l'âge osseux a avancé en moyenne de 1,1 an par année civile [19].

Là où la sermoréline reste derrière l'hormone de croissance

Revue narrative C'est le constat qui a scellé le sort de la substance. Une revue publiée en 1999 a comparé indirectement les études parues. Elle a conclu que le gain de vitesse de croissance sous sermoréline restait inférieur à celui obtenu avec la même quantité quotidienne d'hormone de croissance.

Aucun essai comparatif direct aux doses autorisées n'a jamais été mené, et l'effet sur la taille que ces enfants ont finalement atteinte à l'âge adulte reste inconnu [5].

Les taux hormonaux chez des adultes âgés

Série croisée randomisée Neuf jeunes hommes en bonne santé, âgés en moyenne de 26,2 ± 4,1 ans, ont été comparés à 10 hommes plus âgés et eux aussi en bonne santé, de 68,0 ± 6,2 ans en moyenne. Les hommes âgés ont reçu un bras à dose plus faible et un bras à dose plus forte, dans un ordre tiré au sort, deux semaines chacun, séparés par deux semaines.

Seul le bras le plus fort a produit des hausses nettes par rapport au niveau de départ des hommes âgés eux-mêmes. Elles concernaient l'hormone de croissance moyenne sur 24 heures (p < 0,001), la surface sous les bouffées hormonales (p < 0,001), la hauteur des bouffées (p < 0,05) et l'IGF-1 (p < 0,005).

À l'issue de cette période, ces mesures ne se distinguaient plus nettement entre les jeunes hommes et les plus âgés.

Le phosphate a augmenté (p < 0,05). La glycémie à jeun, le peptide C urinaire, la tension artérielle et les bilans sanguins de routine n'ont pas bougé. Chacune de ces mesures est une valeur de laboratoire, et non un indicateur de force, de capacité ou de bien-être [20].

Essai contre placebo Dix femmes et neuf hommes de 55 à 71 ans ont reçu quatre semaines de placebo, suivies de 16 semaines de traitement actif le soir. La libération d'hormone de croissance commençait en moins de 10 minutes et durait environ deux heures, et ce schéma s'est maintenu pendant toute l'étude.

Comparée au placebo, la sécrétion d'hormone de croissance additionnée sur 12 heures de nuit a augmenté nettement [16]. L'analyse immunitaire du même groupe chiffre cette hausse à 107 % chez les hommes et 70 % chez les femmes (p < 0,05). L'IGF-1 a augmenté de 28 % (p < 0,001).

Après quatre semaines, les lymphocytes portant le récepteur de la transferrine CD71 ont augmenté de 30 % (p < 0,001), et les monocytes CD14 ont augmenté aussi (p < 0,05).

Après 16 semaines, les lymphocytes B CD20 ont augmenté de 30 % (p < 0,01). Les cellules portant le récepteur T alpha/bêta ont augmenté de 20 % (p < 0,01), et celles portant le récepteur gamma/delta de 40 % (p < 0,0001).

Les lymphocytes T CD3, les sous-groupes CD4 et CD8 ainsi que les cellules tueuses naturelles CD57 n'ont pas changé. Aucun bénéfice clinique n'a été mesuré, à aucun moment [21].

L'essai qui a mesuré la force et n'a presque rien trouvé

Série de traitement ouverte Onze hommes en bonne santé, non obèses, âgés de 64 à 76 ans et dont l'IGF-1 de départ était bas, se sont injecté le produit chaque soir pendant six semaines. La libération nocturne d'hormone de croissance a augmenté (p < 0,02), de même que la surface sous la bouffée (p < 0,006) et la hauteur de la bouffée (p < 0,05).

L'IGF-1 lui-même n'a pas changé, pas plus que sa protéine porteuse IGFBP-3 ni la protéine de liaison de l'hormone de croissance. Sur six mesures de force, deux se sont améliorées : le rowing debout (p < 0,02) et le développé épaules (p < 0,04). Un test d'endurance, le relevé de buste, s'est amélioré aussi (p < 0,03).

Le poids, l'indice de masse corporelle, le rapport taille-hanches, les mesures du muscle et de la graisse à l'imagerie, le tissu musculaire lui-même, la glycémie, l'insuline et les graisses du sang sont tous restés au même niveau. Les auteurs concluent qu'une seule injection le soir fait moins que plusieurs doses réparties dans la journée [22].

Comme test diagnostique

Série diagnostique Chez 131 enfants examinés pour un déficit en hormone de croissance, dont 45 en avaient un, un pic supérieur à 10 nanogrammes par millilitre comptait comme normal. Trois des 86 enfants sans déficit sont restés sous cette limite, et 11 des 45 qui en avaient un l'ont dépassée.

La réponse ne suivait pas les résultats des tests à l'insuline ou à l'arginine. À lui seul, ce test ne permet pas d'écarter un déficit qui trouve son origine dans l'hypothalamus plutôt que dans l'hypophyse [5], [23].

Étude mécanistique Cinq femmes atteintes d'une maladie de Cushing active et non traitée ont été comparées à quatre témoins en bonne santé. Le pic d'hormone de croissance après injection atteignait 1,2 ± 0,4 microgramme par litre chez les patientes, contre 24,6 ± 4,6 chez les témoins (p < 0,05).

La galanine a fait monter les témoins à 51,4 ± 9,8 (p < 0,05), mais a laissé les patientes à 2,3 ± 0,6 [24].

Ce qui reste inconnu

  • Si la sermoréline apporte quoi que ce soit à des adultes en bonne santé. Aucun essai comparatif n'a mesuré sous ce produit la durée de vie, la survenue de maladies, les chutes, la force musculaire au quotidien ou la performance sportive [25].
  • Quelle taille les enfants traités ont finalement atteinte. La taille adulte définitive n'a jamais été rapportée [5].
  • Ce que produit un usage prolongé. Il n'existe ni étude de sécurité au long cours, ni étude sur le cancer sous stimulation soutenue de l'hormone de croissance, ni base de données de sécurité couvrant des mois ou des années d'auto-injection [25], [26].
  • Comment la substance se comporte pendant la grossesse, pendant l'allaitement, ou lorsque les reins ou le foie fonctionnent mal. Rien de tout cela n'a été étudié.
  • Si les préparations magistrales vendues aujourd'hui correspondent à ce qui a été étudié. Personne n'en a publié d'analyse.

Effets indésirables et sécurité

En toute honnêteté, il faut commencer par une lacune : plus aucune notice officielle des deux anciens produits n'est accessible au public, si bien qu'aucun tableau de fréquence des effets indésirables ne peut être cité [27].

  • De brèves bouffées de chaleur au visage et une douleur à l'endroit de la piqûre étaient les événements les plus souvent rapportés dans l'ensemble des données cliniques. La revue qui les rapporte ne donne aucun pourcentage, et aucune autre source ne permet de combler ce vide [5].
  • Des anticorps contre l'hormone chez 14 enfants sur 18 dans la série de 1987. Ils n'ont eu aucun effet visible sur la croissance ni sur la réponse au traitement. Dans une étude plus récente portant sur une version à action prolongée chez des volontaires en bonne santé, de tels anticorps ne sont pas apparus [9], [28].
  • Des réactions à l'endroit de la piqûre ont été plus fréquentes que sous placebo dans cette même étude plus récente, où elles étaient légères et ont disparu d'elles-mêmes [28].
  • Une croissance ralentie chez quatre des 14 enfants qui avaient déjà reçu de l'hormone de croissance. La cause n'a jamais été établie, et c'est le signal de danger le plus concret des données disponibles [9].
  • Un âge osseux qui avance plus vite que la taille. Chez les enfants traités après une radiothérapie, l'âge osseux a avancé de 1,1 an par année civile. Dans l'essai d'autorisation, le rapport entre âge osseux et âge statural était de 1,04 ± 0,58, ce qui ne se distinguait pas de 1 (p = 0,63) [4], [19].
  • La glycémie. Des injections répétées d'une version à action prolongée ont dégradé la tolérance au sucre chez des participants âgés. Pour la sermoréline non modifiée, rien de tel n'a été observé : la glycémie à jeun, la réponse de l'insuline et les graisses du sang sont restées inchangées dans les deux études chez l'adulte âgé [20], [22], [28].

Aucune contre-indication formelle ne peut être énoncée, car elle devrait provenir d'une notice officielle valide, et il n'en existe aucune [27]. Deux autres lacunes méritent d'être signalées. Il n'y a aucune donnée sur la grossesse ou l'allaitement, et aucune sur l'insuffisance rénale ou hépatique.

Des revues consacrées à cette famille de peptides décrivent des perturbations hormonales et métaboliques. Elles citent des hausses de prolactine et de cortisol, des changements de l'appétit et une glycémie déréglée. La rétention d'eau, des douleurs musculaires et articulaires ainsi que des réactions à l'endroit de la piqûre y figurent également [25], [26].

Le produit acheté en dehors d'une pharmacie pose un problème supplémentaire, qui n'a rien à voir avec la molécule elle-même. Sa composition, sa concentration et sa pureté ne sont vérifiées par personne.

Pourquoi cette page n'indique aucune dose

La sermoréline est nommément soumise à ordonnance en Allemagne et en Australie, et elle a été un médicament sur ordonnance partout où elle a été vendue. Le choix d'une quantité relève d'un médecin et d'une notice officielle valide ; cette page rapporte donc ce que les essais ont mesuré sans répéter les quantités qu'ils ont employées.

Développement et statut réglementaire

De deux autorisations à aucune

  1. 1990Première autorisation américaine le 28 décembre, comme test diagnostiqueDossier 019863, classé comme nouvelle molécule, réf. [1]
  2. 1997Deuxième autorisation américaine le 26 septembre, pour les enfants dont le corps manque de cette hormoneDossier 020443, statut de médicament orphelin, réf. [1]
  3. 2008Le fabricant informe le régulateur que la vente des deux produits a cesséRetrait des deux dossiers demandé en décembre, réf. [1]
  4. 2009Retrait annoncé le 19 mai et effectif le 18 juinFederal Register 74 FR 23407, réf. [2]
  5. 2013Le régulateur établit le 4 mars que le retrait ne tenait ni à la sécurité ni à son efficacitéFederal Register 78 FR 14095, dossier FDA-2012-P-1071, réf. [3]
  6. 202617 enregistrements américains comme matière première pour la préparation magistrale, déposés par 16 sociétésAucune inscription sur les listes de catégories de la préparation magistrale, réf. [8], [29]
  7. 2026Substance nommée sur la liste antidopage ainsi que dans les annexes allemande et australienneRéf. [6], [7], [30]
  • 1990 — le premier dossier est autorisé le 28 décembre comme nouvelle molécule, pour vérifier si l'hypophyse est capable de libérer de l'hormone de croissance [1].
  • 1997 — un second dossier est autorisé le 26 septembre, avec le statut de médicament orphelin, pour le déficit idiopathique en hormone de croissance chez l'enfant qui ne grandit pas assez [1].
  • 2008 — le fabricant annonce au régulateur qu'il a cessé de vendre les deux produits, et demande en décembre le retrait des deux autorisations [1].
  • 2009 — le retrait est publié le 19 mai et prend effet le 18 juin [2].
  • 2013 — à la suite d'une pétition citoyenne, le régulateur établit le 4 mars qu'aucun des deux produits n'a été retiré pour des motifs de sécurité ou d'efficacité [3].
MarchéStatutDepuis ou remarque
États-UnisRetirée2009-06-18
Union européenneNon autoriséeJamais de procédure centralisée
AllemagneSur ordonnanceNommée à l'annexe 1
Royaume-UniNon autoriséeRegistre vide
AustralieSur ordonnanceAnnexe 4
CanadaNon autoriséeRegistre vide
SuisseNon autoriséeListe vide

La décision de 2013 a une conséquence pratique. Elle permet au régulateur d'autoriser des demandes de génériques pour ces produits, si tout le reste est en ordre, et les deux dossiers restent inscrits parmi les produits abandonnés. Aucun générique n'est apparu [3].

Ce qui existe aux États-Unis à la place est une préparation magistrale. Le 10 septembre 2026, le répertoire national des codes de médicaments contenait 17 enregistrements d'acétate de sermoréline comme matière première non finie.

Seize entreprises différentes les ont déposés, parmi lesquelles des distributeurs américains et des fabricants chinois et indiens. Treize sont déclarés comme matière première pour préparation magistrale sur ordonnance humaine, quatre simplement comme matière première [8].

Un détail distingue la sermoréline des autres peptides de sa famille. Elle n'apparaît sur aucune des trois listes américaines de catégories pour les matières premières de préparation magistrale, ni sur aucune liste de substances jugées porteuses de risques de sécurité importants. Le CJC-1295, l'ipamoréline, le GHRP-2, le GHRP-6, l'AOD-9604, le BPC-157, l'épitalon, le sélank, le sémax, le MOTS-c, le mélanotan II et le TB-500 y figurent tous. La sermoréline, elle, est simplement absente de ces documents [29], [31].

Les autres lignes correspondent à des recherches restées sans résultat. Chacune a été menée le 10 septembre 2026 avec un terme de contrôle qui, lui, renvoyait bien des résultats.

  • Le registre européen ne contient rien, y compris parmi les demandes retirées [32].
  • L'index britannique ne renvoie rien, ni pour la substance ni pour la marque [33].
  • La base canadienne renvoie une liste vide, là où la tésamoréline renvoie deux enregistrements [34].
  • Les listes suisses de médicaments à usage humain autorisés ne contiennent rien [35].
  • Le registre espagnol ne renvoie rien, là où la somatropine renvoie 45 entrées [36].
  • Le registre d'État russe n'a donné aucun résultat non plus. Cette requête est fragile et ne doit pas être lue comme une preuve [37].

L'Allemagne et l'Australie sont les deux endroits où la substance est nommée dans un texte de loi, plutôt que simplement absente d'un registre. L'annexe 1 allemande cite la sermoréline et, séparément, la somatoréline, le nom de l'hormone complète [7].

L'Australie inscrit la substance à l'annexe 4 de son Poisons Standard. La mention ne porte pas la marque de l'appendice D, si bien que les contrôles supplémentaires de cet appendice ne s'appliquent pas [30]. Le cadre général est expliqué sous les peptides sont-ils légaux et peptides autorisés par la FDA.

Chaque ligne reflète la situation au 10 septembre 2026.

Antidopage

La sermoréline est interdite dans le sport en permanence, en compétition comme en dehors, et tout ce qui appartient à sa classe compte comme substance non spécifiée.

La liste des interdictions 2026 la nomme directement à la section S2.2.4 : « growth hormone releasing factors, including, but not limited to: growth hormone-releasing hormone (GHRH) and its analogues (e.g. CJC-1293, CJC-1295, sermorelin and tesamorelin) » (facteurs de libération de l'hormone de croissance, notamment l'hormone de libération de l'hormone de croissance et ses analogues, par exemple CJC-1293, CJC-1295, sermoréline et tésamoréline) [6].

La loi antidopage allemande la nomme à la section 2.4 de son annexe, aux côtés de la somatoréline, de la tésamoréline et du mod-GRF CJC-1295 [38]. Un programme de contrôle américain volontaire reprend exactement la même formulation [39].

La détecter est difficile. Une étude de 2021 relevait que ces analogues sont manifestement utilisés, sans jamais apparaître dans les laboratoires accrédités. Les auteurs l'expliquent par des concentrations urinaires très faibles et par les lacunes des connaissances sur la façon dont le corps les dégrade.

Ils ont identifié 19 produits de dégradation principaux de la sermoréline, de la tésamoréline et des deux molécules CJC, puis les ont fabriqués comme substances de référence [40]. Plus de détails sur cette famille sous peptides interdits dans le sport.

Comparaison avec des peptides voisins

PeptideCe que c'estStatutSur la liste des interdictions 2026
SermorélineLes 29 premières briques de l'hormone naturelle, sans modification [5]Autrefois autorisée aux États-Unis, autorisée nulle part aujourd'hui [1], [2]Oui, nommée en S2.2.4 [6]
TésamorélineLes 44 briques complètes, stabilisées à l'extrémité avant [40]Autorisée aux seuls États-Unis [40]Oui, nommée en S2.2.4 [6]
CJC-1295La même ossature de 29 briques avec quatre substitutions [41]Jamais autorisé ; vendu comme produit de recherche [25]Oui, nommé en S2.2.4 [6]
CJC-1295 DACLa même molécule avec un crochet qui la fixe à une protéine du sang [41]Jamais autorisé ; vendu comme produit de recherche [25]Couvert par la même entrée [6]
IpamorélineUn sécrétagogue de l'hormone de croissance, qui passe par un autre récepteur [25]Jamais autorisée ; inscrite sur une liste américaine de risques en préparation magistrale [31]Non nommée dans cette entrée [6]
HexarélineUn autre sécrétagogue de la même famille [25]Jamais autorisée ; vendue comme produit de recherche [25]Non nommée dans cette entrée [6]
Hormone de croissanceL'hormone elle-même, administrée directement [12]Autorisée comme médicament dans de nombreux pays [12]Interdite au titre d'une entrée distincte [6]

Les quatre premières déclenchent toutes le même signal, et elles ne sont pourtant pas interchangeables. La sermoréline est le fragment nu et quitte le sang en quelques minutes ; le CJC-1295, avec son crochet porteur, reste mesurable environ 72 heures [41]. La tésamoréline porte la séquence naturelle entière et reste la seule des quatre à détenir une autorisation quelque part [40].

L'ipamoréline et l'hexaréline appartiennent à une tout autre famille. Elles atteignent l'hormone de croissance par le récepteur de la ghréline, l'hormone de la faim, et non par celui qu'utilise la sermoréline. C'est pour cette raison que la liste antidopage les traite sous une autre rubrique [6], [25].

L'hormone de croissance se situe à l'autre bout de la chaîne. Administrée directement, elle contourne l'hypophyse et le frein naturel du corps, et elle a fait grandir les enfants davantage que la sermoréline [5]. Le système de codage des médicaments sépare lui aussi les deux : la somatropine porte le code H01AC01, la sermoréline le code H01AC04 [12].

Idées reçues fréquentes

  • « La sermoréline est autorisée par la FDA. » Au passé, c'est vrai ; au présent, c'est faux. Les deux autorisations américaines ont pris fin le 18 juin 2009, et aucun pays n'a autorisé depuis un médicament fini à base de sermoréline [1], [2].
  • « Elle a été retirée pour des raisons de sécurité. » Non. Le régulateur a établi formellement en mars 2013 qu'aucun des deux produits n'avait été retiré pour des motifs de sécurité ou d'efficacité. Ce n'est pas pour autant un certificat de bonne santé : cela signifie seulement qu'aucun motif de sécurité n'a été trouvé derrière une décision commerciale [3].
  • « La sermoréline et le CJC-1295, c'est la même chose. » Les deux descendent du même fragment de 29 briques. Le CJC-1295 en modifie quatre et ajoute un crochet qui le fixe à une protéine du sang, ce qui fait passer son séjour dans le corps de quelques minutes à environ 72 heures [41].
  • « Sermoréline et somatoréline sont deux noms pour une seule substance. » Non. La somatoréline est l'hormone complète de 44 briques, la sermoréline le fragment raccourci, et la loi allemande les cite séparément [7].
  • « Elle est légale aux États-Unis, donc elle est sûre. » Ce qui est légal là-bas, c'est une préparation magistrale sur ordre d'un médecin. Les préparations magistrales ne font l'objet d'aucun examen officiel de leur efficacité, de leur sécurité ou de leur qualité de fabrication [8].
  • « Il existe quantité d'essais cliniques sur la sermoréline. » Une recherche dans le registre renvoie 27 enregistrements. Le terme attrape toute étude portant sur une hormone de libération de l'hormone de croissance, dont au moins neuf sur la tésamoréline. Deux enregistrements seulement nomment la préparation finie, tous deux comme test diagnostique [42].
  • « Son efficacité contre le vieillissement est prouvée. » L'article de 2006 qui l'a vantée pour la médecine de la longévité est une tribune émanant d'une société intéressée, sans données propres [43].
  • « Elle agit contre les tumeurs du cerveau. » Un article de 2021 a désigné la sermoréline comme meilleur candidat d'un criblage informatique portant sur l'activité des gènes de 1 018 patients atteints de gliome. Aucune personne et aucun animal n'a été traité [44].

Questions fréquentes

La sermoréline est-elle autorisée par la FDA ?

Plus aujourd'hui. Elle a été autorisée aux États-Unis à partir de 1990, d'abord comme test du fonctionnement de l'hypophyse, puis à partir de 1997 comme traitement pour des enfants en déficit d'hormone de croissance. Le fabricant a cessé de la vendre en 2008 et a demandé le retrait des deux autorisations, effectif le 18 juin 2009. Depuis, aucun pays n'a autorisé de médicament fini à base de sermoréline.

Pourquoi la sermoréline a-t-elle été retirée du marché ?

Pour des raisons commerciales, pas pour des raisons de sécurité. Le régulateur américain a établi officiellement en mars 2013 qu'aucun des deux produits n'avait été retiré pour des motifs de sécurité ou d'efficacité. Le retrait venait du fabricant. Derrière cette décision se cachait un problème simple : chez les enfants en déficit d'hormone de croissance, la substance faisait moins grandir que l'hormone de croissance elle-même, et elle n'a donc jamais trouvé son marché.

Qu'ont montré les essais de la sermoréline chez les enfants ?

L'essai qui a mené à l'autorisation a suivi 110 enfants jamais traités auparavant, dont 86 sont entrés dans l'analyse d'efficacité. Leur vitesse de croissance moyenne est passée de 4,1 centimètres par an à 8,0 après six mois, puis 7,2 après douze mois, et il n'y avait aucun groupe de comparaison. Une série plus ancienne de 18 enfants a trouvé une croissance plus rapide chez 12 d'entre eux, mais quatre enfants déjà traités par hormone de croissance ont grandi plus lentement sous sermoréline.

La sermoréline agit-elle contre le vieillissement ?

Aucun essai comparatif ne l'a jamais vérifié. Les études menées chez des personnes âgées ont mesuré des taux hormonaux dans le sang, pas la santé, et la plus grande d'entre elles a duré cinq mois chez 19 participants. Une série de six semaines chez 11 hommes âgés n'a trouvé aucun changement de la masse grasse, de la masse maigre, du muscle, de la glycémie ou des graisses du sang, et seules deux mesures de force sur six se sont améliorées.

Combien de temps la sermoréline reste-t-elle dans le corps ?

Peu de temps. Les taux sanguins diminuent avec une demi-vie de 10 à 20 minutes environ, parce que les reins filtrent le peptide et que des enzymes coupent son extrémité avant. Sous perfusion continue dans une veine, la baisse a été encore plus rapide, avec 4,3 minutes. Cette durée de vie très courte est précisément la raison pour laquelle des analogues ultérieurs comme le CJC-1295 ont été conçus pour durer plus longtemps.

Quels sont les effets indésirables de la sermoréline ?

Les données publiées sont maigres, car plus aucune notice officielle n'est disponible. Les événements les plus souvent rapportés dans une revue de son usage clinique étaient de brèves bouffées de chaleur au visage et une douleur à l'endroit de la piqûre. Dans la série de 1987, 14 enfants sur 18 ont développé des anticorps contre l'hormone, sans effet visible sur leur croissance ni sur leur réponse au traitement.

La sermoréline est-elle interdite dans le sport ?

Oui, en permanence, en compétition comme en dehors. La liste des interdictions 2026 la nomme à la section S2.2.4 parmi les facteurs de libération de l'hormone de croissance, et tout ce qui appartient à cette classe compte comme substance non spécifiée. La loi antidopage allemande la nomme séparément, et un programme de contrôle américain volontaire reprend les mêmes termes.

Peut-on acheter légalement de la sermoréline ?

Pas sans ordonnance. L'Allemagne nomme la sermoréline à l'annexe 1 de son règlement sur les médicaments soumis à prescription, et l'Australie l'inscrit à l'annexe 4 de son Poisons Standard. Les deux pays la traitent comme un produit sur ordonnance, qu'un médicament autorisé existe ou non. Aux États-Unis, elle est délivrée comme préparation magistrale sur ordre d'un médecin, ce qui n'implique aucun examen officiel de la sécurité, de l'efficacité ou de la qualité de fabrication.

La sermoréline et le CJC-1295 sont-ils la même substance ?

Non. La sermoréline reprend sans modification les 29 premières briques de l'hormone humaine, et elle disparaît du sang en quelques minutes. Le CJC-1295 modifie quatre de ces briques et ajoute un crochet chimique qui s'accroche à une protéine du sang, ce qui le rend détectable pendant environ 72 heures. La sermoréline a été un médicament autorisé ; le CJC-1295 ne l'a jamais été.

Existe-t-il aujourd'hui des essais cliniques sur la sermoréline ?

Non. Une recherche dans le registre renvoie 27 enregistrements, mais presque tous portent sur d'autres substances attrapées par le terme de recherche, dont au moins neuf essais de tésamoréline. Deux enregistrements seulement nomment la préparation finie de sermoréline, et tous deux l'employaient comme test diagnostique et non comme traitement. Aucune étude thérapeutique sur la substance ne recrute.

Sources

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Les informations rassemblées ici ont été vérifiées le 10 septembre 2026, et chaque registre qui alimente le tableau des statuts a été interrogé ce jour-là. Les annexes légales et les listes antidopage changent d'une année à l'autre, si bien que la version et la date comptent autant que le texte.

myPeptides Research & Editing. (2026). Sermoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité. Version 1.0, 10 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/sermorelin

La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est expliquée sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.

VersionDateModification
1.02026-09-10Première publication

Dernière vérification : 10 septembre 2026. Prochaine revue : dès que la liste antidopage change, dès que les annexes allemande ou australienne évoluent, ou dès qu'une nouvelle étude chez l'humain paraît.

Identifiants

IdentifiantValeur
Numéro CAS86168-78-7
CID PubChem16132413
UNII89243S03TE
InChIKeyWGWPRVFKDLAUQJ-MITYVQBRSA-N
ChEMBLCHEMBL428135
WikidataQ7455005
Formule bruteC149H246N44O42S
Masse moléculaire3357.9

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