Ipamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité
Résumé
L'ipamoréline est un petit peptide de synthèse qui pousse le cerveau à libérer de l'hormone de croissance en se fixant sur le récepteur de la ghréline, l'hormone de la faim. Novo Nordisk l'a décrite en 1998, puis Helsinn a mené deux essais chez des patients opérés de l'intestin. Le seul essai publié n'a pas atteint son objectif principal et le développement s'est arrêté. Elle n'est autorisée nulle part, elle est citée nommément sur la liste antidopage mondiale, et sa simple détention est illégale en Australie.
L'essentiel en bref
- L'objectif principal n'a pas été atteint. Chez 117 adultes opérés de l'intestin, il a fallu 25,3 heures en médiane avant de pouvoir reprendre un repas solide, contre 32,6 heures sous placebo. L'écart est trop faible pour être considéré comme fiable (p = 0,15) [1].
- 0 pour, 12 contre, 1 abstention. Le 29 octobre 2024, un comité consultatif de la FDA a voté contre l'idée de laisser les pharmacies préparer de l'ipamoréline [2].
- 320 participants, aucun résultat publié. Le plus grand essai humain s'est terminé en mai 2014 et n'a jamais été publié, ni dans une revue ni sur le registre des essais [3].
- Elle est citée nommément sur la liste antidopage. La section S2.2.4 de la Liste des interdictions 2026 nomme l'ipamoréline parmi les substances qui font libérer l'hormone de croissance, interdites en permanence [4].
- En Australie, la détenir est une infraction. Le texte qui classe les substances la range à la fois parmi les médicaments sur ordonnance et dans une annexe réservée aux produits que l'on ne peut pas détenir sans autorisation, au point 25 [5].
- La fameuse sélectivité vient du porc. Chez cet animal, l'hormone du stress et son signal de commande n'ont pas augmenté de façon nette, même à des doses plus de 200 fois supérieures à celle qui suffit pour l'hormone de croissance. Les produits comparés, eux, faisaient monter les deux [6].
- La voie d'injection réellement utilisée n'a jamais été étudiée. La FDA n'a trouvé aucune donnée, ni sur le devenir du produit dans le corps ni sur sa sécurité, pour l'injection sous la peau [7].
Ce qu'est l'ipamoréline
L'ipamoréline est une petite chaîne de cinq acides aminés fabriquée en laboratoire. Ce n'est ni une hormone ni la copie d'une hormone. Novo Nordisk l'a synthétisée au milieu des années 1990 et en a publié la première description en 1998, sous le code NNC 26-0161 [6], [7]. Elle ne porte aucun nom commercial, puisque aucun produit qui en contient n'a jamais été autorisé.
Deux de ses cinq maillons n'existent pas dans les protéines du corps, et deux autres sont en forme miroir. Cette construction ralentit sa dégradation par les enzymes. Elle descend d'une famille de peptides connus pour faire libérer l'hormone de croissance, dont les chimistes ont retiré un morceau central [6]. Son fabricant a arrêté les travaux et aucune entreprise ne les a repris depuis.
Fiche signalétique
| Champ | Valeur | Réf. |
|---|---|---|
| Code de développement | NNC 26-0161 | [8] |
| Classe | Peptide qui fait libérer l'hormone de croissance, en activant le récepteur de la ghréline | [6], [7] |
| Structure | Cinq acides aminés, extrémité modifiée, deux maillons en forme miroir | [6], [8] |
| Séquence | Aib-His-D-2-Nal-D-Phe-Lys-NH2 | [6] |
| Formule et masse | C38H49N9O5, soit 711,9 g/mol | [8] |
| Point de fusion, forme de base | 144 à 147 °C | [7] |
| Persistance chez l'être humain | Environ 2 heures pour que la moitié disparaisse, après perfusion dans une veine | [9] |
| Voie utilisée dans les essais humains | Perfusion dans une veine, uniquement | [1], [9] |
| Statut | Abandonnée après les essais de stade 2, autorisée nulle part | [3], [7] |
| Développeur | Novo Nordisk A/S, puis Helsinn Therapeutics (U.S.), Inc | [6], [10] |
| Numéro CAS | 170851-70-4, forme de base | [8] |
| PubChem CID | 9831659 | [8] |
| UNII | Y9M3S784Z6 | [8] |
| Norme de qualité officielle | Aucune, dans aucun des recueils consultés | [7] |

Comment elle agit
L'ipamoréline se fixe sur le récepteur de la ghréline, l'hormone qui donne faim, et tout le reste découle de cette seule action [6].
- Les cellules de l'hypophyse. En se fixant sur ce récepteur, le peptide déclenche une bouffée d'hormone de croissance depuis la petite glande située sous le cerveau. Des expériences avec des molécules bloquantes montrent que l'effet passe bien par ce récepteur et non par celui de l'autre grand signal de commande [6]. Chez l'être humain, une seule perfusion a fait culminer l'hormone de croissance après environ 40 minutes, soit 0,67 heure [9].
- La sélectivité, observée dans une seule espèce. Chez des porcs éveillés, l'hormone du stress et son signal de commande ne sont pas montés au-dessus du niveau habituel, même à des doses plus de 200 fois supérieures à la dose efficace. Deux produits proches, eux, faisaient monter les deux [6].
- Les muscles du tube digestif. Des récepteurs de la ghréline se trouvent aussi hors du cerveau et pourraient accélérer la vidange de l'estomac et le transit du côlon, en passant par certains nerfs. La démonstration porte sur le rat [11], [12].
- Les circuits du plaisir. Il existe aussi des récepteurs de la ghréline dans une zone du cerveau liée à la récompense. La FDA écrit que les études menées hors de l'être humain ne suffisent pas à dire si l'ipamoréline peut créer une accoutumance ou une dépendance [7].
- La masse grasse, indépendamment de l'hormone de croissance. Chez la souris, l'ipamoréline a augmenté la part de graisse dans le corps et la quantité de nourriture avalée, alors que l'hormone de croissance elle-même faisait l'inverse [13].
Deux autres effets n'ont été rapportés qu'une seule fois chacun, sans être confirmés depuis : une sensibilité douloureuse du ventre atténuée chez le rat [14], et une libération d'insuline par des fragments de pancréas de rat maintenus en vie hors du corps [15].
La différence de nature compte. L'ipamoréline ne fournit pas d'hormone de croissance : elle demande à l'hypophyse de libérer la sienne, ce qui suppose une hypophyse en état de marche et des réserves disponibles. Elle ne remplace donc pas un traitement par hormone de croissance [7].
Ce que montrent les essais
Libération d'hormone de croissance
Premier stade chez l'être humain Quarante-huit hommes en bonne santé ont participé, dont 40 ont été analysés, répartis sur cinq niveaux de dose, six recevant le produit et deux un placebo à chaque niveau, chacun sous perfusion de 15 minutes dans une veine. L'hormone de croissance est montée d'autant plus que la dose était forte, a culminé après environ 40 minutes, soit 0,67 heure, puis est redescendue à des valeurs négligeables en moins de 6 heures, à toutes les doses [9]. Le sang en est nettoyé au rythme de 0,078 litre par heure et par kilo de poids, et il faut environ deux heures pour que la moitié du produit ait quitté la circulation.
C'est là tout le dossier humain publié sur l'effet du produit. Il repose sur une seule perfusion et sur une mesure de laboratoire, pas sur un bénéfice ressenti par un patient. Le niveau de dose le plus faible et le groupe placebo ont été écartés de l'analyse, faute d'hormone de croissance mesurable [7].
Syndrome occlusif postopératoire
Essai comparatif tiré au sort L'objectif principal était le temps écoulé entre la première dose et le moment où le patient supportait un repas solide normalisé. Chez 117 adultes tirés au sort après ablation d'une partie de l'intestin grêle ou du côlon, ce délai a été, en médiane, de 25,3 heures avec l'ipamoréline contre 32,6 heures avec le placebo, un écart trop faible pour être considéré comme fiable (p = 0,15) [1]. Les auteurs ne rapportent aucune différence solide, ni sur la mesure principale ni sur les mesures secondaires.
Essai comparatif tiré au sort, ni les patients ni les médecins ne savaient qui recevait quoi, 117 adultes opérés de l'intestin. Écart non fiable statistiquement, p = 0,15. Source [1].
Le développement s'est arrêté sur ce résultat. Une revue citée par la FDA écrit que l'ipamoréline n'a pas raccourci le retour à une alimentation normale et que le programme a été interrompu pour cette raison [7].
L'essai que personne n'a vu
Un second essai a réparti 320 adultes en quatre groupes et s'est terminé en mai 2014 [3]. Aucun résultat n'a été déposé sur le registre, et une recherche dans PubMed ne trouve aucune publication [7]. C'est pourtant la plus grande étude jamais menée sur l'ipamoréline chez l'être humain, et son issue reste inconnue.
Des résultats animaux qui ne se sont pas transposés
Données animales Chez le rat opéré de l'abdomen, une seule injection dans une veine a raccourci le délai avant la première selle, et des injections répétées ont augmenté la production de selles, la prise alimentaire et le poids [11]. La part du repas restée bloquée dans l'estomac est tombée de 78 % à 52 %, contre 44 % chez des animaux non opérés [12]. Le sens de l'effet était constant chez l'animal, et l'essai humain a tout de même échoué.
Os et croissance
Données animales En 15 jours, chez des rates adultes, la vitesse de croissance en longueur de l'os de la patte est passée de 42 à 52 micromètres par jour, un écart très net (P < 0,0001). En revanche, ni l'IGF-1, le messager par lequel l'hormone de croissance agit sur les tissus, ni les marqueurs du renouvellement de l'os n'ont bougé [16].
Sur 12 semaines, la quantité totale de minéral dans l'os a augmenté, mais pas sa densité. Le gain venait d'un os plus large, pas d'un os plus dense [17].
Données animales Associée pendant trois mois à un corticoïde, la méthylprednisolone, l'ipamoréline a multiplié par quatre la vitesse de fabrication d'os neuf en surface et augmenté la force maximale du muscle, par rapport au corticoïde seul [18]. Dans une étude plus courte chez le rat, la perte de poids provoquée par ce corticoïde est tombée de 13,6 ± 2,9 g à 1,6 ± 2,0 g, et l'IGF-1 a augmenté [19].
Signes d'accoutumance
Données animales Après 15 jours de traitement, la bouffée d'hormone de croissance obtenue avec une nouvelle dose d'ipamoréline était un peu plus faible, de façon nette (P < 0,03). La réponse à l'autre signal de commande et le stock d'hormone dans l'hypophyse, eux, n'avaient pas changé [16]. Une autre étude, sur 21 jours, a trouvé des cellules d'aspect inchangé mais contenant moins d'hormone de croissance au repos [20].
Ce qui reste inconnu
- Le déficit en hormone de croissance. Aucune étude publiée n'a testé l'ipamoréline dans cette situation, et trois recommandations de sociétés savantes d'endocrinologie ne la mentionnent même pas [7].
- L'injection sous la peau. La FDA n'a trouvé aucune donnée sur le devenir du produit dans le corps ni sur sa sécurité par cette voie, qui est pourtant celle employée en dehors des essais [7].
- La silhouette, le sommeil, la récupération, le vieillissement. Aucune étude humaine n'existe sur aucun de ces sujets. La FDA les range parmi les arguments de vente, pas parmi les preuves [7].
- La sélectivité chez l'être humain. L'hormone du stress et son signal de commande n'ont jamais été mesurés dans une étude humaine sur l'ipamoréline [7], [9].
- Tout ce qui dépasse une semaine. La plus longue exposition humaine documentée est de sept jours [1].
Effets indésirables et sécurité
Tout le dossier de sécurité chez l'être humain tient dans une analyse portant sur 114 participants et deux signalements isolés. Aucune autorité n'a mis en balance les bénéfices et les risques : il n'existe donc ni notice officielle ni surveillance après mise sur le marché.
Fréquences observées dans l'essai de stade 2, ipamoréline contre placebo [1], [7] :
| Événement | Type | Ipamoréline | Placebo |
|---|---|---|---|
| Excès de sucre dans le sang à la sortie | Apparu sous traitement | 14,3 % | 8,6 % |
| Manque de potassium dans le sang | Apparu sous traitement | 12,5 % | 3,4 % |
| Insomnie | Apparu sous traitement | 10,7 % | 5,2 % |
| Nouvelle hospitalisation sous 30 jours | Grave | 12,5 % | 8,6 % |
| Infection | Grave | 10,7 % | 10,3 % |
| Suture intestinale qui lâche | Grave | 3,6 % | 1,7 % |
Des événements graves sont survenus chez 10 des 56 participants sous ipamoréline, soit 17,9 %, contre 9 sur 58 sous placebo, soit 15,5 % [1]. La plupart ont commencé après la fin du traitement. Les nausées, les vomissements et le ventre gonflé dominaient l'ensemble, et ils étaient un peu moins fréquents sous ipamoréline que sous placebo.
Deux participants du groupe ipamoréline sont morts. Tous deux avaient été opérés de l'intestin pour un cancer du côlon et leur suture intestinale a lâché. Les causes retenues étaient un excès de potassium avec des caillots dans l'aorte, une infection généralisée, un ulcère perforé, et une défaillance des reins accompagnée d'une infection généralisée partie d'une pneumonie [7].
La FDA écrit que le lien entre ces décès et l'ipamoréline reste incertain. Elle les cite malgré tout comme l'une des raisons de son classement parmi les substances à risque notable [21].
Deux signalements non graves figuraient dans la base de pharmacovigilance de la FDA au 30 septembre 2023, tous deux liés à des préparations de pharmacie [7]. L'un concernait un spray nasal, l'autre un mélange avec de la sermoréline, ce qui rend impossible d'attribuer quoi que ce soit à l'ipamoréline. La base des compléments alimentaires ne contenait aucun cas.
Ce sont les manques qui font l'essentiel du dossier. Il n'existe aucune étude de toxicité, ni après une dose ni après des doses répétées, aucun examen du risque pour le matériel génétique, aucune étude sur la fertilité ou la grossesse, aucun travail sur le risque de cancer, aucun test de réaction immunitaire ni de formation d'amas [7]. La FDA juge les deux formes chimiques mal décrites, les certificats d'analyse ne cherchant ni les impuretés, ni les amas, ni les résidus bactériens.
À cela s'ajoutent les risques communs à toute la famille. Les mises en garde de tous les médicaments autorisés à base d'hormone de croissance couvrent le risque de tumeur, la montée du sucre dans le sang et le diabète, la pression trop forte à l'intérieur du crâne et la rétention d'eau [7]. Or l'excès de sucre dans le sang était déjà plus fréquent sous ipamoréline dans le seul essai comparatif humain [1].
Doses utilisées dans les essais
Les doses ci-dessous proviennent des essais cités et ne figurent ici qu'à titre d'information scientifique. Ce ne sont ni des recommandations ni des indications transposables à un usage personnel.
| Étude | Modèle | Dose | Voie | Fréquence | Durée | Réf. |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Gobburu 1999, premier stade | 48 hommes en bonne santé | 4,21, 14,02, 42,13, 84,27, 140,45 nmol/kg | Perfusion dans une veine | Une perfusion de 15 minutes | Une fois | [9] |
| Beck 2014, stade 2 (NCT00672074) | 117 adultes opérés de l'intestin | 0,03 mg/kg | Perfusion dans une veine | Deux fois par jour | Du jour 1 au jour 7 ou à la sortie | [1], [10] |
| NCT01280344, stade 2, non publié | 320 adultes opérés de l'intestin | 0,03 ou 0,06 mg/kg | Perfusion dans une veine | Deux ou trois fois par jour | Non publiée | [3] |
| Semenistaya 2015, élimination urinaire | 1 volontaire | Non rapportée | Voie nasale | Une fois | Urines recueillies 2 jours | [22] |
| Raun 1998, dose et effet | Rats et porcs éveillés | Dose efficace de 80 nmol/kg chez le rat et de 2,3 nmol/kg chez le porc | Injection dans une veine | Une fois | Une fois | [6] |
| Johansen 1999, croissance osseuse | Rates adultes | 0, 18, 90, 450 µg par animal et par jour | Injection sous la peau | Trois fois par jour | 15 jours | [16] |
| Svensson 2000, minéral osseux | Rates de 13 semaines | 0,5 mg/kg par jour | Sous la peau, par petite pompe implantée | En continu | 12 semaines | [17] |
| Andersen 2001, avec corticoïde | Rates de 8 mois | 100 µg/kg | Injection sous la peau | Trois fois par jour | 3 mois | [18] |
| Malmlöf 1999, réponse hormonale | Rats porteurs d'un cathéter | 0,4 ou 1,6 mg/kg par jour | Injection dans une veine | Quatre fois par jour | 10 jours | [19] |
| Venkova 2009, intestin bloqué | Rats opérés de l'abdomen | 0,01 à 1 mg/kg | Injection dans une veine | Une fois, ou quatre fois par jour | Une fois ou 2 jours | [11] |
| Greenwood-Van Meerveld 2012 | Rats opérés de l'abdomen | 0,014 à 0,14 µmol/kg | Injection dans une veine | Une fois | Une fois | [12] |
| Mohammadi 2020, douleur | Rats au ventre hypersensible | 0,01, 0,1, 1,0 mg/kg | Injection dans une veine | Une fois | Une fois | [14] |
| Lu 2024, perte de poids sous chimiothérapie | Furets | 1 à 3 mg/kg | Injection dans l'abdomen | Toutes les 24 heures | Jusqu'à 72 heures | [23] |
Chaque dose humaine ci-dessus a été donnée en perfusion dans une veine, à l'hôpital et sous surveillance. Les doses animales exprimées en milligrammes par kilo ne se convertissent pas à l'être humain. Et pour l'injection sous la peau, celle que les pharmacies proposaient de préparer, la FDA n'a trouvé aucune donnée, ni sur le devenir du produit ni sur sa sécurité [7].
Développement et statut réglementaire
De la découverte à une interdiction mondiale
- 1998Première description chez Novo NordiskLibération sélective chez le porc, réf. [6]
- 1999Premier essai humain chez 48 hommes en bonne santéUne seule perfusion dans une veine, réf. [9]
- 2008Début des essais chez des patients opérés du tube digestifPromoteur Helsinn Therapeutics, 117 participants, réf. [10]
- 2014Essai publié, objectif principal manqué, arrêt du développement25,3 contre 32,6 heures, p = 0,15, réf. [1], [7]
- 2014Le grand essai de recherche de dose se termine sans publication320 participants, aucun résultat déposé, réf. [3]
- 2023Classée parmi les substances à risque notable le 29 septembreDécision de la FDA sur les préparations en pharmacie, réf. [21]
- 2024Vote du comité consultatif, 0 pour et 12 contre, le 29 octobreLes demandes avaient déjà été retirées, réf. [2], [7]
- 2026Citée sur la liste antidopage et dans le texte australienInterdite en permanence, détention illégale, réf. [4], [5]
- 1998 — première description dans une revue scientifique, par le service consacré à l'hormone de croissance chez Novo Nordisk [6].
- 1999 — le premier essai humain paraît, sans aucun effet indésirable rapporté [7], [9].
- 2008 à 2014 — Helsinn Therapeutics mène deux essais chez des patients dont l'intestin ne redémarre pas après une opération [3], [10].
- 2014 — le premier de ces essais publie un objectif manqué, et le développement s'arrête [1], [7].
- 2023 — le 29 septembre, la FDA classe l'une des formes du produit parmi les substances qui peuvent poser un problème de sécurité notable [21].
- 2024 — les demandes sont retirées le 19 septembre, puis le comité consultatif vote contre le 29 octobre [2], [7].
- 2026 — la substance est citée nommément sur la liste antidopage et dans le texte australien qui classe les substances [4], [5].
| Marché | Statut | Remarque | Réf. |
|---|---|---|---|
| États-Unis | Non autorisée | Classée parmi les substances à risque notable | [7], [21] |
| Union européenne | Non autorisée | Aucune autorisation de mise sur le marché | [24] |
| Allemagne | Non autorisée | Suit la décision européenne | [24] |
| Royaume-Uni | Non autorisée | Aucune autorisation de mise sur le marché | [25] |
| Australie | Sur ordonnance uniquement | La détention est une infraction | [5] |
| Canada | Non autorisée | Aucune fiche dans la base nationale | [26] |
| Suisse | Non autorisée | Distribution illégale | [27] |
Chaque recherche dans les registres qui alimente ce tableau a été faite le 6 septembre 2026.
L'Australie fait exception, et cela mérite d'être dit clairement. Le texte de juin 2026 range l'ipamoréline parmi les médicaments sur ordonnance, puis une seconde fois dans une annexe [5]. Cette annexe est intitulée : poisons dont la détention sans autorisation est illégale.
L'ipamoréline y figure au point 25, et le point 21 de la même liste vise plus largement toutes les substances qui font libérer l'hormone de croissance. Les mêmes entrées figuraient déjà dans le texte de juin 2024 [28].
La Suisse s'en est prise directement à cette famille de produits. Le 22 juin 2026, une opération commune des douanes, de Swissmedic et de Swiss Sport Integrity a contrôlé 46 envois et en a retenu 23, dont 21 considérés comme du matériel de dopage [27].
Antidopage
L'ipamoréline est interdite dans le sport en permanence, en compétition comme en dehors, et elle compte parmi les substances dites non spécifiées, celles pour lesquelles les sanctions sont les plus lourdes. Elle est citée mot pour mot, et non rattachée par déduction à une famille. La liste 2025 disait déjà la même chose [29].
La section S2.2.4 de la Liste des interdictions 2026 la nomme parmi les « growth hormone secretagogues (GHS) and their mimetics e.g. anamorelin, capromorelin, ibutamoren (MK-677), ipamorelin, lenomorelin (ghrelin), macimorelin and tabimorelin », c'est-à-dire les substances qui font libérer l'hormone de croissance et celles qui les imitent, parmi lesquelles l'anamoréline, la capromoréline, l'ibutamoren (MK-677), l'ipamoréline, la lénomoréline (ghréline), la macimoréline et la tabimoréline [4].
Le dépistage, lui, fonctionne. Des méthodes d'analyse validées existent pour l'ipamoréline et pour les fragments qu'elle laisse derrière elle, et l'un de ces fragments reste détectable après la disparition de la molécule entière [22]. Une tentative de contournement est documentée : un dérivé rallongé d'un acide aminé, la Gly-ipamoréline, a été retrouvé dans du matériel de dopage saisi par les douanes danoises [30], [31]. Le tableau d'ensemble pour cette famille figure sur la page peptides interdits dans le sport.
Comparaison avec des peptides voisins
| Peptide | Classe | Autorisation | Antidopage | Particularité observée |
|---|---|---|---|---|
| Ipamoréline | Active le récepteur de la ghréline | Aucune, nulle part | Citée nommément, S2.2.4 [4] | Chez le porc, ni hormone du stress ni son signal de commande en hausse, même à très forte dose [6] |
| GHRP-2 | Peptide qui fait libérer l'hormone de croissance | Aucune dans la base de la FDA [32] | Cité sous le nom de pralmoréline, S2.2.4 [4] | Plus puissant que l'ipamoréline chez le porc, mais il faisait monter l'hormone du stress [6] |
| GHRP-6 | Peptide qui fait libérer l'hormone de croissance | Aucune dans la base de la FDA [32] | Cité nommément, S2.2.4 [4] | Quitte le sang du rat cinq fois plus vite que l'ipamoréline, surtout par la bile [33] |
| Ibutamoren (MK-677) | Molécule non peptidique au même effet | Aucune dans la base de la FDA [32] | Cité nommément, S2.2.4 [4] | Actif par la bouche ; aucune comparaison directe avec l'ipamoréline dans le dossier cité |
| Tésamoréline | Copie de l'autre signal de commande | Autorisée, dossier BLA 022505 [32] | Citée nommément, S2.2.4 [4] | Seul médicament sur ordonnance de ce tableau |
| Sermoréline | Copie de l'autre signal de commande | Aucune dans la base de la FDA [32] | Citée nommément, S2.2.4 [4] | Agit sur un autre récepteur que celui de la ghréline [6] |
Deux choses seulement distinguent l'ipamoréline de ses voisines, et les deux sont étroites. Chez le porc, elle a libéré de l'hormone de croissance sans faire monter l'hormone du stress, là où le GHRP-2 et le GHRP-6 faisaient monter les deux [6]. Chez le rat, elle quittait le sang cinq fois plus lentement que le GHRP-6, et sortait du corps surtout par les reins plutôt que par la bile [33].
Tout le reste du tableau leur est commun. Les six substances relèvent de la même section interdite, et seule la tésamoréline dispose d'une autorisation. La liste antidopage range d'ailleurs l'ipamoréline avec les substances qui font libérer l'hormone de croissance plutôt que dans la rubrique de la famille chimique dont elle est issue [4], [6].
Idées reçues fréquentes
- « Elle est devenue légale quand la FDA l'a sortie de sa liste à risque. » Elle en est sortie parce que les demandeurs ont retiré leur dossier le 19 septembre 2024, et non à la suite d'une nouvelle analyse de sécurité. Le comité s'est ensuite prononcé contre elle par 12 voix contre 0 [2], [7]. L'autre forme chimique du produit y figure toujours [21].
- « L'ipamoréline avec le CJC-1295 est une association établie. » Aucune étude clinique n'a testé les deux ensemble. Le dossier de la FDA parle d'une association à la mode, rapportée par un médecin, et relève que le signalement ne dit même pas ce qu'elle aurait amélioré [7]. Les deux relèvent de la même section interdite et de la même annexe australienne [4], [5].
- « Sélective veut dire sans effet hormonal indésirable. » Dans les travaux d'origine, la sélectivité désignait une seule mesure : chez le porc, l'hormone du stress ne montait pas [6]. Ce que fait ensuite l'hormone de croissance dans le corps est une autre question, et l'excès de sucre comme le manque de potassium étaient plus fréquents sous produit dans l'essai humain [1], [7].
- « C'est de l'hormone de croissance, ou son remplaçant. » C'est un peptide qui demande à l'hypophyse de libérer sa propre hormone, ce qui suppose une hypophyse en état de marche [7]. Chez la souris, les deux agissaient d'ailleurs en sens opposés sur la part de graisse du corps [13].
- « Les résultats digestifs chez l'animal prouvent que ça marche chez l'être humain. » Ils ne le prouvent pas. L'effet était constant chez le rat et absent dans l'essai humain tiré au sort [1], [11], [12].
- « Elle est à peine étudiée, la question reste donc ouverte. » Elle est bien étudiée, avec un résultat défavorable : un premier essai humain, deux essais de stade 2 terminés totalisant 437 participants, et une évaluation réglementaire de 44 pages [2], [3], [7], [9].
- « Ce qui est vendu comme ipamoréline est de l'ipamoréline. » Du matériel de dopage saisi contenait de la Gly-ipamoréline, un dérivé rallongé conçu pour échapper aux contrôles [30], [31]. Et aucun recueil officiel ne définit de norme de qualité pour ce produit [7].
- « L'étude Trifecta est un essai en cours sur l'ipamoréline. » Dans cette observation de 52 anciens militaires, l'ipamoréline n'est que l'un des six composants au moins d'un groupe de supplémentation. Il n'y a ni groupe consacré à l'ipamoréline ni mesure qui la concerne [34].
Questions fréquentes
L'ipamoréline est-elle autorisée quelque part ?
Non. Aucun pays ne l'a autorisée comme médicament, pour aucune maladie. Les registres des États-Unis, de l'Union européenne, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Australie et de la Suisse ont été consultés le 6 septembre 2026 et n'ont rien donné.
Qu'est-ce que l'ipamoréline ?
C'est une petite chaîne de cinq acides aminés fabriquée en laboratoire. Elle se fixe sur le récepteur de la ghréline, l'hormone qui donne faim, et pousse ainsi le corps à libérer une bouffée d'hormone de croissance. Novo Nordisk l'a décrite pour la première fois en 1998, sous le code NNC 26-0161.
L'ipamoréline a-t-elle fonctionné dans les essais ?
Pas sur la mesure qui devait la départager du placebo. Chez 117 adultes opérés de l'intestin, il a fallu 25,3 heures avant de pouvoir reprendre un repas solide, contre 32,6 heures sous placebo. Il s'agit chaque fois de la médiane, c'est-à-dire la valeur du milieu de toutes les mesures. L'écart est trop faible pour être fiable (p = 0,15), et les auteurs ne rapportent aucune différence solide, ni sur la mesure principale ni sur les autres.
L'ipamoréline est-elle sélective, sans hausse du cortisol ?
Cette observation vient de porcs éveillés, chez lesquels l'hormone du stress, le cortisol, et son signal de commande n'ont pas augmenté de façon nette, même à des doses plus de 200 fois supérieures à celle qui suffit pour l'hormone de croissance. Le point n'a jamais été vérifié chez l'être humain : la seule étude humaine sur l'effet du produit a mesuré l'hormone de croissance et rien d'autre.
Quels effets indésirables de l'ipamoréline sont connus ?
Dans l'essai mené chez des patients opérés, un manque de potassium dans le sang est survenu chez 12,5 % des participants contre 3,4 % sous placebo, un excès de sucre dans le sang au moment de la sortie chez 14,3 % contre 8,6 %, et des insomnies chez 10,7 % contre 5,2 %. Deux participants du groupe traité sont morts après que leur suture intestinale a lâché ; la FDA écrit que le lien avec le produit reste incertain.
L'ipamoréline est-elle interdite dans le sport ?
Oui, en permanence, en compétition comme en dehors. Elle est citée nommément à la section S2.2.4 de la Liste des interdictions 2026, parmi les substances qui font libérer l'hormone de croissance, et elle compte parmi les substances dites non spécifiées, celles pour lesquelles les sanctions sont les plus lourdes. La liste 2025 disait déjà la même chose.
Détenir de l'ipamoréline est-il légal en Australie ?
Non, pas sans autorisation. Le texte australien qui classe les substances la range parmi les médicaments sur ordonnance, puis une seconde fois dans une annexe dont le titre dit que la détention sans autorisation est illégale. La même entrée figurait déjà dans la version de juin 2024.
La FDA a-t-elle validé l'ipamoréline pour les préparations magistrales ?
C'est exactement l'inverse. Le 29 octobre 2024, le comité consultatif chargé des préparations en pharmacie a voté 0 pour et 12 contre, avec 1 abstention, pour les deux formes chimiques du produit. L'une d'elles reste classée parmi les substances qui peuvent poser un problème de sécurité notable.
Pourquoi cette page indique-t-elle des doses d'ipamoréline ?
Parce que ce sont des faits d'étude, publiés dans les travaux cités et dans les fiches des registres d'essais. Chaque dose humaine a été donnée en perfusion dans une veine, à l'hôpital et sous surveillance. Ces chiffres décrivent ce qui a été administré dans ces études ; ils ne forment pas un mode d'emploi.
Que reste-t-il inconnu à propos de l'ipamoréline ?
Presque tout ce qui sort du cadre des essais. Aucune donnée de sécurité ne couvre l'injection sous la peau, et il n'existe ni étude de toxicité sur plusieurs semaines, ni examen du risque pour le matériel génétique, ni étude sur le risque de cancer. Personne n'a jamais reçu le produit plus de sept jours, et le plus grand essai n'a jamais été publié.
Sources
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Citer cette page
Les faits présentés ici ont été vérifiés le 6 septembre 2026, et chaque recherche dans les registres qui alimente le tableau des statuts a été faite ce jour-là. Comme plus personne ne développe l'ipamoréline, ce sont les décisions des autorités et les listes antidopage qui risquent le plus de changer.
myPeptides Research & Editing. (2026). Ipamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité. Version 1.0, 6 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/ipamorelin
La façon dont les pages de ce registre sont compilées et notées est expliquée sur la page méthodologie ; le registre complet se trouve sur la page peptides.
| Version | Date | Modification |
|---|---|---|
| 1.0 | 2026-09-06 | Première publication |
Dernière vérification : 6 septembre 2026. Prochaine relecture : à la publication de l'essai NCT01280344, à tout changement des listes de la FDA sur les préparations en pharmacie, ou à tout changement du classement antidopage ou du texte australien.
