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Tésamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Le statut en bref

MarchéStatutDate
États-UnisAutorisé, sur ordonnance2010-11-10
Union européenneNon autorisé2012-06-21
AllemagneNon autorisé
Royaume-UniNon autorisé
AustralieNon autorisé
CanadaAutorisé, sur ordonnance
SuisseNon autorisé
Stade de développement
Autorisé
Meilleur niveau de preuve
Essai randomisé de phase 3
Statut AMA
Interdit (S2.2.4, 2026)
Dernière vérification
2026-09-07
Version
1.0

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Tésamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Résumé

La tésamoréline est une copie fabriquée en laboratoire de l'hormone qui ordonne à l'hypophyse de libérer de l'hormone de croissance. C'est un médicament sur ordonnance aux États-Unis et nulle part ailleurs. L'autorisation, délivrée en novembre 2010, vise un seul but : réduire l'excès de graisse du ventre chez des adultes qui vivent avec le VIH et une lipodystrophie. Dans l'essai principal, la graisse profonde du ventre a baissé de 15,2 %, alors qu'elle augmentait de 5,0 % sans traitement actif. Le poids, lui, n'a pas bougé, et la notice dit clairement que ce médicament ne sert pas à maigrir. La demande européenne a été retirée en 2012, le produit canadien a quitté le marché, et la substance est interdite dans le sport en permanence.

L'essentiel en bref

  • Autorisée dans un seul pays, pour un seul groupe de patients. L'autorité américaine a donné son feu vert le 10 novembre 2010. L'autorisation vise l'excès de graisse abdominale chez des adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie [1], [2].
  • Graisse profonde du ventre en baisse de 15,2 % en 26 semaines. Chez 412 adultes, elle a diminué d'autant sous traitement et augmenté de 5,0 % sans substance active. La notice chiffre l'écart à 31 centimètres carrés, soit 20 % [1], [3].
  • Le poids, lui, n'a pas bougé. Il a varié de −0,4 kg dans le premier essai et de +0,5 kg dans le second. Aucun de ces écarts ne distingue le traitement du groupe témoin. La notice précise que le médicament ne sert pas à maigrir [1].
  • L'effet s'arrête quand le traitement s'arrête. Les participants basculés vers une injection sans substance active dans la phase de prolongation ont repris la graisse perdue en six mois [4].
  • L'Europe a dit non. La demande a été retirée le 21 juin 2012, après que le comité européen n'a pas trouvé de rapport favorable entre bénéfice et risque [5].
  • Le Canada l'a perdue aussi. Le produit commercialisé porte la mention « annulé après commercialisation » depuis le 30 septembre 2022, et le dernier lot a expiré le 31 janvier 2023 [6].
  • Interdite dans le sport en permanence. La tésamoréline est nommée à la section S2.2.4 de la liste des interdictions 2026, en compétition comme en dehors [7].

Ce qu'est la tésamoréline

La tésamoréline est une chaîne de 44 briques élémentaires appelées acides aminés, fabriquée en laboratoire par l'entreprise canadienne Theratechnologies sous le code TH9507 [1], [8]. Cette chaîne reproduit intégralement le facteur humain de libération de l'hormone de croissance, l'hormone de l'hypothalamus qui donne à l'hypophyse l'ordre de libérer de l'hormone de croissance.

Une modification volontaire la distingue de l'hormone naturelle. Une courte chaîne de six carbones portant une double liaison, appelée groupe hexénoyle, est accrochée à l'extrémité avant de la molécule [1]. L'hormone naturelle est détruite en quelques minutes par des enzymes, et cet ajout ralentit cette destruction.

Trois formulations américaines successives ont porté les noms commerciaux EGRIFTA, EGRIFTA SV et EGRIFTA WR, toutes sous le même numéro de dossier [2], [9].

En bref

ChampValeurRéf.
DCItésamoréline[8]
Code de développementTH9507[8]
ClasseAnalogue du facteur de libération de l'hormone de croissance[1], [10]
Structure44 acides aminés, groupe hexénoyle à l'extrémité N[1]
Formule et masseC221H366N72O67S, 5 135,9 Da[1], [8]
Demi-vieEnviron 11 minutes chez l'adulte en bonne santé, soit le temps au bout duquel la moitié du produit a disparu[1]
Délai avant le pic sanguin0,15 heure en médiane, soit environ 9 minutes[1]
Fraction absorbéeMoins de 4 % de la quantité injectée[1]
VoieInjection sous la peau[1]
StatutAutorisée et soumise à ordonnance aux États-Unis ; autorisée nulle part ailleurs[2], [5], [6]
DéveloppeurTheratechnologies Inc., Montréal[1]
Code ATCH01AC06[10]
Numéro CAS218949-48-5 (base libre) ; 804475-66-9 (acétate)[8]
UNIIMQG94M5EEO[8]
PubChem CID16137828[8]
InChIKeyQBEPNUQJQWDYKU-BMGKTWPMSA-N[8]
ChEMBLCHEMBL1237026[11]
DrugBankDB08869[11]

Tésamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Comment elle agit

La tésamoréline n'agit pas comme de l'hormone de croissance. Elle se place un cran plus tôt dans la chaîne et pousse le corps à fabriquer la sienne.

  • Elle se fixe sur les points d'ancrage du facteur de libération de l'hormone de croissance, situés sur l'hypophyse. Dans les tests de laboratoire, elle s'y fixe à peu près aussi fortement que l'hormone naturelle [1].
  • Ces cellules fabriquent alors de l'hormone de croissance et la libèrent par vagues, comme le fait normalement ce système [1].
  • L'hormone de croissance agit sur le cartilage, l'os, le muscle, le foie et les cellules graisseuses. Une partie de cette action est directe, une autre passe par l'IGF-1, un messager fabriqué surtout par le foie [1].
  • Chez les patients, le traitement fait monter l'IGF-1 et sa protéine de transport, l'IGFBP-3. Les autres hormones de l'hypophyse, notamment celles de la thyroïde et du stress, n'ont pas bougé de façon notable dans les essais d'autorisation [1].

C'est ce qui sépare la substance de l'hormone de croissance injectée telle quelle, qui court-circuite complètement l'hypophyse. Cela la sépare aussi des sécrétagogues de l'hormone de croissance, une autre famille qui passe par un récepteur différent [12], [13].

Ce que montrent les essais

L'usage autorisé repose sur deux essais menés dans la même population. Tout le reste vient de recherches universitaires qui n'ont jamais modifié la moindre notice.

La graisse du ventre

RCT de phase 3 Le premier essai ayant mené à l'autorisation a réparti au hasard 412 adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie, pendant 26 semaines. Ils avaient 48 ans en moyenne et 86 % étaient des hommes. La graisse profonde qui entoure les organes, mesurée par imagerie, a baissé de 15,2 % sous traitement et augmenté de 5,0 % sans substance active (p < 0,001).

La notice traduit le même résultat par un écart de 31 centimètres carrés (intervalle de confiance à 95 %, de −39 à −24), soit 20 % (de −24 à −15) [1], [3].

Les graisses du sang ont suivi le mouvement. Les triglycérides ont baissé de 50 mg/dl sous traitement et augmenté de 9 mg/dl sans substance active. L'IGF-1, lui, montait de 81 % contre une baisse de 5 % (p < 0,001 dans les deux cas). Plus de participants traités que de participants témoins ont quitté l'essai à cause d'un effet indésirable [3].

RCT de phase 3 Le deuxième essai a suivi 404 adultes pendant six mois. La graisse profonde a baissé de 10,9 %, soit 21 centimètres carrés, contre 0,6 %, soit 1 centimètre carré, sans substance active (p < 0,0001). Le tour de taille et le rapport entre tour de taille et tour de hanches se sont améliorés dans le même mouvement.

La graisse des bras et des jambes n'a pas changé, pas plus que celle située juste sous la peau du ventre [14].

Graisse abdominale profonde après 26 semaines
Tésamoréline412 participants, 26 semaines
−15.2%
Sans substance activemême essai
5%

Premier essai ayant mené à l'autorisation, 412 adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie, 26 semaines. Variation de la graisse viscérale mesurée par imagerie. Source [3].

Méta-analyse Cinq essais tirés au sort ont été réunis. L'écart moyen avec le groupe témoin atteint 27,71 centimètres carrés de graisse viscérale (intervalle de confiance à 95 %, de −38,37 à −17,06 ; p < 0,001). La graisse du tronc a baissé de 1,18 kg, celle des membres de 0,22 kg et le tour de taille de 1,61 cm. La masse maigre, elle, a augmenté de 1,42 kg.

La graisse du foie a reculé de 4,28 points de pourcentage (de −6,31 à −2,24). Ni l'indice de masse corporelle, ni la graisse sous la peau, ni le nombre de cellules CD4 n'ont changé de façon significative [15].

Méta-analyse Une seconde revue, portant sur 909 personnes réparties dans quatre essais, a trouvé 21,47 centimètres carrés (de −34,73 à −8,22 ; p = 0,002). Les essais se contredisaient nettement sur ce point (I² = 74 %), contrairement au tour de taille, qui a de nouveau baissé de 1,61 cm.

La graisse du tronc a diminué de 1,20 kg et le cholestérol total de 0,16 mmol/l (p = 0,003). Ses auteurs ont eux aussi compté plus d'abandons que dans le groupe témoin (rapport de risques 2,25 ; de 0,98 à 5,17 ; p = 0,06) [16].

La graisse du foie

RCT Cet essai a recruté 61 personnes vivant avec le VIH dont le foie contenait au moins 5 % de graisse. Douze mois de traitement ont abaissé cette proportion de 4,1 points de pourcentage de plus que sans substance active. L'intervalle de confiance à 95 % va de −7,6 à −0,7 (p = 0,018). En valeur relative, cela représente une baisse de 37 % (de −67 à −7 ; p = 0,016).

Au bout d'un an, 35 % des personnes traitées étaient repassées sous le seuil de 5 %, contre 4 % dans le groupe témoin (p = 0,0069). La glycémie à jeun et la glycémie moyenne des derniers mois ne différaient pas entre les deux groupes [17].

RCT Un essai antérieur, mené dans un seul centre, a suivi 50 adultes pendant six mois. La graisse viscérale a baissé de 34 centimètres carrés (intervalle de confiance à 95 %, de −53 à −15), contre une hausse de 8 sans substance active. L'effet attribuable au traitement atteint 42 centimètres carrés (de −71 à −14 ; p = 0,005).

La graisse du foie a reculé de 2,0 % en médiane, c'est-à-dire pour la personne située au milieu du classement, contre une hausse de 0,9 % dans le groupe témoin. L'écart net est de 2,9 points de pourcentage (p = 0,003).

La glycémie à jeun a davantage augmenté que sans substance active après deux semaines, de 7 mg/dl (de 1 à 14 ; p = 0,03). À six mois, cette différence avait disparu (2 mg/dl ; de −6 à 10 ; p = 0,72) [18].

La réflexion et la mémoire

RCT de phase 2 Un essai universitaire a traité 152 adultes de 55 à 87 ans, âgés de 68 ans en moyenne, pendant 20 semaines. Parmi eux, 66 présentaient un léger trouble des fonctions intellectuelles et 137 sont allés au bout de l'étude.

L'analyse principale a trouvé un effet globalement favorable sur les capacités intellectuelles (p = 0,03). Il était comparable chez les personnes atteintes de ce trouble et chez les autres, et plus marqué chez celles qui ont terminé l'essai (p = 0,002).

Le gain se situait dans les fonctions dites exécutives, autrement dit la planification et la souplesse mentale (p = 0,005). Pour la mémoire des mots, il ne s'agissait que d'une tendance (p = 0,08). Des effets indésirables ont été rapportés par 68 % du groupe traité et 36 % du groupe témoin [19].

RCT de phase 2 Une sous-étude portant sur 30 participants a mesuré la chimie du cerveau. Le GABA, un messager qui calme l'activité nerveuse, était augmenté dans toutes les régions examinées (p < 0,04). Le NAAG ne montait que dans une seule (p = 0,03), et le myo-inositol était abaissé dans une région (p = 0,002).

Le glutamate n'a pas bougé. Là où l'IGF-1 montait le plus, le GABA montait le plus aussi (r = 0,47 ; p = 0,001) [20]. Aucune autorité n'a jamais autorisé ce médicament pour quoi que ce soit qui touche à la mémoire.

Là où les essais ont échoué

RCT de phase 2 Un essai plus récent, mené chez 73 personnes vivant avec le VIH et une obésité abdominale, n'a trouvé aucun avantage sur les capacités intellectuelles. Le groupe traité penchait vers de meilleurs scores (variation moyenne 0,146 ; intervalle de confiance à 95 %, de −0,002 à 0,294 ; p = 0,060).

Le groupe de comparaison faisait de même (0,103 ; de −0,095 à 0,301 ; p = 0,295). L'écart entre les deux n'était pas significatif (p = 0,673).

Le tour de taille, lui, a bien reculé davantage, de 2,7 cm en médiane, c'est-à-dire pour la personne située au milieu du classement (p = 0,015). L'essai se déroulait au vu et au su de tous, sans injection factice, et les auteurs le jugent trop petit pour trancher [21].

RCT de phase 2 Chez 53 adultes déjà atteints de diabète de type 2, douze semaines de traitement n'ont rien changé de mesurable. La réponse de l'insuline, la glycémie à jeun et la glycémie moyenne des derniers mois sont restées là où elles étaient.

Le cholestérol total et le cholestérol non-HDL ont tout de même baissé dans le groupe le plus exposé, de 0,3 mmol/l chacun. Les écarts-types étaient de 0,6 et 0,5 (p < 0,05 face au groupe témoin). Personne n'a quitté l'essai pour cause de diabète devenu incontrôlable [22].

Ce qui se passe après l'arrêt

RCT de phase 3 Dans la phase de prolongation, 263 participants ont été tirés au sort une seconde fois pour 26 semaines supplémentaires. Ceux qui sont restés sous traitement ont maintenu la baisse à 18 % sous leur niveau de départ à la 52e semaine (p < 0,001). Leurs triglycérides sont restés inférieurs de 51 mg/dl.

Ceux qui ont basculé vers une injection sans substance active ont perdu le bénéfice des six mois précédents, et la graisse profonde s'est de nouveau accumulée. Les auteurs écrivent que les effets ne survivent pas au traitement [4], [23].

Ce qui reste inconnu

  • Personne ne sait si faire disparaître cette graisse améliore la santé sur le long terme. Les essais ont mesuré la graisse elle-même, pas les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux ni la survie [1], [5].
  • On ignore ce que produisent des années d'IGF-1 élevé. La notice qualifie les conséquences d'inconnues et demande une surveillance [1].
  • On ne sait pas si le médicament provoque des cancers. Les études sur toute la vie du rongeur n'ont jamais été menées, même si les tests de dommages génétiques sont revenus négatifs [1].
  • On ignore son comportement chez les personnes dont les reins ou le foie fonctionnent mal, chez les enfants et chez les personnes âgées. Aucun de ces cas n'a été étudié [1].
  • On ne sait pas s'il améliore les capacités physiques. Un essai portant sur 100 personnes vivant avec le VIH et une fragilité physique a commencé à recruter le 10 juillet 2025 et n'a rien publié [24].

Effets indésirables et sécurité

Le tableau de sécurité vient de l'information officielle américaine sur le produit, qui s'appuie sur les essais ayant mené à l'autorisation.

  • Réactions au point de piqûre chez 17 % des personnes traitées contre 6 % sans substance active pendant les 26 premières semaines. Un autre passage de la notice donne 25 % contre 14 %. Il s'agit de rougeurs, démangeaisons, éruptions, urticaire, douleurs, gonflements et saignements [1].
  • Douleurs articulaires chez 13 % contre 11 % sans substance active. Une douleur dans un bras ou une jambe a touché 6 % contre 5 %, et une douleur musculaire 6 % contre 2 % [1].
  • Gonflement des chevilles et des pieds chez 6 % contre 2 %. Des fourmillements ont concerné 5 % contre 2 %, et une perte de sensibilité 4 % contre 2 %. La notice attribue ces signes à la rétention d'eau provoquée par l'hormone de croissance et précise qu'ils passent seuls ou disparaissent à l'arrêt [1].
  • Syndrome du canal carpien chez 1 % contre aucun cas dans le groupe témoin. Une analyse de la base américaine des effets indésirables a couvert la période d'octobre 2003 à septembre 2024. Elle place la tésamoréline parmi les dix médicaments les plus surreprésentés pour ce problème. Son rapport de cotes de notification atteint 20,7 (de 13,7 à 31,3), un chiffre qui décrit une habitude de déclaration et non une cause [25].
  • Réactions allergiques chez 4 % des personnes traitées, avec démangeaisons, bouffées de chaleur, urticaire et éruptions. La notice demande d'arrêter aussitôt le traitement en cas de soupçon [1].
  • Glycémie en hausse. À la 26e semaine, la glycémie moyenne des derniers mois avait atteint 6,5 % ou plus chez 5 % des personnes traitées. Dans le groupe témoin, ce chiffre était de 1 %. Le risque de devenir diabétique était accru (rapport de cotes 3,3 ; de 1,4 à 9,6) [1].
  • IGF-1 en hausse. À 26 semaines, 47 % des participants dépassaient la normale de plus de deux écarts-types et 36 % de plus de trois. À 52 semaines, ces chiffres tombaient à 34 et 23 % [1].
  • Anticorps chez environ la moitié des personnes traitées. Ils sont apparus chez 50 % à 26 semaines et 47 % à 52 semaines. Chez les personnes ayant eu une réaction allergique, la proportion atteignait 85 %.
  • Ce que ces anticorps ont fait. Environ 60 % d'entre eux réagissaient aussi avec l'hormone naturelle du corps. Des anticorps neutralisants ont été trouvés chez 10 % des personnes à 52 semaines. Rien de tout cela n'a visiblement modifié l'efficacité du médicament [1].

Plusieurs situations écartent complètement le médicament : un cancer en évolution, une rupture de la liaison entre l'hypothalamus et l'hypophyse, une allergie connue à la substance et la grossesse [1].

Chez des rates gestantes exposées à environ deux à quatre fois la quantité reçue par un humain, les petits ont développé du liquide dans le cerveau. Chez la lapine, rien de tel n'est apparu, jusqu'à environ 500 fois cette quantité [1].

La notice met aussi en garde contre l'usage chez l'enfant, car des cartilages de croissance encore ouverts pourraient entraîner une croissance excessive. Elle demande aux médecins d'envisager l'arrêt chez les patients en situation critique [1]. Les personnes sous corticoïdes de substitution peuvent en avoir besoin de davantage une fois le traitement commencé, car l'hormone de croissance gêne l'enzyme qui active la cortisone [1].

Pourquoi cette page n'indique pas de posologie

La tésamoréline ne se délivre que sur ordonnance, dans le seul marché où elle est autorisée. Le choix de la quantité revient à l'information officielle sur le produit et au médecin qui prescrit. Cette page rapporte donc ce que les essais ont mesuré sans répéter les quantités qu'ils ont employées.

Développement et statut réglementaire

Chronologie des autorisations et des données

  1. 2005-2007Le premier essai de phase 3 se déroule dans la lipodystrophie liée au VIHn = 412, réf. [3], [26]
  2. 2010Autorisation aux États-Unis le 10 novembre, comme nouvelle moléculeDossier 022505, réf. [2]
  3. 2012Retrait de la demande européenne le 21 juinDemandeur Ferrer Internacional, réf. [5]
  4. 2019Deuxième formulation américaine autorisée le 5 juillet, commercialisée le 4 novembreRéf. [2], [27]
  5. 2020Le dossier devient une licence de produit biologique le 23 marsRéf. [2]
  6. 2022Le produit canadien est annulé après commercialisation le 30 septembreDernier lot périmé le 31 janvier 2023, réf. [6]
  7. 2025Troisième formulation américaine autorisée le 25 mars, commercialisée le 15 juilletRéf. [2], [27]
  • 2010 — l'autorité américaine autorise le médicament le 10 novembre, sous le numéro de dossier 022505 [2].
  • 2012 — la demande européenne est retirée le 21 juin par le titulaire espagnol de la licence, Ferrer Internacional [5].
  • 2019 — une deuxième formulation américaine reçoit son feu vert le 5 juillet et arrive sur le marché le 4 novembre [2], [27].
  • 2020 — le 23 mars, l'ancien dossier devient une licence de produit biologique, ce qui range la substance parmi les médicaments biologiques en droit américain [2].
  • 2022 — le produit canadien est annulé après commercialisation le 30 septembre ; une seconde présentation canadienne avait déjà été annulée avant même d'atteindre le marché, le 13 juillet 2023 [6], [28].
  • 2025 — une troisième formulation américaine reçoit son feu vert le 25 mars et arrive sur le marché le 15 juillet [2], [27].
MarchéStatutDepuis
États-UnisAutorisée2010-11-10
Union européenneDemande retirée2012-06-21
AllemagneNon autorisée
Royaume-UniNon autorisée
AustralieNon vérifié
CanadaAnnulée2022-09-30
SuisseNon autorisée

Le comité européen a expliqué ses raisons. L'excès de graisse du ventre lié à une lipodystrophie se distingue mal, en pratique quotidienne, d'une obésité ordinaire. Le seuil proposé de 130 centimètres carrés de graisse viscérale n'était pas assez étayé, et les essais montraient une graisse qui fondait sans bénéfice de santé à la clé.

Les participants ne ressemblaient pas non plus aux patients européens vivant avec le VIH, généralement plus minces. Des taux élevés d'IGF-1 soulevaient des craintes de cancer et de maladie des yeux liée au diabète, et les données de sécurité à long terme manquaient [5].

Les autres lignes du tableau correspondent à des recherches restées sans résultat. Le registre britannique ne renvoie rien pour la substance ni pour la marque, alors que des termes de contrôle interrogés dans le même index donnent bien des réponses [29]. La liste suisse des médicaments à usage humain autorisés ne contient ni l'un ni l'autre [30].

L'Australie est un cas différent. Le registre n'a pas pu être atteint depuis notre environnement de travail le 7 septembre 2026. Aucune absence de résultat n'a donc été confirmée, et la ligne du tableau ne dit rien de plus [31].

Le Canada, lui, avait bel et bien autorisé le médicament, et sa monographie du 26 mars 2015 fixait un usage plus étroit que l'américain. Elle exigeait un tour de taille d'au moins 95 cm chez l'homme ou 94 cm chez la femme, plus de 130 centimètres carrés de graisse viscérale à l'imagerie [32].

Chaque ligne reflète la situation au 7 septembre 2026. Le cadre juridique plus large est expliqué sous légalité des peptides et peptides autorisés par la FDA.

Antidopage

La tésamoréline est interdite dans le sport en permanence, en compétition comme en dehors. Tout ce qui appartient à sa classe compte parmi les substances non spécifiées.

La liste des interdictions 2026 la nomme à la section S2.2.4 : « growth hormone releasing factors, including, but not limited to: growth hormone-releasing hormone (GHRH) and its analogues (e.g. CJC-1293, CJC-1295, sermorelin and tesamorelin) » (facteurs de libération de l'hormone de croissance, dont notamment la GHRH et ses analogues, par exemple le CJC-1293, le CJC-1295, la sermoréline et la tésamoréline) [7].

La formulation était identique en 2025. La loi allemande nomme la substance séparément à la section 2.4 de l'annexe de sa loi antidopage [33].

La détecter reste difficile, car une demi-vie d'environ 11 minutes ne laisse qu'une fenêtre étroite. Une étude de 2021 relevait que ces analogues n'avaient apparemment jamais été retrouvés dans les laboratoires accrédités.

Ses auteurs ont identifié 19 produits de dégradation de cette famille de substances en laboratoire. Ils en ont tiré un test sensible jusqu'à environ 1 nanogramme par millilitre [34], [35]. Cette classe est présentée plus en détail sous peptides interdits dans le sport.

Comparaison avec des peptides voisins

PeptideCe que c'estStatutNommé sur la liste des interdictions 2026
TésamorélineCopie complète de l'hormone naturelle, 44 acides aminés, stabilisée à l'avant [1]Autorisée aux seuls États-Unis, sur ordonnance [2]Oui, S2.2.4 [7]
SermorélineLe fragment raccourci, briques 1 à 29 [34]Nommée dans la liste allemande des médicaments sur ordonnance [36]Oui, S2.2.4 [7]
CJC-1295Analogue davantage modifié de la même hormone [34]Aucune autorisation trouvée dans les registres consultés ici [12]Oui, S2.2.4 [7]
CJC-1295 DACLe même analogue, avec un complexe porteur qui allonge son action [34]Aucune autorisation trouvée dans les registres consultés ici [12]Couvert par la même ligne [7]
IpamorélineUn sécrétagogue de l'hormone de croissance, pas une copie de cette hormone [12], [13]Décrite dans la littérature comme un composé de recherche non encadré [12], [13]Non nommée dans cette ligne [7]

Les quatre premières appuient sur le même bouton, mais elles ne sont pas interchangeables. La tésamoréline porte la séquence naturelle entière, tandis que la sermoréline n'en est qu'un fragment. Les deux molécules CJC sont des versions remaniées, dont l'une est munie d'un accessoire qui la maintient bien plus longtemps dans le sang [34].

Sur le plan juridique, elles sont encore plus éloignées les unes des autres. La tésamoréline est un médicament autorisé dans un pays, les autres ne le sont nulle part [7], [12]. L'ipamoréline appartient à une autre famille et atteint l'hormone de croissance par un autre récepteur, ce qui explique que la liste antidopage la traite à part [12], [13].

Idées reçues fréquentes

  • « C'est un brûleur de graisse. » La notice dit le contraire, dans ses propres termes : le médicament n'est pas indiqué pour la perte de poids, car son effet sur le poids est neutre. Le poids a varié de −0,4 kg et de +0,5 kg dans les deux essais, sans différence avec le groupe témoin. Les méta-analyses ne trouvent aucun changement de l'indice de masse corporelle [1], [15].
  • « Elle est autorisée contre la graisse du ventre. » Elle est autorisée contre la graisse du ventre chez des adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie, et contre rien d'autre. Les essais menés dans l'obésité sans VIH et dans la maladie du foie gras sont restés universitaires et n'ont mené à aucune autorisation, nulle part [1], [5].
  • « Tésamoréline, sermoréline et CJC-1295, c'est la même chose. » Les trois agissent sur le même récepteur et partagent une ligne de la liste antidopage, mais leur structure et leur statut juridique diffèrent. Seule la tésamoréline est un médicament autorisé [1], [7], [34].
  • « Les trois formulations américaines sont trois médicaments différents. » C'est la même substance sous un seul numéro de dossier. Elles diffèrent par la quantité contenue dans le flacon, par leurs ingrédients inactifs et par le liquide qui sert à les dissoudre. Les plus récentes ont été autorisées sur des taux sanguins comparables, non sur de nouveaux essais d'efficacité [1], [2], [9].
  • « On la trouve en Europe. » Non. La demande a été retirée en 2012, et les registres britannique et suisse ne renvoient rien [5], [29], [30].
  • « Une fiche dans un registre prouve qu'un essai est en cours. » Une fiche consacrée à la tésamoréline dans la maladie du foie gras porte les mots « Mock Study », essai fictif, dans son titre officiel. C'est une entrée de test, pas un vrai essai [37].
  • « Être un médicament autorisé signifie être permis dans le sport. » L'autorisation ne change rien. La substance est nommée sur la liste des interdictions et dans la loi antidopage allemande [7], [33].

Questions fréquentes

La tésamoréline est-elle un médicament sur ordonnance ?

Oui, et uniquement aux États-Unis. Elle y est autorisée depuis le 10 novembre 2010 et ne s'obtient légalement que sur prescription d'un médecin. Depuis le 23 mars 2020, elle relève du régime des médicaments biologiques plutôt que de celui des médicaments classiques. Il n'existe aucune autorisation dans l'Union européenne, en Allemagne, au Royaume-Uni ni en Suisse, et le produit canadien a été retiré du marché.

Pour quoi la tésamoréline est-elle autorisée ?

Pour une seule chose : réduire l'excès de graisse abdominale chez des patients adultes qui vivent avec le VIH et une lipodystrophie. Dans ce trouble, la graisse du corps se répartit de façon inhabituelle. Cette formulation unique couvre la totalité de l'autorisation. Tous les autres usages discutés dans la littérature scientifique, y compris la graisse du foie et la mémoire, sont hors autorisation.

La tésamoréline fait-elle maigrir ?

Non, et sa propre notice le dit. L'information officielle sur le produit précise que le médicament n'est pas indiqué pour la perte de poids, parce que son effet sur le poids est neutre. Dans les deux essais qui ont mené à l'autorisation, le poids moyen a varié de −0,4 kg et de +0,5 kg. Aucun de ces écarts ne se distinguait du groupe sans traitement actif. Ce qui change, c'est l'endroit où la graisse se loge, pas le poids affiché sur la balance.

Quelle quantité de graisse du ventre la tésamoréline a-t-elle fait disparaître dans les essais ?

Dans le premier essai ayant mené à l'autorisation, 412 adultes ont été traités pendant 26 semaines. La graisse profonde qui entoure les organes a baissé de 15,2 %, tandis qu'elle augmentait de 5,0 % dans le groupe sans traitement actif. Le deuxième essai, mené chez 404 adultes, a trouvé une baisse de 10,9 % contre 0,6 %. En réunissant cinq essais, l'écart moyen avec le groupe sans traitement actif atteint 27,71 centimètres carrés de graisse viscérale.

Que se passe-t-il quand on arrête la tésamoréline ?

La graisse revient. Dans la phase de prolongation, les participants basculés vers une injection sans substance active ont perdu le bénéfice accumulé en six mois. La graisse profonde du ventre s'est de nouveau installée. Les auteurs de cet essai écrivent directement que les effets ne se maintiennent pas au-delà de la période de traitement.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents de la tésamoréline ?

Les réactions à l'endroit de la piqûre viennent en tête : elles ont touché 17 % des participants traités contre 6 % sans substance active pendant les 26 premières semaines. Les douleurs articulaires suivent, avec 13 % contre 11 %. Les douleurs musculaires, le gonflement des chevilles et des pieds ainsi que les fourmillements ont concerné chacun 5 à 6 % des personnes traitées, contre 2 % sans substance active.

Qui ne doit pas prendre de tésamoréline ?

La notice écarte le médicament dans quatre situations : un cancer en évolution, une rupture de la liaison entre l'hypothalamus et l'hypophyse, une allergie connue et la grossesse. L'hormone de croissance est un facteur de croissance, ce qui explique la restriction liée au cancer.

La tésamoréline est-elle interdite dans le sport ?

Oui, en permanence, pendant les compétitions comme en dehors. L'Agence mondiale antidopage nomme la tésamoréline à la section S2.2.4 de sa liste des interdictions 2026, parmi les facteurs de libération de l'hormone de croissance. Tout le contenu de cette section compte parmi les substances non spécifiées. La loi allemande la nomme séparément dans l'annexe de sa loi antidopage.

La tésamoréline vendue comme peptide de recherche est-elle la même chose que le médicament autorisé ?

Non. Douze entreprises détiennent quatorze enregistrements de tésamoréline auprès de l'autorité américaine, en tant que matière première non transformée. Cela ne constitue l'autorisation d'aucun médicament et n'autorise aucune vente au public. Deux revues parues en 2026 situent la substance en plein dans le marché non encadré des composés dits de recherche, où ni la composition ni la pureté ne sont vérifiées.

Sources

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Les informations rassemblées ici ont été vérifiées le 7 septembre 2026, et les registres officiels qui alimentent le tableau des statuts ont été interrogés ce jour-là. Un médicament autorisé gagne de nouvelles indications et voit ses mises en garde réécrites au fil du temps, si bien que la version et la date comptent autant que le texte.

myPeptides Research & Editing. (2026). Tésamoréline : ce que montrent les essais, statut et sécurité. Version 1.0, 7 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/tesamorelin

La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est expliquée sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.

VersionDateModification
1.02026-09-07Première publication

Dernière vérification : 7 septembre 2026. Prochaine revue : dès qu'une notice change aux États-Unis, dès que la ligne australienne du registre est confirmée, ou dès que le classement antidopage évolue.

Identifiants

IdentifiantValeur
Numéro CAS218949-48-5
CID PubChem16137828
UNIIMQG94M5EEO
InChIKeyQBEPNUQJQWDYKU-BMGKTWPMSA-N
DrugBankDB08869
ChEMBLCHEMBL1237026
WikidataQ7705415
Formule bruteC221H366N72O67S
Masse moléculaire5135.9

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