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Brénipatide, VK2735 et énicépatide : trois agonistes doubles GIP/GLP-1 et leurs nouvelles données de septembre 2026

Brénipatide, VK2735 et énicépatide : trois agonistes doubles GIP/GLP-1 et leurs nouvelles données de septembre 2026

Cet article relève de l'information générale : ce n'est ni un avis médical, ni une invitation à se procurer ou à utiliser quelque substance que ce soit. Le brénipatide, le VK2735 et l'énicépatide sont des produits en développement clinique : ils n'ont d'autorisation de mise sur le marché (AMM) nulle part et ne peuvent être ni prescrits ni achetés légalement. Rien ici ne constitue une indication de dosage, d'association ou d'approvisionnement. Les doses citées plus bas désignent des bras d'étude, pas des quantités que quiconque devrait utiliser. Les chiffres proviennent d'études distinctes, conçues différemment : ils ne permettent aucune comparaison directe.

En l'espace d'une seule semaine, en septembre 2026, trois laboratoires ont publié de nouvelles données chez l'humain sur des molécules qui agissent sur le même couple de récepteurs d'hormones intestinales. Eli Lilly a présenté un poster sur le brénipatide lors d'un congrès de psychiatrie. Viking Therapeutics a publié les résultats d'une étude de maintien sous VK2735. Roche a annoncé des résultats de phase 2 pour l'énicépatide dans le diabète de type 2. Les trois molécules sont des agonistes doubles des récepteurs du GIP et du GLP-1, le principe du médicament autorisé tirzépatide. Elles partagent un mécanisme, mais les trois études posaient des questions très différentes, et c'est le fil de cet article. Pour une présentation générale de cette classe, voir notre dossier sur les agonistes doubles GIP/GLP-1.

Pourquoi le GIP est le point commun

Le GLP-1 et le GIP sont deux hormones que l'intestin libère après un repas. Toutes deux aident le pancréas à sécréter de l'insuline quand la glycémie monte. Le GLP-1 ralentit en outre la vidange de l'estomac et agit sur les centres de l'appétit dans le cerveau ; des médicaments comme le sémaglutide reposent sur lui seul. Le GIP a longtemps passé pour le partenaire le moins utile. Le tirzépatide a changé ce regard en activant les deux récepteurs avec une seule molécule.

Le poster de Lilly apporte un détail qui compte pour la suite. Il indique que les récepteurs du GIP et du GLP-1 se trouvent bien au-delà du pancréas : dans l'intestin, le cœur, les poumons, les reins, le foie, le tissu adipeux et le cerveau. C'est cette large distribution qui est avancée pour expliquer pourquoi des agonistes de ces récepteurs pourraient être étudiés dans des maladies éloignées du métabolisme. Reste à savoir si ce raisonnement se vérifiera chez les patients.

Les trois molécules diffèrent aussi entre elles. Roche décrit l'énicépatide comme un agoniste « biaisé » : il est conçu pour privilégier un signal à l'intérieur de la cellule plutôt que l'internalisation du récepteur. Notre précédent article sur l'énicépatide explique ce principe. La structure chimique complète des deux autres molécules n'a pu être trouvée ni dans les publications de Lilly ni dans celles de Viking. L'auteur de la lettre d'information The Incretin Space a formulé deux hypothèses à partir de recherches dans les brevets et les structures. Selon la première, le brénipatide ressemblerait au rétatrutide privé de sa composante qui agit sur le récepteur du glucagon. Selon la seconde, le VK2735 pourrait partager la chaîne d'acides aminés du tirzépatide, mais porter une chaîne latérale d'acide gras terminée par un groupe phosphonate. Aucune de ces hypothèses n'a pu être confirmée dans les publications des laboratoires : elles restent spéculatives.

Brénipatide : un agoniste double qui n'est pas développé pour le poids

Les données cliniques sur le brénipatide, code LY3537031, ont été présentées sous forme de poster P-175 au Psych Congress 2026, qui s'est tenu à La Nouvelle-Orléans du 15 au 19 septembre. Le lieu est inhabituel pour une molécule GIP/GLP-1. L'objectif affiché du poster était de trouver un schéma de dosage pour les addictions, les troubles psychiatriques et les maladies immunologiques, et non pour l'obésité ou le diabète.

L'étude. NCT06606106 est une étude de phase 1 à doses multiples croissantes, en aveugle pour les investigateurs et les participants, avec un suivi de 8 semaines. La partie A a recruté des personnes dont l'IMC se situait entre 27 et 45. La partie B a recruté des personnes dont l'IMC se situait entre 22 et 26,9. La partie C a recruté des personnes d'origine japonaise ou chinoise dans la même tranche d'IMC basse. D'après les tableaux du poster, 184 personnes ont reçu du brénipatide et 28 un placebo. Cinq niveaux de dose ont été testés, en injections hebdomadaires jusqu'au jour 78, et le plus élevé n'a été administré que dans la partie A. Le poster présente des données intermédiaires issues des cohortes terminées.

Le poids. Lilly s'est servi de l'évolution du poids comme d'un marqueur indirect, pour vérifier que la molécule agissait bien à toutes les doses. Selon le poster, la variation du poids augmentait avec la dose. Les résultats ne figurent que sous forme de graphique, sans valeurs chiffrées : cet article n'en donne donc aucune. Le graphique montre aussi que le poids est reparti à la hausse dans tous les groupes après l'arrêt des injections. Des sources secondaires ont lu des valeurs sur les courbes, mais nous les laissons de côté puisque Lilly ne les a pas publiées.

La pharmacocinétique. Elle décrit la façon dont l'organisme absorbe puis élimine la molécule. Le poster indique une demi-vie moyenne de 9,08 à 12,5 jours et un rapport entre concentration maximale et concentration minimale compris entre 1,35 et 1,59. Un rapport proche de 1 signifie que le taux sanguin varie à peine entre deux injections hebdomadaires. L'exposition augmentait proportionnellement à la dose et paraissait comparable d'un groupe ethnique à l'autre. Le poster ne donne pas de valeur pour le Tmax, le délai entre l'injection et la concentration maximale.

La tolérance. Aucun événement indésirable grave et aucun décès n'ont été signalés. Quatre participants sous brénipatide, soit 2,2 %, ont arrêté le traitement à cause d'un effet indésirable. Des troubles digestifs sont survenus chez 25 % des participants, aussi bien sous brénipatide que sous placebo. Nausées, vomissements et diarrhées sont restés légers, à l'exception de deux épisodes de nausées modérées, et aucun n'a conduit à un arrêt. Un résultat se distingue. Une dysesthésie, c'est-à-dire une sensation cutanée anormale comme une brûlure ou des picotements, a été signalée chez 15,2 % des personnes sous brénipatide et chez personne sous placebo. Tous les cas étaient légers sauf un, modéré ; tous ont disparu, et l'un d'eux a conduit à un arrêt. L'étude était petite et comptait surtout des hommes : ces taux restent provisoires.

Le programme d'essais. Une recherche sur ClinicalTrials.gov le 26 septembre 2026 fait apparaître douze études de phase 2 ou de phase 3 sur le brénipatide. Quatre études de phase 3 portent sur le trouble de l'usage de l'alcool et la dépression caractérisée. Quatre des huit études de phase 2 portent sur le trouble bipolaire, la schizophrénie, le trouble de l'usage des opioïdes et la rechute après l'arrêt du tabac. Les quatre autres concernent le syndrome de l'intestin irritable à constipation ou à diarrhée, l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette liste est un constat de registre : elle dit seulement ce qui est testé. Aucun résultat d'efficacité dans l'une de ces maladies n'a pu être trouvé.

VK2735 : ce qu'a testé l'étude de maintien

Le VK2735 de Viking Therapeutics est déjà en phase 3 dans l'obésité. VANQUISH-1 (NCT07104500) a recruté des personnes vivant avec une obésité, VANQUISH-2 (NCT07104383) des personnes vivant avec une obésité et un diabète de type 2. Selon la présentation de Viking, les deux essais ont atteint leur effectif complet, et les résultats sont attendus au second semestre 2027. Les données publiées le 22 septembre 2026 viennent d'une autre étude, VK2735-102, qui posait une question plus étroite. Quelle part du poids perdu peut-on conserver quand les injections s'espacent ?

La conception de l'étude. D'après Viking, environ 180 adultes avec un IMC d'au moins 30 et sans autre maladie importante y ont participé. Pendant la phase d'induction, tous les groupes traités ont reçu 21 injections hebdomadaires, avec une dose augmentée par paliers. Pendant la phase de maintien, de la semaine 21 à la semaine 33, la plupart des participants sont passés à un nouveau schéma. Quatre options étaient prévues : poursuite des injections hebdomadaires, dose plus faible toutes les deux semaines, dose une fois par mois, ou placebo. Une période de suivi de 5 semaines venait ensuite. ClinicalTrials.gov décrit VK2735-102 comme une étude de phase 1 en double aveugle contre placebo (NCT07838740). Les résultats publiés à ce jour couvrent sa première partie, consacrée uniquement aux injections.

L'induction. À la semaine 21, le poids moyen avait baissé de 16,3 % à 18,7 % dans les quatre groupes de dose, contre 0,1 % sous placebo. Le groupe le plus nombreux, le bras 17,5 mg avec 118 participants, avait perdu 17,8 %. La présentation de Viking recense 143 personnes sous VK2735 pesées à la semaine 21. Parmi elles, 90 % avaient perdu au moins un dixième de leur poids, contre aucune sous placebo. Pendant l'induction, 13 % des participants ont arrêté prématurément, dont 1 % à cause d'un effet indésirable. Sous VK2735, 42 % ont signalé des nausées, 27 % des vomissements, 20 % des diarrhées et 11 % une constipation. Viking qualifie son schéma de montée en dose d'accéléré.

La poursuite hebdomadaire. Un groupe de 13 personnes est resté dans le bras 17,5 mg avec des injections hebdomadaires jusqu'à la semaine 33. Leur perte de poids moyenne a atteint 21,7 %, tandis que le groupe placebo, 15 personnes, terminait 0,3 % au-dessus de son poids de départ. Viking indique que la courbe ne s'était pas encore aplatie. Avec seulement 13 personnes, ce chiffre reste incertain.

VK2735-102 : poids corporel dans le bras 17,5 mg et sous placebo
  • Bras 17,5 mg
  • Placebo
Variation du poids corporel−20−100051015202530SemainesPlaceboBras 17,5 mg
Seuls les points que Viking a publiés en chiffres sont représentés. La valeur de la semaine 21 porte sur les 118 personnes du bras d'induction 17,5 mg, celle de la semaine 33 sur les 13 qui ont poursuivi les injections hebdomadaires. Étude de phase 1, études distinctes, pas de comparaison directe. Source : Viking Therapeutics, présentation des premiers résultats, septembre 2026.
Tableau de données
SemainesBras 17,5 mgPlacebo
00%0%
21−17.8%−0.1%
33−21.7%0.3%

Le maintien. Viking exprime le résultat comme la part de la perte de poids de la semaine 21 encore présente à la semaine 33. Dans les bras toutes les deux semaines, elle atteignait 96,7 % pour le bras 10 mg, 89,9 % pour le bras 7,5 mg et 82,5 % pour le bras 5 mg. Dans les bras mensuels, elle était de 90,2 % pour le bras 17,5 mg et de 85,8 % pour le bras 20 mg. Suivaient les bras 22,5 mg, 15 mg et 10 mg, avec 84,9 %, 84,1 % et 82,3 %. Les personnes passées des injections hebdomadaires au placebo en ont conservé 61,1 % : en 12 semaines, elles ont repris près des deux cinquièmes du poids perdu. Chaque bras de maintien ne comptait que 10 à 16 participants, si bien que de petits écarts entre bras pèsent peu.

VK2735-102 : part de la perte de poids de la semaine 21 encore présente à la semaine 33
Toutes les 2 semaines, bras 10 mgn = 12
96.7%
Mensuel, bras 17,5 mgn = 11
90.2%
Toutes les 2 semaines, bras 7,5 mgn = 13
89.9%
Mensuel, bras 20 mgn = 14
85.8%
Mensuel, bras 22,5 mgn = 10
84.9%
Mensuel, bras 15 mgn = 14
84.1%
Toutes les 2 semaines, bras 5 mgn = 12
82.5%
Mensuel, bras 10 mgn = 16
82.3%
Passage au placebon = 27
61.1%

Phase de maintien de douze semaines après 21 semaines d'injections hebdomadaires, 10 à 16 personnes par bras. Étude de phase 1, bras distincts d'une même étude, pas de comparaison directe avec d'autres molécules. Source : Viking Therapeutics, présentation des premiers résultats, septembre 2026.

Les troubles digestifs ont nettement reculé pendant le maintien. Dans les bras toutes les deux semaines, 5 % des participants ont signalé des nausées et 3 % des vomissements, contre 0 % et 7 % sous placebo. Dans les bras mensuels, 4,5 % ont signalé des nausées et 8 % des vomissements. Selon Viking, ces taux ne différaient pas de manière notable de ceux du placebo. Une partie de ce recul était attendue : les personnes qui avaient mal toléré l'induction avaient déjà quitté l'étude avant la semaine 21.

Paysage stylisé où des sommets acérés et déchiquetés s'élèvent au-dessus de dunes basses et arrondies, près d'un lac calme

Énicépatide : les résultats dans le diabète de type 2

L'énicépatide, autrefois appelé CT-388, est arrivé chez Roche avec le rachat de Carmot Therapeutics. En janvier 2026, Roche a publié les résultats de l'essai NCT06525935, mené dans l'obésité chez des personnes sans diabète. À 48 semaines, la dose la plus élevée testée avait entraîné une perte de poids de 22,5 % par rapport au placebo selon l'estimand d'efficacité, ou de 18,3 % selon l'estimand du régime de traitement. Un estimand fixe la manière de compter les participants qui arrêtent ou changent de traitement. Deux essais de phase 3 dans l'obésité, ENITH-1 (NCT07351045) et ENITH-2 (NCT07351058), recrutent actuellement.

Le nouvel essai. Le 22 septembre 2026, Roche a publié une communication ad hoc sur CT-388-104 (NCT06628362). Cet essai de phase 2 randomisé, en double aveugle et contre placebo a duré 48 semaines chez 447 adultes vivant avec un diabète de type 2 et un surpoids ou une obésité. Selon Roche, il a atteint ses deux critères de jugement principaux, avec des baisses de la glycémie et du poids qui augmentaient avec la dose.

Les chiffres. Roche n'a publié de résultats d'efficacité que pour la dose la plus élevée testée, le bras 24 mg. L'HbA1c, reflet de la glycémie moyenne des derniers mois, a baissé de 2,65 points de pourcentage à partir d'une valeur de départ moyenne de 8,1 %. Chez les participants partis de plus de 8,5 %, elle a baissé de 4,13 points. À la semaine 48, 90 % de ce bras avaient une HbA1c inférieure ou égale à 6,5 %, et 62 % se situaient sous 5,7 %, la zone considérée comme normale. La perte de poids moyenne atteignait 15,5 % et, selon Roche, elle n'avait pas encore atteint de plateau. Sur l'ensemble des bras énicépatide, 2,0 % des participants ont arrêté le traitement à cause d'effets indésirables, contre personne sous placebo. Les effets digestifs étaient les plus fréquents, le plus souvent légers à modérés.

Ce que le communiqué laisse ouvert. Il ne précise pas si les 15,5 % et les 2,65 points sont corrigés du placebo, ni quel estimand a été utilisé. Les résultats sous placebo et les chiffres des doses plus faibles manquent. Chez les personnes diabétiques de type 2, la perte de poids est généralement plus faible que chez les personnes sans diabète, un schéma documenté aussi pour le tirzépatide. C'est pourquoi les 15,5 % ne peuvent pas être mis directement en regard des 22,5 % de l'essai dans l'obésité. Roche prévoit de lancer au premier semestre 2027 un programme de phase 3 sur le contrôle glycémique ainsi que des essais sur les événements cardiovasculaires.

Demi-vie, Tmax et tolérance : ce que suggère la pharmacocinétique

Deux valeurs pharmacocinétiques déterminent le comportement d'une injection hebdomadaire. La demi-vie est le temps nécessaire pour que la moitié de la molécule quitte l'organisme. Le Tmax est le délai entre l'injection et le taux sanguin le plus élevé. Une demi-vie longue associée à un Tmax tardif donne des taux sanguins plus réguliers, tandis qu'un Tmax court produit un pic plus marqué après chaque injection. Que des taux plus réguliers entraînent moins de troubles digestifs est une hypothèse avancée par plusieurs laboratoires. Elle n'a pas été testée dans une comparaison directe.

  • Tirzépatide. Selon la notice américaine, la demi-vie est d'environ 5 jours, et le taux maximal est atteint 8 à 72 heures après l'injection.
  • Brénipatide. Le poster indique une demi-vie moyenne de 9,08 à 12,5 jours. Aucune valeur de Tmax n'a pu être trouvée.
  • VK2735. L'annonce de phase 1 publiée par Viking en 2023 donne une demi-vie d'environ 170 à 250 heures après dose unique, soit à peu près 7 à 10 jours. Le Tmax était d'environ 75 à 90 heures.
  • Énicépatide. L'étude de phase 1 publiée par Chakravarthy et ses collègues rapporte une demi-vie de 123 à 139 heures après dose unique. Après doses répétées, elle était de 130 à 151 heures. Cela représente environ 5 à 6 jours, à peu près comme le tirzépatide. Le Tmax était d'environ 24 heures aux doses les plus fortes et de 72 heures à la plus faible dose unique.

Le graphique ci-dessous montre la borne haute de chaque fourchette publiée. Quand une source donne des jours, la valeur est convertie en heures : 12,5 jours deviennent ainsi 300 heures. Les fourchettes complètes figurent dans la liste ci-dessus et dans le tableau plus bas.

Demi-vie moyenne la plus longue rapportée, en heures
Brénipatidefourchette publiée 9,08–12,5 jours, doses hebdomadaires répétées, phase 1
300 h
VK2735fourchette publiée environ 170–250 heures, dose unique, phase 1
250 h
Énicépatidefourchette publiée 130–151 heures après doses répétées, 123–139 heures après dose unique, phase 1
151 h
Tirzépatideenviron 5 jours, notice américaine
120 h

Borne haute de chaque fourchette publiée, convertie en heures quand la source donne des jours. Le tirzépatide a une valeur unique d'environ 5 jours. Populations, doses et plans d'étude différents, études distinctes, pas de comparaison directe. Sources : notice américaine du tirzépatide ; poster Lilly P-175, Psych Congress 2026 ; Viking Therapeutics, mars 2023 ; Chakravarthy et al., Molecular Metabolism 2025.

Les données de tolérance des trois études ne se recoupent pas. Le taux de 25 % de troubles digestifs sous brénipatide a été mesuré dans un petit groupe composé surtout d'hommes, et le placebo atteignait le même taux. Pendant l'induction sous VK2735, les nausées et les vomissements ont été signalés bien plus souvent, dans une étude dont Viking qualifie la montée en dose d'accélérée. Pour l'énicépatide, aucun taux publié n'a encore pu être trouvé, seulement un chiffre d'arrêts de traitement. Une demi-vie plus longue pourrait expliquer une partie des écarts, mais la dose, la vitesse de montée en dose, la population et la durée des études pourraient en expliquer tout autant.

Ce qui est comparable et ce qui ne l'est pas

Le tableau résume ce que chaque laboratoire a publié. Chaque ligne concerne un produit en développement clinique.

BrénipatideVK2735Énicépatide
LaboratoireEli LillyViking TherapeuticsRoche
Phase la plus avancéePhase 3Phase 3Phase 3
Maladies dans les essais enregistrésTrouble de l'usage de l'alcool, dépression caractérisée (phase 3) ; huit autres troubles psychiatriques, addictions, maladies intestinales et respiratoires (phase 2)Obésité ; obésité avec diabète de type 2Obésité ou surpoids, avec ou sans diabète de type 2 (phase 3) ; diabète de type 2 avec surpoids ou obésité (phase 2)
Demi-vie9,08–12,5 joursenviron 170–250 heures après dose uniqueenviron 123–151 heures
Tmaxnon rapportéenviron 75–90 heuresenviron 24 heures aux doses les plus fortes
Dernières donnéesPoster de phase 1, Psych Congress, septembre 2026Étude de maintien de phase 1 VK2735-102 (NCT07838740), 22 septembre 2026Phase 2 dans le diabète de type 2, 22 septembre 2026
StatutAMM nulle partAMM nulle partAMM nulle part

Les résultats de poids disponibles en chiffres portent sur des populations et des durées différentes. Les 15,5 % de l'énicépatide ont été obtenus après 48 semaines chez des personnes diabétiques de type 2. Les 17,8 % et 21,7 % du VK2735 l'ont été après 21 et 33 semaines chez des personnes vivant avec une obésité mais sans diabète. Pour le brénipatide, le poster ne propose qu'un graphique, sans chiffre, et les injections ont duré jusqu'au jour 78, soit environ 11 semaines.

Variation du poids rapportée dans les études les plus récentes
Énicépatide, dose la plus élevée testéephase 2, diabète de type 2, 48 semaines, n = 447 au total dans cet essai
−15.5%
VK2735, bras 17,5 mg, semaine 21phase 1, obésité, 21 semaines, n = 118
−17.8%
VK2735, bras 17,5 mg, semaine 33phase 1, obésité, 33 semaines, n = 13
−21.7%

Études distinctes, pas de comparaison directe : populations, durées et méthodes d'analyse différentes. Le brénipatide ne figure pas, car Lilly n'a publié aucun chiffre exact. Sources : communication ad hoc de Roche, 22 septembre 2026 ; Viking Therapeutics, présentation des premiers résultats, septembre 2026.

Trois choses sont comparables. Les trois molécules agissent sur les deux mêmes récepteurs. Toutes trois sont conçues pour une injection hebdomadaire ou plus espacée. Et toutes trois restent, pour l'instant, des substances expérimentales sans AMM.

Trois choses ne le sont pas. D'abord les patients : des personnes diabétiques dans une étude, des personnes vivant avec une obésité dans une autre, et des personnes de poids normal dans une partie de la troisième. Ensuite la durée : 11 semaines d'injections pour le brénipatide, jusqu'à 33 semaines pour le VK2735 et 48 semaines pour l'énicépatide. Enfin la question posée par chaque étude. Lilly cherchait une fourchette de doses pour des maladies non métaboliques, Viking testait des schémas de maintien, et Roche le contrôle de la glycémie. Ces données ne permettent pas de classer les trois molécules. Il faudrait pour cela une comparaison directe au sein d'un même essai, et aucune n'a pu être trouvée.

Dans le sport, la question ne se pose pas, puisqu'aucune des trois n'a d'AMM. Les substances sans aucune autorisation publique pour un usage thérapeutique chez l'humain relèvent de la section S0 de la Liste des interdictions de l'AMA, qui s'applique en permanence. Notre dossier sur les peptides interdits dans le sport présente cette catégorie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le brénipatide ?

Le brénipatide, également désigné par le code LY3537031, est un agoniste double expérimental des récepteurs du GIP et du GLP-1, développé par Eli Lilly. Il n'a d'AMM nulle part. Les données d'une étude de phase 1 ont été présentées sous forme de poster au Psych Congress 2026. Selon Lilly, il est étudié dans les addictions, les troubles psychiatriques et les maladies immunologiques plutôt que pour le poids.

Dans quelles maladies le brénipatide est-il étudié dans les essais enregistrés ?

Au 26 septembre 2026, ClinicalTrials.gov recense douze études de phase 2 ou de phase 3 sur le brénipatide. Le trouble de l'usage de l'alcool et la dépression caractérisée sont étudiés en phase 3. Le trouble bipolaire, la schizophrénie, le trouble de l'usage des opioïdes, la rechute après l'arrêt du tabac, les deux principales formes du syndrome de l'intestin irritable, l'asthme et la BPCO sont étudiés en phase 2. Une inscription au registre montre ce qui est testé, pas que la molécule soit efficace dans l'une de ces maladies.

Qu'a testé l'étude de maintien du VK2735 ?

Viking a administré à environ 180 adultes vivant avec une obésité des injections hebdomadaires de VK2735 pendant 21 semaines. La plupart sont ensuite passés à l'un de plusieurs schémas de maintien de 12 semaines : poursuite des injections hebdomadaires, injection toutes les deux semaines, injection mensuelle ou placebo. La question était de savoir quelle part de la perte de poids de la semaine 21 subsisterait à la semaine 33.

Quelle part de la perte de poids a été conservée avec des injections de VK2735 plus espacées ?

Selon Viking, les bras toutes les deux semaines ont conservé entre 82,5 % et 96,7 % de leur perte de poids de la semaine 21 à la semaine 33. Les bras mensuels en ont conservé entre 82,3 % et 90,2 %, contre 61,1 % chez les personnes passées au placebo. Chaque bras ne comptait que 10 à 16 participants.

Qu'a annoncé Roche pour l'énicépatide dans le diabète de type 2 ?

Dans l'essai de phase 2 CT-388-104, d'une durée de 48 semaines, Roche a publié les résultats de la dose la plus élevée testée. L'HbA1c a baissé de 2,65 points de pourcentage à partir d'une valeur de départ de 8,1 %, et la perte de poids moyenne a atteint 15,5 %. Le communiqué ne précise pas si ces chiffres sont corrigés du placebo et ne donne aucun chiffre pour les doses plus faibles.

Comment les demi-vies du brénipatide, du VK2735 et de l'énicépatide se situent-elles par rapport au tirzépatide ?

La notice américaine attribue au tirzépatide une demi-vie d'environ 5 jours. Les valeurs publiées sont de 9,08 à 12,5 jours pour le brénipatide, d'environ 7 à 10 jours pour le VK2735 après dose unique, et d'environ 5 à 6 jours pour l'énicépatide. Ces chiffres proviennent de plans d'étude différents : ils indiquent une tendance plutôt qu'un classement exact.

Le brénipatide, le VK2735 ou l'énicépatide sont-ils autorisés, et permis dans le sport ?

Aucune des trois molécules n'a d'AMM, où que ce soit. Les substances sans aucune autorisation publique pour un usage thérapeutique chez l'humain relèvent de la section S0 de la Liste des interdictions de l'AMA, qui s'applique en permanence.

Sources

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Cet article est fourni à titre purement informatif et ne remplace pas un avis médical. myPeptides ne donne aucune recommandation de dosage.