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Tirzépatide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Le statut en bref

MarchéStatutDate
États-UnisAutorisé, sur ordonnance2022-05-13
Union européenneAutorisé, sur ordonnance2022-09-15
AllemagneAutorisé, sur ordonnance2022-09-15
Royaume-UniAutorisé, sur ordonnance2023-11-08
AustralieAutorisé, sur ordonnance2023-07-10
CanadaAutorisé, sur ordonnance2022-11-24
SuisseAutorisé, sur ordonnance2022-11-02
Stade de développement
Autorisé
Meilleur niveau de preuve
Essai randomisé de phase 3
Statut AMA
Non listé
Dernière vérification
2026-09-06
Version
1.0

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Tirzépatide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Résumé

Le tirzépatide est un peptide fabriqué en laboratoire : une seule molécule y imite deux hormones que l'intestin libère au moment des repas, le GIP et le GLP-1. Huit marchés l'ont autorisé, le premier en mai 2022, et partout il faut une ordonnance. Dans le plus grand essai mené contre l'obésité, les participants ont perdu en moyenne 20,9 % de leur poids en 72 semaines. L'essai consacré aux accidents cardiaques a fait aussi bien qu'un traitement de référence, sans faire mieux. Aux États-Unis, les deux notices portent l'avertissement le plus grave que connaisse l'agence du médicament, à cause de tumeurs de la thyroïde apparues chez le rat.

L'essentiel en bref

  • Huit marchés l'ont autorisé, et partout il faut une ordonnance. L'agence américaine du médicament a ouvert la marche le 13 mai 2022, l'Union européenne a suivi le 15 septembre 2022 [1], [2], [9].
  • 20,9 % de poids en moins après 72 semaines. C'est ce qu'ont perdu, en moyenne, 2 539 adultes obèses et sans diabète qui recevaient la dose la plus forte testée dans l'essai SURMOUNT-1. Avec une injection sans substance active, la perte s'arrêtait à 3,1 % [4].
  • Une glycémie nettement plus basse après 40 semaines. Chez 1 879 adultes atteints de diabète de type 2, la valeur qui reflète la glycémie des deux à trois derniers mois a baissé de 2,30 points, contre 1,86 point sous sémaglutide dans le même essai [20].
  • Aucun avantage démontré pour le cœur. Dans l'essai SURPASS-CVOT, le tirzépatide n'a pas fait mieux que le dulaglutide : le risque était inférieur de 8 %, mais l'écart pouvait s'expliquer par le hasard (rapport de risques 0,92, fourchette de 0,83 à 1,01 ; p = 0,09) [3].
  • 20,0 et 23,8 pauses respiratoires de moins par heure de sommeil. Deux essais menés en parallèle ont suivi pendant 52 semaines 469 adultes qui souffraient à la fois d'obésité et d'apnée du sommeil [6].
  • Un avertissement encadré au sujet de tumeurs de la thyroïde chez le rongeur. Les deux notices américaines laissent ouverte la question de savoir si le risque existe aussi chez l'être humain [1], [5].
  • La substance n'est pas interdite dans le sport. Elle est absente de la liste des interdictions 2026, mais elle est surveillée statistiquement depuis le 1er janvier 2026 [10], [11].

Ce qu'est le tirzépatide

Le tirzépatide est un peptide de synthèse, c'est-à-dire une petite protéine fabriquée en laboratoire, longue de 39 acides aminés. Le laboratoire Eli Lilly l'a mis au point sous le nom de code LY3298176 [1]. Sa structure ne reprend pas celle du GLP-1, comme le font les médicaments plus anciens de cette famille, mais celle d'une autre hormone intestinale, le polypeptide insulinotrope glucodépendant, que tout le monde abrège en GIP. Cette molécule unique se fixe sur les capteurs des deux hormones et les met en marche. Deux noms commerciaux recouvrent la même substance active : Mounjaro et Zepbound [2], [17].

Une longue chaîne grasse à 20 carbones, fixée sur le 20e acide aminé de la chaîne, la lysine 20, lui permet de voyager dans le sang attachée à l'albumine, la protéine de transport la plus abondante du plasma. Le produit met de ce fait environ cinq jours à être éliminé pour moitié, ce qui suffit à espacer les injections d'une semaine [1]. On lit parfois le mot familier de « twincrétine » dans la littérature. Ce n'est pas un terme scientifique reconnu [12].

Fiche signalétique

ChampValeurRéf.
Nom officiel de la substancetirzépatide[1]
Nom de code pendant le développementLY3298176[1]
FamilleImite deux hormones de l'intestin, le GIP et le GLP-1[1], [9]
Structure39 acides aminés, chaîne grasse à 20 carbones fixée sur la lysine 20, extrémité modifiée[1]
Formule et masseC225H348N48O68, 4 813,53 Da[1], [12]
Temps pour éliminer la moitié du produitEnviron 5 jours[1]
Mode d'administrationInjection sous la peau, une fois par semaine[1]
StatutAutorisé, sur ordonnance, dans huit marchés[2], [9]
LaboratoireEli Lilly and Company[1]
Code de classement des médicaments (ATC)A10BX16[9]
Numéro d'enregistrement chimique (CAS)2023788-19-2[12]
Identifiant UNIIOYN3CCI6QE[14]
Fiche PubChem166567236 ; Wikidata renvoie à la fiche divergente 156588324[12], [13]
Empreinte chimique InChIKeyBTSOGEDATSQOAF-MCNPHUAVSA-N[12]
Fiche ChEMBLCHEMBL4297839, stade de développement le plus avancé atteint : médicament autorisé[15]
Fiche DrugBankDB15171[16]
Identifiant MeSHD000098860[13]
Identifiant WikidataQ108324770[13]

Tirzépatide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Comment il agit

Pour un produit encore en développement, le mode d'action reste souvent une hypothèse. Ici, ce n'est pas le cas : la notice approuvée le décrit noir sur blanc, parce qu'il a été étudié en même temps que les essais cliniques [1].

  • Le capteur du GIP. Le tirzépatide s'y fixe et l'active. Ce que cette partie apporte à elle seule reste discuté, car aucun essai du programme n'a été conçu pour séparer l'effet des deux capteurs [1].
  • Le capteur du GLP-1. Quand il est activé, l'estomac se vide plus lentement et l'appétit diminue [1].
  • Insuline et glucagon. La notice décrit une libération d'insuline renforcée, tôt puis plus tard après le repas, et une baisse du glucagon, l'hormone qui fait au contraire monter la glycémie. Les deux effets ne se produisent que si la glycémie est élevée [1].
  • Ce que le corps fait du produit. Environ 80 % de la dose injectée rejoint la circulation, et 99 % de ce qui circule voyage attaché aux protéines du sang. L'organisme démonte ensuite la molécule morceau par morceau, comme il le fait des protéines de l'alimentation [1].

Les médicaments plus anciens de la famille, comme le sémaglutide, le dulaglutide et le liraglutide, n'agissent que sur le capteur du GLP-1. Le tirzépatide en occupe deux, à partir d'une structure empruntée au GIP [1].

Ce que montrent les essais

Poids

Essai tiré au sort, grande ampleur SURMOUNT-1 a réparti au hasard 2 539 adultes obèses et sans diabète entre le traitement et une injection sans substance active, pendant 72 semaines. Ils pesaient au départ 104,8 kg en moyenne. Selon les trois doses testées, le poids a reculé de 15,0 %, 19,5 % et 20,9 %, contre 3,1 % dans le groupe de comparaison. Perdre au moins 5 % de son poids a été le lot de 85 %, 89 % et 91 % des participants traités, contre 35 % en face [4].

SURMOUNT-1, poids corporel à 72 semaines
Sans substance active
−3.1%
Dose la plus faible testée
−15%
Dose intermédiaire testée
−19.5%
Dose la plus forte testée
−20.9%

Essai tiré au sort de grande ampleur, 2 539 adultes obèses et sans diabète, 72 semaines, poids de départ de 104,8 kg en moyenne. Source [4].

Essai tiré au sort, grande ampleur SURMOUNT-2 a inclus 938 adultes qui souffraient à la fois d'obésité et de diabète de type 2. Après 72 semaines, le poids avait baissé de 12,8 % et de 14,7 % selon la dose. Chez ces personnes, l'effet reste plus faible que dans SURMOUNT-1, ce qui a déjà été observé avec les autres médicaments de la famille. Les deux séries de chiffres ne sont donc pas comparables telles quelles [21].

Essai tiré au sort avec arrêt du traitement SURMOUNT-4 a d'abord traité 670 adultes pendant 36 semaines, tout le monde sachant ce qu'il recevait, puis a tiré au sort qui continuait et qui passait à une injection sans substance active pour 52 semaines de plus. Entre la semaine 36 et la semaine 88, ceux qui poursuivaient ont encore perdu 5,5 % de leur poids, tandis que les autres en reprenaient 14,0 %. L'écart entre les deux groupes atteint donc 19,4 points [22].

Essai tiré au sort, sans aveugle SURMOUNT-5 a opposé le tirzépatide au sémaglutide chez 751 adultes obèses et sans diabète. À la semaine 72, le poids avait baissé de 20,2 % d'un côté contre 13,7 % de l'autre, et le tour de taille de 18,4 cm contre 13,0 cm [23]. Dans cet essai, participants et médecins savaient tous qui recevait quel produit, ce qui peut influencer la façon dont chacun apprécie les résultats.

Glycémie

Essai tiré au sort, grande ampleur SURPASS-1 a suivi pendant 40 semaines 478 adultes atteints de diabète de type 2 qui ne prenaient encore aucun médicament pour cela. La valeur qui reflète la glycémie moyenne des deux à trois derniers mois, appelée hémoglobine glyquée, partait de 7,9 %. Elle a chuté de 1,87 à 2,07 points selon la dose, alors qu'elle montait de 0,04 point dans le groupe sans substance active. Descendre sous le seuil de 7,0 % a été atteint par 87 à 92 % des participants traités, contre 20 % en face [19].

Essai tiré au sort, sans aveugle SURPASS-2 a inclus 1 879 adultes qui prenaient déjà de la metformine. Sur les trois doses, l'hémoglobine glyquée a reculé de 2,01, 2,24 et 2,30 points, contre 1,86 point sous sémaglutide. Les trois écarts sont trop nets pour venir du hasard. Sur le poids, l'avantage face au sémaglutide était de 1,9 kg, 3,6 kg et 5,5 kg [20].

Accidents cardiaques et vasculaires

Essai tiré au sort contre un traitement établi SURPASS-CVOT a réparti 13 299 adultes qui avaient un diabète de type 2 et des artères déjà encrassées par des dépôts. Le suivi a duré 210,1 semaines en médiane, soit un peu plus de quatre ans. Un accident du type recherché, infarctus, accident vasculaire cérébral ou décès d'origine cardiaque, est survenu chez 801 des 6 586 participants sous tirzépatide, soit 12,2 %. Sous dulaglutide, un médicament plus ancien de la même famille, il s'agissait de 862 personnes sur 6 579, soit 13,1 %. Le risque était donc inférieur de 8 % dans le groupe tirzépatide, mais la fourchette des valeurs compatibles avec ce résultat allait de 17 % de risque en moins à 1 % de risque en plus (rapport de risques 0,92, intervalle de confiance à 95,3 % de 0,83 à 1,01) [3].

L'essai ne cherchait d'ailleurs pas d'abord à montrer une supériorité : son but principal était d'établir que le tirzépatide ne faisait pas moins bien que le dulaglutide, ce qui est acquis sans ambiguïté (p = 0,003). La question de savoir s'il fait mieux a bien été posée en second, et la réponse est non : l'écart observé pouvait encore s'expliquer par le hasard (p = 0,09) [3]. C'est pourtant sur ce résultat que repose l'indication cardiovasculaire ajoutée aux États-Unis en août 2026. La comparaison ne se faisait pas contre une injection vide, mais contre un vrai traitement [2], [29].

SURPASS-CVOT, accidents cardiaques et vasculaires après 210,1 semaines en médiane
Dulaglutide862 sur 6 579
13.1%
Tirzépatide801 sur 6 586
12.2%

Essai tiré au sort contre un traitement établi, 13 299 adultes atteints de diabète de type 2 dont les artères portaient déjà des dépôts, suivi de 210,1 semaines en moyenne. Rapport de risques 0,92, intervalle de confiance à 95,3 pour cent de 0,83 à 1,01, soit 8 pour cent de risque en moins avec une fourchette qui va de 17 pour cent en moins à 1 pour cent en plus : le tirzépatide ne fait pas moins bien que le dulaglutide, sans faire mieux (p = 0,09). Source [3].

Insuffisance cardiaque

Essai tiré au sort, grande ampleur SUMMIT a réparti 731 personnes qui souffraient à la fois d'insuffisance cardiaque et d'obésité, observées 104 semaines en médiane. Pour participer, il fallait que le cœur expulse encore au moins 50 % du sang contenu dans le ventricule gauche à chaque battement, et présenter un indice de masse corporelle d'au moins 30. Un décès d'origine cardiaque ou une aggravation de l'insuffisance cardiaque est survenu chez 36 des 364 participants traités, soit 9,9 %, contre 56 sur 367 dans le groupe de comparaison, soit 15,3 %. Le risque était donc réduit d'environ un tiers, avec une fourchette de réduction allant de 5 à 59 % (rapport de risques 0,62, de 0,41 à 0,95) [7].

Ce résultat tient presque entièrement à la partie insuffisance cardiaque, dont le rapport de risques atteint 0,54. Pour les décès d'origine cardiaque, la tendance s'inverse même : 8 dans le groupe traité contre 5 en face. Ces nombres sont bien trop petits pour dire quoi que ce soit de la mortalité [7].

Apnée du sommeil

Essai tiré au sort, grande ampleur SURMOUNT-OSA réunissait deux essais menés en parallèle contre une injection sans substance active, sur 52 semaines. Ensemble, ils portaient sur 469 adultes qui cumulaient obésité et apnée du sommeil modérée à sévère, c'est-à-dire des pauses respiratoires répétées pendant la nuit. Au départ, ces pauses survenaient 51,5 et 49,5 fois par heure de sommeil. À la semaine 52, il y en avait 20,0 puis 23,8 de moins par heure que dans le groupe de comparaison, d'abord chez les personnes sans appareil respiratoire nocturne, ensuite chez celles qui en utilisaient un [6].

Foie

Essai tiré au sort, ampleur moyenne SYNERGY-NASH a suivi pendant 52 semaines 190 adultes chez qui un prélèvement de foie avait confirmé une maladie où la graisse s'accompagne d'inflammation et de cicatrices déjà installées. Sur les 157 prélèvements exploitables en fin d'essai, l'inflammation avait disparu sans que les cicatrices s'aggravent chez 44 %, 56 % et 62 % des participants selon la dose, contre 10 % dans le groupe sans substance active [8]. C'est le résultat le moins solide de toute la page, et le grand essai censé le confirmer recrute encore des participants [24].

Ce qui reste inconnu

  • L'avantage pour le cœur. La question de savoir si le tirzépatide fait mieux que le dulaglutide a été posée, et la réponse reste ouverte [3].
  • Ce qu'apporte la partie GIP. Aucun essai n'a séparé l'effet des deux capteurs [1].
  • Le résultat sur le foie. Il repose sur un seul essai de taille moyenne, avec des prélèvements de foie et peu de participants [8], [24].
  • La sécurité sur de longues années. Le suivi le plus long publié atteint 210,1 semaines en médiane, soit à peine plus de quatre ans [3].
  • Comment lire les comparaisons directes. Dans les deux essais qui opposaient tirzépatide et sémaglutide, tout le monde savait qui recevait quoi [20], [23].

Effets indésirables et sécurité

Les troubles digestifs dominent nettement. Ils apparaissent tôt et constituent la première raison d'arrêter le traitement. Les chiffres ci-dessous viennent des essais consacrés au poids, réunis dans la notice américaine, où 3 477 personnes traitées sont comparées à des personnes recevant une injection sans substance active [5].

Effet observéTirzépatideSans substance active
Nausées25–29 %8 %
Diarrhée19–23 %8 %
Constipation11–17 %5 %
Vomissements8–13 %2 %
Douleurs au ventre9–10 %5 %
Digestion difficile9–10 %4 %
Réactions à l'endroit de l'injection6–8 %2 %
Fatigue5–7 %3 %
Réactions allergiques5 %3 %
Chute des cheveux4–5 %1 %
Troubles digestifs de toutes sortes56 %30 %
Arrêt du traitement pour effet indésirable4,8–6,7 %3,4 %

Les notices et le programme d'essais retiennent en outre les points suivants.

  • Un avertissement encadré au sujet de tumeurs de la thyroïde. Chez le rat, mâle comme femelle, le tirzépatide provoque des tumeurs d'un type particulier de cellules thyroïdiennes, les cellules C, d'autant plus souvent que la dose est forte et le traitement long, et cela déjà à des quantités comparables à celles utilisées chez l'être humain. Les notices laissent ouverte la question de savoir ce que cela signifie pour nous [1], [5].
  • Personnes auxquelles le médicament est interdit. Celles qui ont eu, elles-mêmes ou dans leur famille, un cancer médullaire de la thyroïde, celles qui portent une maladie héréditaire rare des glandes hormonales appelée néoplasie endocrinienne multiple de type 2, et celles qui ont déjà fait une réaction allergique grave au produit [1], [5].
  • Situations qui appellent une surveillance. Troubles digestifs sévères, inflammation aiguë du pancréas, défaillance des reins provoquée par la déshydratation, problèmes de vésicule biliaire, chute dangereuse de la glycémie quand le produit est associé à l'insuline ou à certains comprimés antidiabétiques, aggravation des lésions de la rétine chez les diabétiques, et passage du contenu de l'estomac dans les poumons lors d'une anesthésie [1], [5].
  • Un stylo injecteur ne se partage pas. Les notices le rappellent même si l'on change d'aiguille, à cause du risque de transmettre une infection [1], [5].
  • Dans la comparaison directe menée chez des diabétiques, la tolérance se valait. SURPASS-2 rapportait des nausées chez 17 à 22 % des personnes sous tirzépatide, contre 18 % sous sémaglutide [20].

Deux inconnues méritent d'être nommées clairement. Personne ne sait ce que les tumeurs thyroïdiennes du rongeur signifient pour l'être humain, et c'est précisément pour cette raison que l'avertissement est formulé comme une question ouverte. Par ailleurs, on ne dispose d'aucune donnée de sécurité au-delà des durées de suivi des essais [1], [3].

Pourquoi cette page ne donne pas de posologies

Le tirzépatide exige une ordonnance dans chacun des marchés qui l'ont autorisé. Le choix de la dose qui convient à une personne donnée revient à la notice approuvée et au médecin qui prescrit. Cette page se contente donc de parler de dose la plus faible, intermédiaire ou la plus forte parmi celles qui ont été testées, et de rapporter ce qui a été mesuré à chaque palier.

Développement et statut réglementaire

Chronologie des autorisations et des données

  1. 2021Les quatre premiers essais SURPASS dans le diabète de type 2 publient leurs résultatsRéf. [19], [20]
  2. 2022Autorisations : les États-Unis le 13 mai, Union européenne le 15 septembre, Suisse le 2 novembre, Canada le 24 novembreSURMOUNT-1 paraît, réf. [2], [4], [9], [27], [28]
  3. 2023Autorisation contre le surpoids : Royaume-Uni en novembre, Union européenne en décembreRéf. [17], [18], [25]
  4. 2024Les États-Unis ajoutent en décembre une indication contre les apnées du sommeilSURMOUNT-OSA et SYNERGY-NASH paraissent, réf. [6], [8], [17]
  5. 2025SUMMIT, SURMOUNT-5 et SURPASS-CVOT paraissent ; le diabète devient une indication ouverte aux enfants dès 10 ansRéf. [2], [3], [7], [23]
  6. 27 août 2026Les États-Unis autorisent une indication visant à réduire le risque cardiovasculaireRéf. [2], [29]
  • 2021 — les quatre premiers essais SURPASS dans le diabète de type 2 publient leurs résultats [19], [20].
  • 2022 — les États-Unis autorisent le médicament le 13 mai, l'Union européenne le 15 septembre, la Suisse le 2 novembre et le Canada le 24 novembre ; SURMOUNT-1 paraît [2], [4], [9], [27], [28].
  • 2023 — le Royaume-Uni autorise l'indication contre l'excès de poids en novembre, l'Union européenne en décembre [17], [18], [25].
  • 2024 — SURMOUNT-OSA et SYNERGY-NASH paraissent, et les États-Unis ajoutent en décembre l'indication contre l'apnée du sommeil [6], [8], [17].
  • 2025 — SUMMIT, SURMOUNT-5 et SURPASS-CVOT paraissent, et l'indication contre le diabète est étendue aux enfants dès 10 ans [2], [3], [7], [23].
  • 2026 — les États-Unis autorisent une indication visant à réduire le risque cardiovasculaire, avec le 27 août pour date de référence [2], [29].
Pays ou régionStatutDepuis
États-UnisAutorisé2022-05-13
Union européenneAutorisé2022-09-15
AllemagneAutorisé2022-09-15
Royaume-UniAutorisé2022-09
AustralieEnregistré2023-07-10
CanadaAutorisé2022-11-24
SuisseAutorisé2022-11-02

Le huitième marché est le Japon. Le rapport d'évaluation situe en septembre 2022 l'autorisation contre le diabète de type 2, et la commission compétente a validé la demande portant sur l'obésité le 2 décembre 2024 [18]. Chaque ligne du tableau reflète la situation au 6 septembre 2026, et dans tous ces marchés le médicament ne se délivre que sur ordonnance [2], [9], [18], [25], [26], [27], [28].

Le remboursement est une tout autre question. En Allemagne, l'indication contre l'excès de poids est classée parmi les médicaments dits de confort. L'assurance maladie ne la prend pas en charge et elle se prescrit sur ordonnance privée, à la charge du patient. L'indication contre le diabète, elle, ouvre droit au remboursement [33], [34]. Le cadre juridique plus large est expliqué sur les pages consacrées à la légalité des peptides et aux peptides autorisés par la FDA.

Antidopage

Dans le sport, le tirzépatide n'est pas interdit. Il ne figure pas sur la liste des substances interdites pour 2026, ni pendant les compétitions ni en dehors, et aucune autorisation spéciale pour raison médicale n'est donc nécessaire à ce titre [10]. Depuis le 1er janvier 2026, il fait partie du programme de surveillance, un relevé qui sert à observer les habitudes de consommation sans qu'aucune sanction en découle [11], [35]. La vue d'ensemble pour toute cette famille de substances figure sous peptides interdits dans le sport.

Comparaison avec des peptides voisins

PeptideHormones imitéesStatutMeilleur résultat de poids dans son propre essaiTemps d'élimination de moitié
TirzépatideGIP, GLP-1Autorisé dans huit marchés−20,9 % en 72 semaines, SURMOUNT-1, 2 539 participants [4]~5 jours [1]
RétatrutideGIP, GLP-1, glucagonEn cours d'essais de grande ampleur, autorisé nulle part−24,2 % en 48 semaines, essai de taille moyenne, 338 participants [36]~6 jours [36]
SémaglutideGLP-1Autorisé dans de nombreux pays−14,9 % en 68 semaines, STEP 1, 1 961 participants [37]Non précisé ici
LiraglutideGLP-1Autorisé dans de nombreux pays−8,0 % en 56 semaines, SCALE, 3 731 participants [38]Non précisé ici
CagriSemaGLP-1 et amylineRésultats de grande ampleur publiés−22,7 % en 68 semaines chez les participants qui ont suivi le traitement, REDEFINE 1, 3 417 participants [39]Non précisé ici

Ces cinq chiffres proviennent de cinq essais différents, avec des participants, des durées et des poids de départ qui ne se recoupent pas. La colonne compare donc des essais, et non des médicaments. Seule la comparaison avec le sémaglutide a eu lieu face à face, dans SURPASS-2 et SURMOUNT-5, et dans les deux cas chacun savait ce qu'il recevait [20], [23].

Meilleur résultat de poids obtenu par chaque médicament dans son propre essai
Rétatrutideessai moyen, 48 semaines, 338 participants
−24.2%
CagriSemaREDEFINE 1, 68 semaines, 3 417 participants
−22.7%
TirzépatideSURMOUNT-1, 72 semaines, 2 539 participants
−20.9%
SémaglutideSTEP 1, 68 semaines, 1 961 participants
−14.9%
LiraglutideSCALE, 56 semaines, 3 731 participants
−8%

Essais différents, aucune comparaison directe possible : les participants, les durées, les poids de départ et les méthodes de calcul diffèrent. Sources [4], [36], [37], [38], [39].

Deux de ces voisins ne diffèrent pas seulement par l'ampleur de l'effet, mais par leur nature même. Le rétatrutide imite une troisième hormone, le glucagon, et n'est autorisé nulle part [36]. CagriSema associe deux produits, un imitateur du GLP-1 et un imitateur de l'amyline, une hormone du pancréas : il agit donc sur deux systèmes hormonaux différents, et non sur deux capteurs d'une même famille [39].

Idées reçues fréquentes

  • « Le tirzépatide et le sémaglutide, c'est la même chose. » Ce sont deux substances différentes, chacune avec ses propres autorisations. L'une imite le GLP-1, l'autre imite le GIP et le GLP-1 à partir d'une structure empruntée au GIP [1], [20].
  • « Les deux noms commerciaux américains recouvrent des produits différents. » C'est la même substance, déposée sous deux dossiers. L'un couvre le diabète et le risque cardiovasculaire, l'autre l'obésité et l'apnée du sommeil [2], [17].
  • « L'autorisation cardiovasculaire prouve que le produit fait mieux que les autres. » SURPASS-CVOT cherchait d'abord à montrer que le tirzépatide ne faisait pas moins bien que le dulaglutide. Ce point est acquis. La supériorité, elle, n'a pas été démontrée [3].
  • « Une préparation faite en pharmacie, c'est le même médicament. » Ces préparations ne passent par aucune procédure d'autorisation. Après les délais de février et mars 2025, l'agence américaine a cessé de les tolérer [30], [31], [32].
  • « C'est un peptide de recherche comme ceux qui ne sont autorisés nulle part. » Huit marchés l'ont autorisé et partout il faut une ordonnance. Se le procurer en dehors de ce circuit enfreint la loi sur les médicaments, sans zone grise possible [2], [9].
  • « La substance est interdite dans le sport. » Elle ne figure pas sur la liste des interdictions 2026. Le programme de surveillance est un dispositif tout à fait distinct et n'entraîne aucune sanction [10], [11].

Questions fréquentes

Le tirzépatide est-il un médicament sur ordonnance ?

Oui, dans chacun des pays traités ici. Les autorités ont délivré une autorisation complète aux États-Unis, dans l'Union européenne, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, au Canada, en Suisse et au Japon. Partout, il faut une ordonnance pour se le procurer. En dehors de ce circuit, on ne se trouve pas dans une zone grise : on enfreint la loi sur les médicaments.

Quelle perte de poids les essais sur le tirzépatide ont-ils mesurée ?

Dans l'essai SURMOUNT-1, les participants ont perdu en moyenne 20,9 % de leur poids en 72 semaines avec la dose la plus forte testée, contre 3,1 % avec une injection sans substance active. L'essai portait sur 2 539 adultes obèses qui n'avaient pas de diabète. Chez des adultes qui avaient en plus un diabète de type 2, la perte a été plus modeste : 14,7 % dans l'essai SURMOUNT-2.

Qu'est-ce qui distingue le tirzépatide du sémaglutide ?

Le sémaglutide imite une seule hormone, le GLP-1. Le tirzépatide en imite deux, le GIP et le GLP-1, et sa structure chimique est dérivée du GIP. Deux essais les ont comparés directement, sans que personne ignore qui recevait quoi, et les deux ont tourné à l'avantage du tirzépatide : SURPASS-2 pour la glycémie et SURMOUNT-5 pour le poids, avec 20,2 % de poids en moins contre 13,7 % à la semaine 72.

Le tirzépatide a-t-il réduit les accidents cardiovasculaires dans le grand essai qui les a mesurés ?

L'essai SURPASS-CVOT a montré que le tirzépatide ne faisait pas moins bien que le dulaglutide, un traitement déjà établi, mais il n'a pas montré qu'il faisait mieux. Chez 13 299 adultes suivis 210,1 semaines en médiane, soit un peu plus de quatre ans, le risque était inférieur de 8 % dans le groupe tirzépatide, un écart trop petit pour être tenu pour certain : la fourchette de valeurs compatibles avec le résultat allait de 17 % de risque en moins à 1 % de risque en plus (rapport de risques 0,92, de 0,83 à 1,01 ; test de supériorité p = 0,09). C'est sur cet essai que repose l'indication américaine de 2026.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents du tirzépatide ?

Des nausées, de la diarrhée, des vomissements et de la constipation, surtout au début du traitement et d'autant plus que la dose est élevée. Dans les essais consacrés au poids, réunis dans la notice américaine, 25 à 29 % des personnes traitées ont eu des nausées, contre 8 % avec une injection sans substance active. Les troubles digestifs de toutes sortes ont touché 56 % des personnes traitées contre 30 %, et 4,8 à 6,7 % des participants ont arrêté le traitement à cause d'un effet indésirable.

Que dit l'avertissement encadré qui figure sur les notices du tirzépatide ?

Les deux notices américaines commencent par un encadré consacré à des tumeurs d'un type particulier de cellules de la thyroïde, les cellules C. Chez le rat, mâle comme femelle, le tirzépatide provoque ces tumeurs, d'autant plus souvent que la dose est forte et le traitement long, et cela à des quantités comparables à celles utilisées chez l'être humain. Personne ne sait si le même risque existe chez nous. Le médicament est interdit aux personnes qui ont eu, elles-mêmes ou dans leur famille, un cancer médullaire de la thyroïde ou une maladie héréditaire rare des glandes hormonales appelée néoplasie endocrinienne multiple de type 2.

Pourquoi cette page ne donne-t-elle pas de doses de tirzépatide ?

Parce que le tirzépatide exige une ordonnance partout où il est autorisé. Le choix de la dose revient à la notice approuvée et au médecin qui prescrit. Cette page se contente donc de parler de dose la plus faible, intermédiaire ou la plus forte parmi celles qui ont été testées, et de rapporter ce qui a été mesuré à chaque palier.

Le tirzépatide est-il interdit dans le sport ?

Non. Il ne figure pas sur la liste des substances interdites de l'Agence mondiale antidopage pour 2026, ni pendant les compétitions ni en dehors. Aucune autorisation spéciale pour raison médicale n'est donc nécessaire au titre de cette liste. Depuis le 1er janvier 2026, le tirzépatide fait partie du programme de surveillance, un simple relevé statistique qui n'entraîne aucune sanction.

Une préparation de tirzépatide faite en pharmacie vaut-elle le médicament autorisé ?

Non. Ces préparations ne passent par aucune procédure d'autorisation et personne n'examine leur efficacité, leur qualité et leur sécurité de la même manière. Le 19 décembre 2024, l'agence américaine du médicament a déclaré la pénurie terminée et laissé un délai jusqu'au 18 février puis au 19 mars 2025. Après ces dates, elle a cessé de tolérer ces préparations.

Que reste-t-il inconnu à propos du tirzépatide ?

On ignore si les tumeurs de la thyroïde vues chez le rongeur concernent aussi l'être humain, ce que la partie GIP apporte à elle seule et si le résultat obtenu sur le foie tiendra dans un essai de grande ampleur. Le recul manque également au-delà des durées observées : le suivi le plus long atteint 210,1 semaines en médiane, soit un peu plus de quatre ans.

Sources

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Les informations rassemblées ici ont été vérifiées le 6 septembre 2026, et les recherches dans les registres officiels qui alimentent le tableau des statuts ont été faites ce jour-là. Les indications et les notices d'un médicament autorisé changent avec le temps, si bien que la version et la date comptent autant que le contenu.

myPeptides Research & Editing. (2026). Tirzépatide : ce que montrent les essais, statut et sécurité. Version 1.0, 6 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/tirzepatide

La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est expliquée sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.

VersionDateModification
1.02026-09-06Première publication

Dernière vérification : 6 septembre 2026. Prochaine revue : dès qu'une notice change dans l'un des marchés couverts, dès que le grand essai sur le foie publie ses résultats, ou dès que le classement antidopage évolue.

Identifiants

IdentifiantValeur
Numéro CAS2023788-19-2
CID PubChem166567236
UNIIOYN3CCI6QE
InChIKeyBTSOGEDATSQOAF-MCNPHUAVSA-N
DrugBankDB15171
ChEMBLCHEMBL4297839
WikidataQ108324770
Formule bruteC225H348N48O68
Masse moléculaire4813.53

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myPeptides Research & Editing (2026). Tirzépatide : ce que montrent les essais, statut et sécurité (Version 1.0). myPeptides. https://mypep.app/fr/peptides/tirzepatide

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