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Rétatrutide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Le statut en bref

MarchéStatutDate
États-UnisEn essai clinique
Union européenneEn essai clinique
AllemagneEn essai clinique
Royaume-UniEn essai clinique
AustralieEn essai clinique
CanadaEn essai clinique
SuisseEn essai clinique
Stade de développement
Phase 3
Meilleur niveau de preuve
Essai randomisé de phase 2
Statut AMA
Interdit (S0, 2026)
Dernière vérification
2026-09-06
Version
1.0

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Rétatrutide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Résumé

Le rétatrutide est un peptide encore à l'essai qui imite trois hormones à la fois. Dans une étude de taille moyenne, les participants ont perdu 24,2 % de leur poids en 48 semaines. Les grands essais annoncent davantage, mais uniquement par communiqués du laboratoire. Aucune autorité sanitaire ne l'a autorisé, et aucune étude terminée ne montre qu'il évite les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux.

L'essentiel en bref

  • 24,2 % de poids en moins en 48 semaines. C'est ce qu'ont obtenu, avec la dose la plus forte, 338 adultes vivant avec une obésité dans une étude où le traitement était tiré au sort. Ceux qui recevaient une injection sans substance active, ce qu'on appelle un placebo, n'ont perdu que 2,1 % [1].
  • 28,3 % en 80 semaines dans un grand essai. TRIUMPH-1 a réparti au hasard 2 339 adultes. Le chiffre provient d'un communiqué du laboratoire, et non d'une revue scientifique [2].
  • Une glycémie nettement plus basse. Chez 281 adultes atteints de diabète de type 2, la valeur qui reflète la glycémie des deux à trois derniers mois a baissé de 2,02 points en 24 semaines, contre 0,01 point sous placebo [3].
  • 82,4 % de graisse en moins dans le foie en 24 semaines. Une analyse portant sur 98 adultes dont le foie était trop gras, alors que cette graisse augmentait de 0,3 % sous placebo [4].
  • Aucun bénéfice démontré pour le cœur. Dans TRIUMPH-3, les accidents cardiaques et vasculaires graves étaient un peu plus nombreux sous rétatrutide selon un décompte et un peu moins nombreux selon un autre. Selon le décompte le plus strict, cela donne un rapport de risques de 1,12, dans une fourchette allant de 0,64 à 1,96. Les deux résultats restent compatibles avec une absence d'effet [5].
  • Aucun pays ne l'a autorisé. Le dépôt d'un dossier aux États-Unis est annoncé pour le début 2027, et rien n'avait été déposé en septembre 2026 [6], [5].
  • Interdit en permanence dans le sport. La catégorie S0 de la liste des interdictions 2026 englobe toutes les substances qu'aucune autorité sanitaire n'a autorisées [7].

Ce qu'est le rétatrutide

Le rétatrutide est un peptide de synthèse, c'est-à-dire une petite protéine fabriquée en laboratoire, longue de 39 acides aminés. Eli Lilly le développe sous le nom de code LY3437943 [8], [9]. Une seule molécule vient se poser sur les capteurs de trois hormones à la fois, ceux du GIP, du GLP-1 et du glucagon, et les met en marche. Le produit ne porte aucun nom commercial, puisque aucun médicament qui en contient n'a jamais été autorisé.

Une longue chaîne grasse à 20 carbones, fixée sur le 17e acide aminé de la chaîne, la lysine 17, lui permet de voyager dans le sang attachée à l'albumine, la principale protéine de transport du plasma [8], [10]. Le produit met de ce fait environ six jours à être éliminé pour moitié, ce qui explique l'injection hebdomadaire dans les essais [11]. Le raccourci « reta » circule beaucoup en ligne. Il ne figure dans aucun registre officiel et ne prouve rien sur ce que contient un flacon.

Fiche signalétique

ChampValeurRéf.
Nom de code pendant le développementLY3437943, aussi écrit LY-3437943[8], [12]
FamilleImite trois hormones : le GIP, le GLP-1 et le glucagon[9]
Structure39 acides aminés, chaîne grasse à 20 carbones fixée sur la lysine 17[8], [10]
Suite des acides aminésYAQGTFTSDYSILLDKKAQAAFIEYLLEGGPSSGAPPPS[8]
Formule et masse, forme salineC221H342N46O68, 4 731 g/mol[13]
Formule et masse, peptide seul, estimationC187H281N43O60, 4 091,5 Da[8]
Temps pour éliminer la moitié du produitEnviron 6 jours[11]
Administration dans les essaisInjection sous la peau, une fois par semaine[11]
StatutEncore à l'essai, dernière phase de développement, autorisé nulle part[6], [10]
LaboratoireEli Lilly and Company[9]
Numéro d'enregistrement chimique (CAS)2381089-83-2[8]
Identifiant UNIINOP2Y096GV pour la forme acide ; LQ42M82ZU6 pour la forme saline[8], [14]
Fiche PubChem171934787, forme saline seulement ; aucune fiche pour la forme acide[13]
Fiche ChEMBLCHEMBL5095485[15]
Fiche IUPHAR/BPS13769[10]

Rétatrutide : ce que montrent les essais, statut et sécurité

Comment il agit

Le rétatrutide se pose sur les capteurs de trois hormones qui règlent l'appétit, la libération d'insuline et la dépense d'énergie [9].

  • Le capteur du GLP-1. Quand il est activé, on mange moins et l'estomac se vide plus lentement. Une petite étude spécialement conçue pour cela a confirmé ce ralentissement chez l'être humain [16].
  • Le capteur du GIP. Son activation renforce la libération d'insuline et amplifie peut-être l'effet du GLP-1. Dans les expériences en laboratoire, c'est sur ce capteur que le rétatrutide agit le plus fortement [9].
  • Le capteur du glucagon. Son activation augmenterait la dépense d'énergie et modifierait la façon dont le foie traite les graisses [9]. Cette partie du mécanisme n'a jamais été mesurée directement chez l'être humain.

Au bout du compte, la glycémie baisse, alors que le glucagon seul la ferait plutôt monter. L'explication avancée dans la littérature est que les deux premières composantes l'emportent sur la troisième [9]. Ce que chaque capteur apporte réellement chez l'être humain reste toutefois une déduction, car aucun essai n'a été conçu pour les séparer.

C'est ce troisième capteur qui distingue le rétatrutide de ses cousins. Le sémaglutide n'agit que sur le GLP-1, le tirzépatide sur le GIP et le GLP-1.

Ce que montrent les essais

Poids

Étude tirée au sort, taille moyenne Chez 338 adultes vivant avec une obésité, le poids a baissé de 8,7 %, 17,1 %, 22,8 % et 24,2 % après 48 semaines, selon que la dose hebdomadaire était de 1, 4, 8 ou 12 mg. Sous placebo, la baisse s'arrêtait à 2,1 %. À 12 mg, 100 % des participants ont perdu au moins 5 % de leur poids, 93 % en ont perdu au moins 10 % et 83 % au moins 15 %. Sous placebo, ces proportions tombaient à 27 %, 9 % et 2 % [1].

Étude de taille moyenne, poids corporel à 48 semaines
Sans substance active
−2.1%
1 mg
−8.7%
4 mg
−17.1%
8 mg
−22.8%
12 mg
−24.2%

Étude tirée au sort, 338 adultes vivant avec une obésité, 48 semaines. Source [1].

Grand essai, communiqué de presse uniquement TRIUMPH-1 a réparti au hasard 2 339 adultes sans diabète, sur 80 semaines. Les pertes de poids annoncées atteignaient 19,0 %, 25,9 % et 28,3 % à 4, 9 et 12 mg, contre 2,2 % sous placebo. Perdre au moins 30 % de son poids a été le cas de 45,3 % des participants à 12 mg, contre 0,5 % sous placebo [2].

Grand essai, communiqué de presse uniquement TRIUMPH-3 a inclus 1 949 adultes qui souffraient d'une obésité sévère et d'une maladie cardiovasculaire déjà déclarée. À 80 semaines, la perte de poids annoncée était de 21,6 % à 9 mg et de 22,6 % à 12 mg, contre 3,2 % sous placebo [5]. TRIUMPH-4, mené chez 445 adultes souffrant d'arthrose du genou, annonce 26,4 % et 28,7 % [17].

Glycémie

Étude tirée au sort, taille moyenne Chez 281 adultes atteints de diabète de type 2, la valeur qui reflète la glycémie moyenne des deux à trois derniers mois, appelée hémoglobine glyquée, a baissé de 0,43 point à 0,5 mg et de 2,02 points à 12 mg après 24 semaines. Sous placebo, la baisse n'était que de 0,01 point, et de 1,41 point chez ceux qui recevaient le dulaglutide, un médicament déjà sur le marché pris comme point de comparaison. Toutes les doses sauf la plus faible ont fait nettement mieux que le placebo [3].

Grand essai, communiqué de presse uniquement TRIUMPH-2 a réparti au hasard 1 152 adultes atteints de diabète de type 2. À 80 semaines, les pertes de poids annoncées atteignaient 12,7 %, 19,1 % et 20,8 % à 4, 9 et 12 mg, contre 4,0 % sous placebo. L'hémoglobine glyquée a baissé de 1,4 à 1,6 point, en partant d'une valeur de 7,7 % [5].

Graisse dans le foie

Étude tirée au sort, petite taille Une analyse prévue dès le départ a porté sur 98 participants dont le foie contenait au moins 10 % de graisse et qui n'avaient pas de diabète. Mesurée par imagerie, cette graisse a diminué de 42,9 %, 57,0 %, 81,4 % et 82,4 % selon la dose après 24 semaines, alors qu'elle augmentait de 0,3 % sous placebo. Elle est repassée sous le seuil de 5 % chez 79 % puis 86 % des participants des deux doses les plus fortes [4].

Douleur du genou

Grand essai, communiqué de presse uniquement Dans TRIUMPH-4, la douleur du genou, mesurée sur une échelle habituelle en rhumatologie, a reculé de 4,5 et 4,4 points en partant de 6,0, contre 2,4 points sous placebo, en 68 semaines. Une analyse faite après coup trouve 14,1 % et 12,0 % de participants traités sans aucune douleur du genou à 68 semaines, contre 4,2 % sous placebo [17]. Ni les fourchettes d'incertitude ni les tableaux complets de résultats n'ont été publiés.

Accidents cardiaques et vasculaires

Grand essai, communiqué de presse uniquement TRIUMPH-3 comportait, dès son protocole, des analyses portant sur les accidents cardiaques et vasculaires graves. Selon le décompte le plus large, qui réunit cinq types d'événements, il y en a eu 44 sous rétatrutide contre 52 sous placebo, soit environ 18 % de risque en moins (rapport de risques 0,82, fourchette de 0,55 à 1,22). Selon le décompte plus strict, limité à trois types d'événements, on compte 27 événements contre 23, soit environ 12 % de risque en plus (rapport de risques 1,12, fourchette de 0,64 à 1,96). Dans les deux cas, la fourchette d'incertitude englobe l'absence complète d'effet : ni bénéfice ni risque n'est donc établi [5].

Ce qui reste inconnu

  • Les effets qui comptent vraiment pour la santé. L'essai TRIUMPH-Outcomes recrute 10 000 participants et sa phase principale ne se terminera pas avant février 2029 [18].
  • La relecture des grands essais par des chercheurs indépendants. Aucun grand essai n'avait été publié en entier au 6 septembre 2026. Tout ce qui a été relu s'arrête aux études de taille moyenne [19].
  • La durée de l'effet. L'observation la plus longue rapportée couvre 104 semaines et ne concerne qu'une partie des participants, les plus corpulents, avec un indice de masse corporelle d'au moins 35 [2].
  • La comparaison avec les autres produits. L'essai qui oppose directement le rétatrutide au tirzépatide, TRIUMPH-5, n'a rien livré [19].
  • Les interactions avec d'autres médicaments. Comme l'estomac se vide plus lentement, tout ce qui est avalé en même temps pose question, et aucune étude publiée ne s'est penchée sur le sujet [16].

Effets indésirables et sécurité

Tous les chiffres de sécurité qui suivent proviennent d'essais financés par le laboratoire. Aucune autorité n'a examiné la substance : il n'existe donc ni notice approuvée, ni mise en balance officielle des bénéfices et des risques, ni système de surveillance en dehors des essais.

Les troubles digestifs dominent et augmentent avec la dose. Voici ce qu'a rapporté TRIUMPH-1 à la dose de 12 mg, comparée au placebo [2].

Effet observé12 mgPlacebo
Nausées42,4 %14,8 %
Diarrhée32,0 %13,5 %
Constipation26,1 %10,9 %
Vomissements25,3 %4,8 %
Sensations anormales sur la peau12,5 %0,9 %
Infection urinaire8,4 %5,3 %

Le reste du programme d'essais apporte les constats suivants.

  • Les sensations cutanées anormales augmentent avec la dose. Il s'agit de picotements, de fourmillements ou d'engourdissements, ce que les médecins appellent une dysesthésie. TRIUMPH-4 en rapporte chez 8,8 % des participants à 9 mg et 20,9 % à 12 mg, contre 0,7 % sous placebo. Elles ont été décrites comme le plus souvent légères [17].
  • Les arrêts de traitement augmentent aussi avec la dose. TRIUMPH-1 rapporte 4,1 %, 6,9 % et 11,3 % selon la dose, contre 4,9 % sous placebo [2].
  • Le pouls s'accélère. Dans l'étude de taille moyenne sur l'obésité, cette accélération dépendait de la dose, atteignait son maximum à la semaine 24 puis diminuait [1]. Une évaluation indépendante chiffre ce maximum à 6,7 battements de plus par minute et le juge potentiellement défavorable [20].
  • Un signal concernant le rythme du cœur a été relevé. Une seconde évaluation indépendante mentionne, à côté de l'accélération du pouls, des troubles du rythme cardiaque légers à modérés, et réclame de longs essais mesurant des événements de santé réels [21].
  • Ni chute dangereuse de la glycémie ni décès dans les études de taille moyenne. Dans l'analyse consacrée au foie, 2 participants sur 98 ont présenté un effet indésirable grave, sans signe d'atteinte du foie [3], [4].

Un cas publié concerne un produit obtenu en dehors de tout essai. Un rapport de 2026 décrit un homme d'une trentaine d'années atteint de diabète de type 1. Après s'être injecté lui-même un produit vendu sous ce nom, il a présenté des vomissements sévères, une acidification du sang typique du diabète déséquilibré et une défaillance brutale des reins [22]. Les auteurs rappellent que la composition, la pureté et le dosage réel de ces produits ne sont vérifiés par personne.

Ce qui manque pèse autant que ce qui a été mesuré. Il n'existe aucune donnée de sécurité validée sur de longues années, aucun tableau de sécurité complet n'a été publié pour un grand essai, et l'accélération du pouls reste sans explication.

Doses utilisées dans les essais

Les doses ci-dessous proviennent des essais cités et ne figurent ici qu'à titre d'information scientifique. Ce ne sont ni des recommandations ni des indications transposables à un usage personnel.

EssaiDoses testéesVoieDuréeParticipantsSource
Première étude chez des diabétiques de type 2 (NCT04143802)0,5, 1,5, 3, 3/6 et 3/6/9/12 mg par semaineSous la peau12 semaines72[11]
Étude sur l'obésité (NCT04881760)1, 4, 8 et 12 mg par semaine, en commençant à 2 ou 4 mgSous la peau48 semaines338[1]
Étude sur le diabète de type 2 (NCT04867785)0,5, 4, 8 et 12 mg par semaine ; comparaison avec dulaglutide 1,5 mgSous la peau36 semaines281[3]
Analyse sur la graisse du foie (NCT04881760)1, 4, 8 et 12 mg par semaineSous la peauMesure à 24 semaines98[4]
TRIUMPH-1 (NCT05929066)4, 9 et 12 mg par semaine, en montant depuis 2 mg toutes les quatre semainesSous la peau80 semaines plus 24 semaines de prolongation2 339[2]
TRIUMPH-2 (NCT05929079)4, 9 et 12 mg par semaineSous la peau80 semaines1 152[5]
TRIUMPH-3 (NCT05882045)9 et 12 mg par semaineSous la peau80 semaines1 949[5]
TRIUMPH-4 (NCT05931367)9 et 12 mg par semaineSous la peau68 semaines445[17]

Si les doses des grands essais sont connues, c'est parce que le laboratoire les a citées dans ses annonces [2], [5], [17]. Le registre officiel des essais, lui, se contente de parler de dose 1, dose 2 et dose 3 [19].

Développement et statut réglementaire

Chronologie du programme

  1. 2022Publication des premiers résultats chez des personnes atteintes de diabète de type 2Source [11]
  2. 2023Les deux études de taille moyenne sont publiées ; le programme TRIUMPH démarreNEJM et The Lancet, sources [1], [3], [19]
  3. 2024Publication des résultats sur la graisse du foieSource [4]
  4. 2025TRIUMPH-4 livre ses résultats en décembre par communiqué de presseSource [17]
  5. 2026TRIUMPH-1 livre ses résultats en mai, TRIUMPH-2 et TRIUMPH-3 en juilletCommuniqués de presse uniquement, sources [2], [5]
  6. T1 2027Dépôt annoncé du dossier aux États-UnisAnnoncé, non déposé au 6 septembre 2026, sources [5], [23]
  7. 2029TRIUMPH-Outcomes, fin de la phase principale en février10 000 participants, source [18]
  • 2019 — première administration à l'être humain, une dose unique chez 45 adultes en bonne santé [9].
  • 2022 — les premiers résultats chez des personnes atteintes de diabète de type 2 paraissent [11].
  • 2023 — les deux études de taille moyenne paraissent, et le grand programme TRIUMPH démarre [1], [3], [19].
  • 2024 — l'analyse sur la graisse du foie paraît [4].
  • 2025 — TRIUMPH-4 livre ses résultats en décembre, par communiqué de presse [17].
  • 2026 — TRIUMPH-1 livre ses résultats en mai, TRIUMPH-2 et TRIUMPH-3 en juillet, et le laboratoire annonce un dépôt de dossier aux États-Unis pour le début 2027 [2], [5], [23].
Pays ou régionStatutRemarqueRéf.
États-UnisEncore à l'essaiDépôt annoncé pour le début 2027[6], [5]
Union européenneEncore à l'essaiAucune autorisation[24]
AllemagneEncore à l'essaiSuit la décision européenne[24]
Royaume-UniEncore à l'essaiAucune autorisation[25]
AustralieEncore à l'essaiAucun enregistrement[26]
CanadaEncore à l'essaiAucun numéro d'identification[27]
SuisseEncore à l'essaiAucune autorisation[28]

Chacune des recherches dans les registres officiels qui alimentent ce tableau a été faite le 6 septembre 2026.

Il existe une seule porte d'entrée avant autorisation, et on la prend souvent pour une autorisation. Depuis août 2026, un programme d'accès anticipé est enregistré aux États-Unis sous le numéro NCT07629401 [29]. C'est une voie dite compassionnelle, réservée à des cas individuels définis de façon très étroite, sans qu'aucune autorité n'ait mis en balance les bénéfices et les risques [30].

Antidopage

Le rétatrutide est interdit dans le sport en permanence, pendant les compétitions comme en dehors. La catégorie S0 de la liste des interdictions 2026 vise « any pharmacological substance which is not addressed by any of the subsequent sections of the List and with no current approval by any governmental regulatory health authority for human therapeutic use », autrement dit toute substance qu'aucune autre section de la liste ne traite et qu'aucune autorité sanitaire publique n'a autorisée à ce jour pour soigner des êtres humains [7]. La substance n'est pas citée nommément dans la liste : elle y tombe à cause de son statut, et la catégorie S2 ne mentionne aucun produit imitant le GIP, le GLP-1 ou le glucagon. La vue d'ensemble pour toute cette famille figure sous peptides interdits dans le sport.

Comparaison avec des peptides voisins

PeptideHormones imitéesStatutMeilleur résultat de poids dans son propre essaiTemps d'élimination de moitié
RétatrutideGIP, GLP-1, glucagonEncore à l'essai, autorisé nulle part−24,2 % en 48 semaines, étude moyenne, 338 participants [1]~6 jours [11]
TirzépatideGIP, GLP-1Autorisé dans de nombreux pays−20,9 % en 72 semaines, SURMOUNT-1, 2 539 participants [31]~5 jours [32]
SémaglutideGLP-1Autorisé dans de nombreux pays−14,9 % en 68 semaines, STEP 1, 1 961 participants [33]Non précisé ici
SurvodutideGLP-1, glucagonGrands essais en cours−14,9 % en 46 semaines, étude moyenne, 387 participants [34]Non précisé ici
MazdutideGLP-1, glucagonAutorisé en Chine depuis 2025, nulle part ailleurs−14,0 % en 48 semaines, GLORY-1, 610 participants [35]Non précisé ici

Ces cinq chiffres proviennent de cinq essais différents. Les participants, les durées, les poids de départ et les méthodes de calcul diffèrent tous, si bien que cette colonne compare des essais plutôt que des médicaments. Le rétatrutide est en outre le seul des cinq à ne disposer d'aucune autorisation.

Meilleur résultat de poids obtenu par chaque produit dans son propre essai
Rétatrutideétude moyenne, 48 semaines, 338 participants
−24.2%
TirzépatideSURMOUNT-1, 72 semaines, 2 539 participants
−20.9%
SémaglutideSTEP 1, 68 semaines, 1 961 participants
−14.9%
Survodutideétude moyenne, 46 semaines, 387 participants
−14.9%
MazdutideGLORY-1, 48 semaines, 610 participants
−14%

Essais différents, comparaison directe impossible : les participants, les durées, les poids de départ et les méthodes de calcul diffèrent. Sources [1], [31], [33], [34], [35].

Le programme ne contient qu'une seule comparaison directe. TRIUMPH-5 oppose le rétatrutide au tirzépatide et n'a pas encore livré ses résultats [19]. Tant que ce sera le cas, affirmer que l'un est plus puissant que l'autre revient à comparer des essais entre eux, ce qui ne prouve rien.

Idées reçues fréquentes

  • « Le rétatrutide, c'est du tirzépatide en plus fort. » Les deux viennent du même laboratoire et s'injectent de la même façon, mais ils ne visent pas les mêmes hormones et n'ont pas le même statut légal. Le tirzépatide est autorisé dans de nombreux pays, le rétatrutide nulle part, et l'essai qui les compare n'a rien livré [9], [19].
  • « Les résultats des grands essais sont publiés. » Chacun de ces chiffres vient d'un communiqué du laboratoire. Aucun n'a été relu par des chercheurs indépendants, aucun n'est accompagné d'une fourchette d'incertitude ni d'un tableau complet de résultats [2], [5], [17].
  • « TRIUMPH-3 prouve un bénéfice pour le cœur. » Cet essai a recruté des personnes déjà atteintes d'une maladie cardiovasculaire, ce qui décrit simplement qui y participait. Ses résultats cardiaques restent compatibles avec une absence d'effet, dans les deux sens [5].
  • « L'accès anticipé veut dire que le produit est disponible. » Ce programme est une voie compassionnelle réservée à des cas individuels répondant à des critères très stricts. Il ne crée ni autorisation ni disponibilité générale [29], [30].
  • « Les produits vendus sous ce nom sont ceux des essais. » Un rapport de 2026 documente un grave dérèglement métabolique après l'usage d'un produit acheté en ligne, dont la composition n'a jamais été vérifiée [22].
  • « Reta, c'est le nom du médicament. » Les seuls noms qui font foi sont la dénomination officielle de la substance et son nom de code de développement [8], [12].

Questions fréquentes

Le rétatrutide est-il autorisé quelque part ?

Non. Les registres officiels du médicament aux États-Unis, au Canada, dans l'Union européenne, au Royaume-Uni, en Australie et en Suisse ne contiennent aucune autorisation, vérification faite le 6 septembre 2026. Le laboratoire annonce vouloir déposer un dossier aux États-Unis début 2027, mais il ne l'avait pas encore fait.

Qu'est-ce que le rétatrutide ?

C'est une petite protéine fabriquée en laboratoire, longue de 39 acides aminés et munie d'une longue chaîne grasse. Une seule molécule imite trois hormones à la fois : le GIP, le GLP-1 et le glucagon. Le laboratoire Eli Lilly le développe sous le nom de code LY3437943.

Quelle perte de poids les participants ont-ils obtenue dans les essais sur le rétatrutide ?

Dans l'étude de taille moyenne, les participants ont perdu en moyenne 24,2 % de leur poids en 48 semaines à la dose la plus forte, contre 2,1 % avec une injection sans substance active. Le grand essai TRIUMPH-1 annonce 28,3 % en 80 semaines, mais ce chiffre vient d'un communiqué de presse et non d'une revue scientifique.

Le rétatrutide est-il identique au tirzépatide ?

Non. Le tirzépatide imite deux hormones et il est autorisé dans de nombreux pays. Le rétatrutide en imite une troisième, le glucagon, et n'est autorisé nulle part. L'essai qui les compare directement n'a pas encore livré ses résultats.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents du rétatrutide ?

Des nausées, de la diarrhée, de la constipation et des vomissements, tous d'autant plus fréquents que la dose est forte. Dans TRIUMPH-1, 42,4 % des personnes recevant la dose la plus forte ont eu des nausées, contre 14,8 % avec une injection sans substance active. Des picotements ou des engourdissements de la peau et une accélération du pouls liée à la dose ont également été rapportés.

Le rétatrutide prévient-il les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux ?

Aucune étude ne l'a montré. Dans TRIUMPH-3, les chiffres allaient dans les deux sens et restaient compatibles avec une absence totale d'effet. L'essai spécialement conçu pour répondre à cette question recrute 10 000 personnes et ne se terminera pas avant février 2029.

Pourquoi cette page indique-t-elle des doses de rétatrutide ?

Parce que ces doses sont des faits d'étude : elles sont publiées dans les essais cités et nommées par le laboratoire lui-même. Elles décrivent ce qui a été administré dans un cadre encadré, sous surveillance médicale et avec des règles d'arrêt. Elles ne constituent pas un mode d'emploi.

Le rétatrutide est-il interdit dans le sport ?

Oui, en permanence. La catégorie S0 de la liste des interdictions 2026 englobe toutes les substances qu'aucune autorité sanitaire n'a autorisées à ce jour, y compris celles encore à l'essai. Le rétatrutide y tombe à cause de ce statut, et non parce qu'il y serait nommé.

Les résultats des grands essais du rétatrutide ont-ils été relus par des chercheurs indépendants ?

Pas au 6 septembre 2026. Les essais TRIUMPH-1 à TRIUMPH-4 n'existent que sous forme d'annonces du laboratoire. Tout ce qui a été relu et publié dans une revue s'arrête aux études de taille moyenne et aux premiers travaux qui les ont précédées.

Que reste-t-il inconnu à propos du rétatrutide ?

Les effets sur la santé qui comptent vraiment, comme les infarctus évités, la sécurité sur de longues années et la durée de l'effet une fois les essais terminés. Aucune autorité n'a mis en balance les bénéfices et les risques, et personne ne surveille ce qui arrive aux gens qui en prennent en dehors des essais.

Sources

  1. Jastreboff AM et al. (2023). Triple-hormone-receptor agonist retatrutide for obesity — a phase 2 trial. New England Journal of Medicine 389(6):514-526. PMID 37366315. DOI 10.1056/NEJMoa2301972
  2. Eli Lilly and Company. Press release, 21 May 2026, TRIUMPH-1 topline results. https://www.prnewswire.com/news-releases/lillys-triple-agonist-retatrutide-delivered-powerful-weight-loss-in-pivotal-phase-3-obesity-trial-302778859.html
  3. Rosenstock J et al. (2023). Retatrutide, a GIP, GLP-1 and glucagon receptor agonist, for people with type 2 diabetes: a randomised, double-blind, placebo and active-controlled, parallel-group, phase 2 trial conducted in the USA. The Lancet 402(10401):529-544. PMID 37385280. DOI 10.1016/S0140-6736(23)01053-X
  4. Sanyal AJ et al. (2024). Triple hormone receptor agonist retatrutide for metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease: a randomized phase 2a trial. Nature Medicine 30(7):2037-2048. PMID 38858523. DOI 10.1038/s41591-024-03018-2
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Les informations rassemblées ici ont été vérifiées le 6 septembre 2026, et chacune des recherches dans les registres officiels qui alimentent le tableau des statuts a été faite ce jour-là. Les pages consacrées à des substances encore en développement vieillissent vite : la version et la date comptent autant que le contenu.

myPeptides Research & Editing. (2026). Rétatrutide : ce que montrent les essais, statut et sécurité. Version 1.0, 6 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/retatrutide

La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est expliquée sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.

VersionDateModification
1.02026-09-06Première publication

Dernière vérification : 6 septembre 2026. Prochaine relecture : dès qu'un grand essai est publié et relu par des chercheurs indépendants, dès qu'une demande d'autorisation est déposée, ou dès que le classement antidopage évolue.

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IdentifiantValeur
Numéro CAS2381089-83-2
UNIINOP2Y096GV
ChEMBLCHEMBL5095485
WikidataQ120468350
SéquenceYAQGTFTSDYSILLDKKAQAAFIEYLLEGGPSSGAPPPS

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