AICAR : ce que montrent les études, statut et sécurité
Résumé
L'AICAR, aussi appelé acadésine, n'est pas un peptide. C'est un nucléoside, une petite molécule que le corps humain fabrique et élimine lui-même, et il figure dans ce registre parce qu'il est vendu à côté des peptides. Son plus grand essai a donné à 3 080 patients de chirurgie cardiaque soit de l'acadésine, soit une perfusion factice, et n'a trouvé absolument aucune différence. Aucun pays ne l'a jamais autorisé, et il est interdit en permanence dans le sport.
L'essentiel en bref
- Le plus grand essai n'a rien trouvé du tout. Chez 3 080 patients opérés d'un pontage coronarien, le critère principal est survenu chez 76 des 1 493 patients (5,1 %) recevant l'acadésine et chez 75 des 1 493 (5,0 %) recevant le placebo, soit un rapport de cotes, aussi appelé odds ratio, de 1,01 (intervalle de confiance à 95 % : 0,73 à 1,41) [1].
- Il a été arrêté avant terme parce qu'il était inutile de continuer. Le recrutement s'est achevé à 3 080 patients sur les 7 500 prévus, après une analyse de futilité programmée à l'avance [1], [2].
- Les résultats positifs plus anciens n'ont pas résisté. Une analyse groupée de cinq essais randomisés portant sur 4 043 patients avait trouvé 27 % d'infarctus en moins autour de l'opération (rapport de cotes 0,69 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,51 à 0,95 ; p = 0,02). C'est sur ce résultat que l'essai raté a été bâti [3].
- « L'exercice en comprimé » décrit des souris. Des souris non entraînées ayant reçu 500 mg/kg par jour dans l'abdomen pendant quatre semaines ont couru environ 44 % plus loin et environ 23 % plus longtemps (p < 0,05), avec 15 à 20 animaux par groupe [4].
- Aucune étude humaine n'a jamais mesuré l'endurance sous AICAR. La plus proche, menée chez 29 hommes en bonne santé, a trouvé une entrée du glucose dans le muscle multipliée par 2,1 ± 0,8 contre 4,7 ± 1,7 pour le vélo, et aucune activation mesurable de l'enzyme qu'il est censé allumer [5].
- Il est interdit dans le sport en permanence, nommé sur la liste des interdictions 2026 à la rubrique S4.4.1 comme substance non spécifiée, et nommé dans le droit pénal allemand avec une quantité seuil de 7 000 mg [6], [7], [8].
- Les signaux de sécurité sont précis, pas vagues. L'acide urique monte parce qu'il est le principal produit de dégradation ; le lactate sanguin a grimpé jusqu'à 60 % (p < 0,001) ; et un essai plus tardif s'est arrêté après cinq patients, avec « renal toxicity » (toxicité rénale) inscrit comme motif [9], [10], [11].
Ce qu'est l'AICAR
L'AICAR est un nucléoside purique : une base imidazole reliée à un sucre, le ribose, pour une masse de 258,23 g/mol. Il ne contient aucun acide aminé ni liaison peptidique, ce n'est donc pas un peptide, et l'Agence mondiale antidopage ne le classe pas non plus parmi les hormones peptidiques [12], [6].
Le nom recouvre deux produits chimiques différents, et c'est la chose la plus utile à savoir à son sujet. Au sens strict, l'abréviation AICAR désigne le ribotide ZMP, la forme phosphate, que la base de données chimique PubChem répertorie sous le numéro CID 65110. Dans le sport, dans le droit et dans le commerce, « AICAR » désigne le riboside acadésine, CID 17513. Cette page décrit le riboside [12].
La distinction compte parce que le riboside est la forme qui a été étudiée et qui est vendue, tandis que le ribotide est ce que la cellule en fabrique à l'intérieur. Les chercheurs en sciences fondamentales écrivent souvent « AICAr », avec un petit r, pour marquer le riboside [13].
Faits en bref
| Champ | Valeur | Réf |
|---|---|---|
| Nom | AICAR ; dénomination commune internationale acadésine | [12], [14] |
| Autres noms | AICA riboside, acadésine, Z-riboside, GP 1-110, ARA-100, SCH 900395 | [12] |
| Classe | Analogue de nucléoside purique ; développé comme agent régulateur de l'adénosine, décrit plus tard comme activateur de la protéine kinase activée par l'AMP | [15], [13] |
| Structure | Base 5-aminoimidazole-4-carboxamide reliée au bêta-D-ribofuranose ; aucun acide aminé, aucune séquence | [12] |
| Formule et masse | C9H14N4O5, 258,23 g/mol | [12] |
| Forme active dans la cellule | ZMP, le monophosphate ; C9H15N4O8P, 338,21 g/mol, CID 65110 | [12], [16] |
| Demi-vie | 1,4 heure dans le sang après perfusion ; biodisponibilité par la bouche inférieure à 5 % | [17] |
| Statut | Autorisé sur aucun marché ; développement arrêté | [1], [18] |
| Développé par | Gensia Pharmaceuticals à partir de la fin des années 1980, puis Metabasis, PeriCor et Schering-Plough ; Advancell pour les cancers du sang | [15] |
| Numéro de registre CAS | 2627-69-2 | [12] |
| PubChem CID | 17513 | [12] |
| UNII, InChIKey | 53IEF47846 ; RTRQQBHATOEIAF-UUOKFMHZSA-N | [12] |
| ChEBI, ChEMBL, DrugBank | CHEBI:28498, CHEMBL1551724, DB04944 | [19] |
| Code ATC | C01EB13, un numéro de classification sans dose quotidienne définie | [14] |

Comment il agit
L'AICAR reste inactif tant que la cellule ne l'a pas transformé. Des transporteurs le font entrer, une enzyme lui ajoute un groupe phosphate, et le résultat est le ZMP, qui ressemble assez au signal du capteur d'énergie de la cellule pour être confondu avec lui [20].
- Le signal est un sosie. Le ZMP ressemble à l'AMP, la molécule qui indique à la cellule que son énergie s'épuise, et il peut allumer la protéine kinase activée par l'AMP sans que le bilan énergétique réel ait changé [20].
- L'entrée et la phosphorylation sont toutes deux nécessaires. Dans des cellules de leucémie, bloquer soit le transporteur, soit l'enzyme qui ajoute le phosphate a supprimé à la fois l'activation de l'enzyme et la mort cellulaire [20].
- La substance active est le phosphate, pas l'AICAR. Une étude combinant l'analyse des métabolites et celle des protéines a identifié le ZMP comme la forme toxique et lui a trouvé de nombreux partenaires de liaison en dehors de l'enzyme visée [16].
- Une grande part de l'effet contourne complètement cette enzyme. Une revue systématique de 2021 a conclu que de nombreux effets qu'on lui attribuait en sont indépendants, et elle a mis en garde contre la surinterprétation des travaux fondés sur cette substance [13].
- L'idée de départ était autre. Tout le programme cardiaque reposait sur l'espoir que l'AICAR augmenterait localement l'adénosine dans un tissu manquant d'oxygène et protégerait ainsi le cœur. Cette hypothèse a été correctement testée une fois, et elle a échoué [3], [1].
C'est ici que l'AICAR se sépare des peptides à côté desquels il est rangé dans les catalogues. Ceux-ci agissent sur des récepteurs situés à la surface de la cellule. L'AICAR, lui, doit d'abord être absorbé, puis reconstruit à l'intérieur [20].
Ce que les études ont montré
Plus de 10 000 personnes ont reçu de l'acadésine dans des études cliniques au fil de cinq décennies, ce qui est inhabituel pour une substance vendue comme produit de recherche. Les résultats sont eux aussi d'une clarté inhabituelle, et le plus souvent négatifs.
La chirurgie cardiaque : l'essai qui a mis fin au programme
Essai randomisé de phase 3 RED-CABG a réparti par tirage au sort 3 080 adultes à risque moyen ou élevé avant un pontage coronarien programmé, dans 300 centres de sept pays, avec un âge médian de 66 ans. Le critère principal réunissait le décès de toute cause, l'accident vasculaire cérébral non mortel et le recours à une assistance circulatoire mécanique jusqu'au 28e jour [1].
Essai randomisé de phase 3 Ce critère est survenu chez 76 des 1 493 patients (5,1 %) sous acadésine et chez 75 des 1 493 (5,0 %) sous placebo. Le rapport de cotes était de 1,01, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,73 à 1,41. Aucun critère secondaire important ne différait non plus [1].
Essai de phase 3 randomisé en double aveugle chez 3 080 adultes avant un pontage coronarien, 300 centres dans sept pays, arrêté avant terme pour futilité ; 76 patients sur 1 493 contre 75 sur 1 493, rapport de cotes 1,01 (intervalle de confiance à 95 % de 0,73 à 1,41). Sources [1], [2].
Essai randomisé de phase 3 Les chiffres du registre portant sur l'ensemble des patients tirés au sort, 1 536 contre 1 544, racontent la même histoire. Le critère composite atteint 4,9 contre 4,9 %. Le décès de toute cause s'établit à 1,9 contre 1,7 %, l'accident vasculaire cérébral non mortel à 1,7 contre 1,7 %, et l'assistance mécanique à 2,2 contre 2,3 % [2].
Le recrutement a duré du 6 mai 2009 au 30 juillet 2010. Il s'est arrêté à 3 080 patients sur les 7 500 prévus au départ, après une analyse de futilité convenue à l'avance [1], [2].
Pourquoi on s'attendait à autre chose
Méta-analyse En 1997, une analyse regroupant les dossiers individuels de 4 043 patients de pontage issus de cinq essais randomisés menés dans 81 centres a rapporté 27 % d'infarctus en moins autour de l'opération (rapport de cotes 0,69 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,51 à 0,95 ; p = 0,02) et deux fois moins de décès cardiaques au 4e jour (rapport de cotes 0,52 ; 0,27 à 0,98 ; p = 0,04) [3].
Méta-analyse Le critère composite associant infarctus, accident vasculaire cérébral et décès cardiaque a baissé de 26 % (rapport de cotes 0,73 ; 0,57 à 0,93 ; p = 0,01). L'accident vasculaire cérébral seul n'a pas baissé de façon significative (rapport de cotes 0,69 ; 0,44 à 1,08 ; p = 0,10) [3].
Méta-analyse Les décès survenus après un infarctus au 4e jour sont passés de 13,3 % (13 sur 98) à 1,4 % (1 sur 71), p = 0,003 [3].
Essai randomisé, sous-groupe Un suivi à deux ans de 2 698 patients dans 54 centres allait dans le même sens. Un infarctus survenu autour de l'opération multipliait la mortalité à deux ans par 4,2 (p < 0,001). Chez ces patients, elle est passée de 27,8 % (15 sur 54) à 6,5 % (3 sur 46) avec l'acadésine, p = 0,006 [21].
Essai randomisé, sous-groupe Ce chiffre repose sur 18 décès au total [21].
Voilà la séquence qui compte. Des données plus anciennes, plus petites et regroupées paraissaient convaincantes ; un essai prospectif plus vaste les a réduites à néant. L'analyse de 1997 n'a plus aujourd'hui qu'un intérêt historique [3], [1].
Les essais cardiaques pris un par un
Essai randomisé L'étude multinationale sur l'acadésine a tiré au sort 821 patients de pontage, dont 403 ont reçu le produit. Ses critères principaux n'ont pas été atteints. Dans un sous-groupe défini à l'avance comme étant à haut risque, les infarctus avec onde Q sont passés de 19,7 à 10,0 % (p = 0,032), tandis que l'ensemble des événements cardiovasculaires indésirables, 19,4 contre 18,4 %, et la mortalité totale, 3,4 contre 2,7 %, ne différaient pas [22].
Essai randomisé Chez 116 patients de pontage répartis en trois groupes, rien n'a atteint le seuil de signification statistique. Des signes échographiques de manque d'oxygène avant la mise en circulation extracorporelle sont apparus chez 6, 15 et 19 % des patients (p = 0,22). Après l'opération, des signes électrocardiographiques sont apparus chez 11, 22 et 18 % (p = 0,42) et des signes échographiques chez 24, 27 et 29 % (p = 0,86) [23].
Essai randomisé croisé Chez 12 patients atteints d'angine de poitrine stable, quatre doses ont été comparées au placebo. La variation corrigée du placebo du temps nécessaire pour voir apparaître un sous-décalage du segment ST de 1 mm était de -0,1 ± 6,2, 11,1 ± 13,8, 12,9 ± 8,6 et -3,2 ± 6,8 %. Aucune n'était significative, et la dose la plus forte faisait moins bien que les doses intermédiaires [24].
Muscle, glycémie et l'argument de l'endurance
Étude de physiologie humaine Chez 29 hommes en bonne santé, âgés de 26 ± 8 ans et ayant un indice de masse corporelle de 25 ± 4 kg/m2, trois heures d'AICAR ont multiplié par 2,1 ± 0,8 l'entrée du glucose dans le muscle. Le vélo, lui, l'a multipliée par 4,7 ± 1,7 dans la même étude [5].
29 hommes en bonne santé, âgés de 26 ± 8 ans, indice de masse corporelle de 25 ± 4 kg/m2 ; captation de 2-désoxyglucose mesurée dans le muscle. L’utilisation du glucose par l’organisme entier a augmenté de 7 %, de 9,3 ± 0,6 à 10,0 ± 0,6 mg/kg par minute (p < 0,05), et aucune activation de la protéine kinase activée par l’AMP n’était mesurable. Source [5].
Étude de physiologie humaine Le mécanisme n'est pas apparu là où on l'attendait. L'activité de l'enzyme et sa phosphorylation étaient inchangées après 20 minutes comme après trois heures, alors que le vélo augmentait les deux. L'utilisation du glucose par l'organisme entier a augmenté de 7 %, passant de 9,3 ± 0,6 à 10,0 ± 0,6 mg/kg par minute (p < 0,05) [5].
Données animales Le chiffre qui a fait les titres vient d'une étude chez la souris publiée en 2008. Des souris non entraînées ont reçu 500 mg/kg par jour dans l'abdomen pendant quatre semaines, avec 15 à 20 animaux par groupe. Elles ont couru environ 44 % plus loin et environ 23 % plus longtemps (p < 0,05). Le poids corporel n'a pas changé, et la consommation d'oxygène a augmenté [4].
Aucune donnée Une recherche bibliographique menée le 13 septembre 2026 n'a trouvé aucune étude humaine publiée mesurant l'endurance, la composition corporelle, la masse musculaire ou l'adaptation à l'entraînement sous AICAR. Toute promesse de performance remonte à ces souris ou au marketing [4], [5].
Les cancers du sang
Étude de laboratoire Dans des cellules prélevées chez 70 patients atteints d'une leucémie lymphoïde chronique, l'acadésine a déclenché la mort cellulaire à une concentration efficace à moitié maximale de 380 ± 60 micromoles par litre. Les lymphocytes B sains étaient tout aussi sensibles ; les lymphocytes T n'étaient presque pas touchés jusqu'à 4 millimoles par litre [20].
Essai de phase 1/2 Chez 24 patients dont la leucémie était revenue ou résistait au traitement, aucune mesure formelle de bénéfice n'a été atteinte. Les auteurs ne rapportent que des tendances, qu'ils qualifient eux-mêmes de variables vu le faible nombre de patients et la large gamme de doses [25].
Essai interrompu L'étude suivante, menée dans une maladie de la moelle osseuse, s'est refermée après cinq patients. Le registre donne la raison en deux mots : « renal toxicity » (toxicité rénale) [11].
Ce qui reste inconnu
- Tout ce qui touche à l'usage sous la peau. Toutes les doses humaines documentées sont passées par une veine. Rien n'a été publié sur la voie que supposent les vendeurs du marché gris [17].
- Tout ce qui touche à l'usage répété chez des personnes en bonne santé. L'exposition humaine la plus longue documentée tient en cinq perfusions sur 20 jours, ou en douze jours de perfusion continue chez deux patients [25], [26].
- Tout ce qui touche à la prise par la bouche. La biodisponibilité par la bouche chez des hommes en bonne santé était inférieure à 5 %, et aucune étude d'usage oral prolongé n'existe [17].
- Le risque de cancer et les effets sur la fertilité ou la descendance. Aucune donnée de ce type n'est accessible publiquement pour cette substance.
- Les interactions. Rien n'a été publié sur l'association de l'AICAR avec la metformine ou avec d'autres médicaments agissant sur la même voie.
- Le fait de savoir si l'enzyme qu'il active favorise ou freine la croissance des tumeurs. La littérature se contredit, et il n'existe aucune donnée humaine à long terme dans un sens ou dans l'autre [13].
Effets indésirables et sécurité
Aux faibles doses en perfusion de la chirurgie cardiaque, l'acadésine a été à peu près aussi bien tolérée que le placebo. Cette phrase couvre environ 42 mg/kg administrés sur sept heures, et rien d'autre. Les études en cancérologie en ont utilisé vingt à quarante fois plus, et c'est là qu'apparaissent les problèmes [1], [2], [25].
- L'acide urique monte, et il ne peut pas ne pas monter. Une étude au marqueur radioactif chez quatre hommes en bonne santé a montré que l'acide urique était le principal produit de dégradation : il représentait la quasi-totalité de la radioactivité encore présente dans le plasma six heures après la perfusion. Dans les données groupées de pontage, c'était la seule différence de sécurité face au placebo [9], [3].
- Dans l'essai chirurgical de moindre taille, cette hausse a été mesurée. L'acide urique plasmatique a augmenté en moyenne de 1,6 ± 0,2 mg/dl, dans le groupe à dose élevée uniquement, sans conséquence clinique [23].
- Les reins sont la limite documentée. Une altération de la fonction rénale figure parmi les effets indésirables de l'étude sur la leucémie, à 50 à 315 mg/kg, et l'étude suivante, à 140 à 315 mg/kg par jour, s'est arrêtée après cinq patients pour toxicité rénale [25], [11].
- Dans le grand essai chirurgical, les événements rénaux étaient équilibrés. Une insuffisance rénale grave est survenue chez 20 des 1 442 patients sous acadésine contre 14 sur 1 457 sous placebo, et une insuffisance rénale aiguë chez 9 contre 10 [2].
- Le lactate monte avec la dose. Chez 47 patients atteints d'une maladie coronarienne recevant 5 à 50 mg/kg, le lactate sanguin a augmenté jusqu'à 60 % par rapport au placebo (p < 0,001), ce que les auteurs lisent comme un basculement vers une production d'énergie sans oxygène [10].
- La glycémie basse a été le seul déséquilibre défavorable au produit. Une hypoglycémie grave a été enregistrée chez 6 des 1 442 patients sous acadésine et chez 0 des 1 457 sous placebo. Les nombres sont petits, mais ils vont tous dans le même sens [2].
- Les perfusions peuvent faire chuter la tension. L'étude sur la leucémie a expressément qualifié ce phénomène de cliniquement significatif. Dans l'essai chirurgical, la tension basse était aussi fréquente dans les deux bras, 280 sur 1 442 contre 280 sur 1 457 [25], [2].
- La formule sanguine a peu bougé. Une anémie est survenue chez 384 patients contre 383, et un taux bas de plaquettes chez 119 contre 129, sans signal défavorable face au placebo [2].
- Deux autres événements graves ressortent numériquement déséquilibrés. Une insuffisance respiratoire a été enregistrée chez 33 des 1 442 patients sous acadésine contre 23 sur 1 457 sous placebo, et un arrêt cardiaque chez 12 contre 7. L'essai n'était pas conçu pour tester ces critères, et le taux global d'événements graves était identique dans les deux bras [2].
Au total, dans l'essai chirurgical, des événements indésirables graves sont survenus chez 327 des 1 442 patients (22,7 %) sous acadésine et chez 329 des 1 457 (22,6 %) sous placebo. D'autres événements sont survenus chez 1 154 patients (80,0 %) contre 1 189 (81,6 %). Le traitement a été arrêté pour effet indésirable chez 34 patients contre 23 [2].
Deux autres constats ont leur place ici. L'essai mené dans la maladie de la moelle osseuse n'a pas été arrêté faute d'effet, mais pour une atteinte d'organe. Et l'espèce toxique est le phosphate que la cellule fabrique, non la substance qui y entre, ce qui rend plus difficile d'estimer la dose qui atteint réellement une cellule [11], [16].
Il existe aussi une maladie héréditaire rare, l'AICA-ribosidurie, dans laquelle cette molécule précise s'accumule dès la naissance. Le tableau est sévère : un retard de développement profond, une perte de la vue par dégénérescence de la rétine, une croissance limitée, une déviation de la colonne vertébrale et souvent une épilepsie qui résiste aux traitements [27].
Ce n'est pas un pronostic pour quelqu'un qui reçoit une seule perfusion. Cela montre toutefois que le corps ne traite pas cette molécule comme un produit inerte [27].
Aucune contre-indication ne peut être listée, faute de produit autorisé et de notice. À la lecture des études, trois situations ressortent comme risquées : une fonction rénale altérée, une goutte ou un taux d'acide urique élevé, et toute affection qui s'accompagne d'un lactate élevé [25], [10].
Doses utilisées dans les études
Les doses ci-dessous proviennent des études citées et ne figurent ici qu'à titre d'information scientifique. Ce ne sont ni des recommandations ni des indications transposables à un usage personnel.
| Étude | Population ou modèle | Dose | Voie | Durée | Réf |
|---|---|---|---|---|---|
| Dixon 1991, première étude chez l'humain | Hommes en bonne santé, 4 sous produit actif et 2 sous placebo par palier | 10, 25, 50 et 100 mg/kg | Dans une veine, puis par la bouche après une semaine d'intervalle | Doses uniques | [17] |
| Dixon 1993, étude au marqueur radioactif | 4 hommes en bonne santé | 25 mg/kg | Dans une veine | Une perfusion de 15 minutes | [9] |
| Holdright 1994, angine de poitrine stable | 12 patients, croisement à cinq bras | 6, 12, 24 et 48 mg/kg contre placebo | Dans une veine | Une perfusion par période d'étude | [24] |
| de Jonge 1997, manque d'oxygène sous stimulation cardiaque | 47 patients pendant une coronarographie | 5, 10, 20 et 50 mg/kg | Dans une veine | Unique | [10] |
| Leung 1994, pontage coronarien | 116 patients, trois groupes | Deux paliers de dose, non précisés en mg/kg, plus placebo | Dans une veine et dans la solution d'arrêt cardiaque | 7 heures | [23] |
| Menasche 1995, pontage coronarien | 821 patients, 403 sous acadésine | 0,1 mg/kg par minute plus 5 µg/ml dans la solution d'arrêt cardiaque | Dans une veine et dans la solution d'arrêt cardiaque | 7 heures | [22] |
| Analyse groupée McSPI 1997 | 4 043 patients, 2 012 sous acadésine | 0,1 mg/kg par minute | Dans une veine et dans la solution d'arrêt cardiaque | 7 heures | [3] |
| Mangano 2006, suivi à deux ans | 2 698 patients, 1 352 sous acadésine | 0,1 mg/kg par minute plus 5 µg/ml | Dans une veine et dans la solution d'arrêt cardiaque | 7 heures | [21] |
| RED-CABG 2012 | 3 080 patients, 1 536 sous acadésine | 42 mg/kg au total, perfusés à 0,1 mg/kg par minute, plus 5 µg/ml dans la solution d'arrêt cardiaque et dans l'amorçage du circuit | Dans une veine, dans la solution d'arrêt cardiaque et dans le circuit de circulation extracorporelle | Environ 7 heures | [1], [2] |
| Van Den Neste 2013, leucémie lymphoïde chronique | 24 adultes | Partie I 50 à 315 mg/kg ; partie II 210 mg/kg, le palier le plus fort toléré | Dans une veine | Perfusions de quatre heures, jusqu'à cinq sur 20 jours | [25] |
| Étude GFM 2013 à 2015, maladie de la moelle osseuse | 5 adultes | 140, 210 et 315 mg/kg par jour, paliers prévus | Dans une veine | Interrompue avant terme | [11] |
| NCT00004314, maladie de Lesch-Nyhan | 2 patients | Non précisée dans le registre | Perfusion continue | 12 jours après 3 jours de référence | [26] |
| Narkar 2008, étude chez la souris | Souris non entraînées, 15 à 20 par groupe | 500 mg/kg par jour ; 250 mg/kg par jour dans un bras de six jours | Dans l'abdomen | 4 semaines, ou 6 jours | [4] |
| Wong 2017, contrôle antidopage chez le cheval | 1 jument | 2 g | Dans une veine | Unique | [28] |
Tous les chiffres humains ci-dessus correspondent à une administration dans une veine, sous surveillance hospitalière, le plus souvent au bloc opératoire. On ne sait absolument rien de l'administration d'AICAR sous la peau. Les quantités animales en milligrammes par kilogramme ne se transposent pas à l'humain, en particulier pour une substance dont la biodisponibilité par la bouche est inférieure à 5 % [17].
Développement et statut réglementaire
L'AICAR n'a jamais été autorisé comme médicament, dans aucun pays, pour aucune indication, à aucun moment. Les vérifications de registres menées le 13 septembre 2026 n'ont rien trouvé nulle part, et aucun essai interventionnel ne le teste actuellement [1], [18].
Quatre décennies, d’un candidat médicament du cœur à une fiche de registre vide
- 1991Première étude chez l’humainPharmacocinétique chez des hommes en bonne santé ; biodisponibilité par la bouche inférieure à 5 %, réf. [17]
- 1994-1995Les premiers essais chirurgicaux116 patients, puis 821 ; critères principaux manqués dans les deux cas, réf. [23], [22]
- 1997L’analyse groupée4 043 patients, 27 % d’infarctus en moins autour de l’opération, réf. [3]
- 2005Désignation orpheline européenneEU/3/05/280 pour la leucémie lymphoïde chronique, accordée le 27 mai, réf. [18]
- 2006Publication du suivi à deux ans2 698 patients ; meilleure survie après un infarctus survenu autour de l’opération, réf. [21]
- 2009-2010RED-CABG recrute3 080 patients sur les 7 500 prévus, puis arrêt pour futilité, réf. [1], [2]
- 2012Le résultat met fin au programme5,1 contre 5,0 %, rapport de cotes 1,01, réf. [1]
- 2013-2015Dernier essai interrompuCinq patients inclus ; motif inscrit au registre, toxicité rénale, réf. [11]
- Fin des années 1980 Gensia Pharmaceuticals développe la substance comme agent régulateur de l'adénosine, sous les codes GP 1-110 et ARA-100 [15].
- De 1997 à 2005 le programme passe de Gensia Sicor à Metabasis, puis à PeriCor Therapeutics, et enfin à Schering-Plough, devenu Merck [15].
- 2005 la Commission européenne accorde la désignation orpheline EU/3/05/280 pour la leucémie lymphoïde chronique, sur un avis favorable du comité rendu le 7 avril [18].
- De 2007 à 2010 Advancell mène l'étude sur la leucémie chez 24 patients, enregistrée sous le nom de produit « Acadra » [29], [25].
- De 2009 à 2012 RED-CABG recrute, s'arrête et publie ses résultats ; le programme cardiaque prend fin [1], [2].
- De 2013 à 2015 le dernier essai, mené dans une maladie de la moelle osseuse, est interrompu après cinq patients [11].
| Marché | Statut | Depuis ou remarque |
|---|---|---|
| États-Unis | Non autorisé | Même pas proposé pour la préparation en pharmacie |
| Union européenne | Non autorisé | Désignation orpheline seulement |
| Allemagne | Non autorisé | Nommé dans la loi contre le dopage |
| Royaume-Uni | Non autorisé | Sans licence |
| Australie | Non autorisé | Non classé |
| Canada | Non autorisé | Aucune fiche en base |
| Suisse | Non autorisé | Aucune autorisation |
Cinq de ces lignes reposent sur des interrogations de bases menées en parallèle avec une substance de contrôle dans le même système. Un résultat vide signifie donc une absence, et non une requête défaillante [30], [31], [32], [33], [34]. La ligne britannique est plus faible : le registre n'a pas pu être interrogé ce jour-là, et le statut est déduit du tableau mondial [35].
Deux mentions sont régulièrement mal lues. La désignation orpheline européenne est un statut de soutien au développement d'un médicament contre une maladie rare, et l'agence indique clairement qu'elle n'est pas une autorisation de mise sur le marché. Aucune demande ne l'a jamais suivie. Le code ATC C01EB13 est un numéro de classification statistique, délivré sans qu'aucune dose quotidienne ait été définie [18], [14].
Un dernier point sépare l'AICAR de la plupart des substances de ce registre. Il ne figure sur aucune liste américaine de substances en vrac proposées pour la préparation en pharmacie, alors que l'ipamoréline apparaît dix fois dans le même document. Personne n'a jamais demandé de voie légale pour en fabriquer à destination humaine [36].
Le panorama juridique plus large est présenté sous les peptides sont-ils légaux et peptides autorisés par la FDA.
Antidopage
L'AICAR est interdit en permanence, en compétition comme hors compétition, et il est nommé sur la liste 2026 plutôt que capté par une clause générale. L'entrée se lit ainsi : "Activators of the AMP-activated protein kinase (AMPK), e.g. 5-N,6-N-bis(2-fluorophenyl)-[1,2,5]oxadiazolo3,4-bpyrazine-5,6-diamine (BAM15), AICAR, mitochondrial open reading frame of the 12S rRNA-c (MOTS-c)" (activateurs de la protéine kinase activée par l'AMP, par exemple le BAM15, l'AICAR et le MOTS-c) [6].
Cette entrée figure à la section S4.4.1, parmi les modulateurs métaboliques, et non parmi les hormones peptidiques de la section S2. Les substances des sections S4.3 et S4.4 sont des substances non spécifiées, la catégorie assortie de la fourchette de sanctions la plus stricte [6].
L'Allemagne va plus loin que les règles sportives. L'annexe de la loi contre le dopage cite l'AICAR comme exemple d'agonistes de l'axe AMPK, et un règlement de 2023 fixe à 7 000 mg la quantité seuil de cette ligne. Au-delà, l'acquisition et la détention sont des infractions pénales [7], [8].
La détection est justement le point difficile, parce que tout le monde a de l'AICAR dans les urines. Les laboratoires travaillent donc avec des seuils tirés de la population générale. Sur 12 377 échantillons prélevés chez des sportifs, la concentration moyenne était de 647 ± 365 ng/ml et la valeur médiane, celle qui coupe la série en deux, de 574 ng/ml. Le 99e centile s'établissait à 1786 ng/ml et le 99,7e centile à 2151 ng/ml [37].
Les échantillons dépassant 2000 à 2500 ng/ml ont été proposés pour une vérification complémentaire par analyse isotopique [37].
Deux autres outils viennent en appui. Le rapport entre l'AICAR et un composé apparenté, le SAICAr, varie dans des limites étroites sur 5517 échantillons. Chez les hommes, la valeur médiane de ce rapport était de 3,3 avec un 99e centile de 9,3 ; chez les femmes, de 4,2 et 14 [38].
Une méthode fondée sur les isotopes du carbone permet aussi de distinguer la molécule fabriquée par le corps de celle qui a été administrée. Elle a été validée dans un groupe de référence de 63 personnes, et elle a détecté une dose unique prise par la bouche pendant plus de 40 heures [39]. Le panorama complet de cette classe se trouve sous peptides interdits dans le sport.
Comparé aux peptides voisins
| Substance | Mode d'action | Données humaines | Statut sportif | Réf |
|---|---|---|---|---|
| AICAR | Nucléoside ; transformé en ZMP à l'intérieur de la cellule | Plus de 10 000 patients traités ; le plus grand essai est neutre | Nommé, S4.4.1 | [1], [6] |
| MOTS-c | Peptide mitochondrial agissant sur le métabolisme | Voir sa propre page | Nommé dans la même entrée de liste | [6] |
| SLU-PP-332 | Petite molécule agissant sur des récepteurs nucléaires | Aucune ; voir sa propre page | Voir sa propre page | — |
| 5-Amino-1MQ | Bloque une enzyme du métabolisme des cellules graisseuses | Voir sa propre page | Voir sa propre page | — |
| GW501516 | Petite molécule agissant sur un récepteur nucléaire | Voir la fiche du registre | Quantité seuil de 225 mg dans le droit allemand | [8] |
Le tableau montre un air de famille, pas une parenté chimique. Le MOTS-c est un peptide et l'AICAR n'en est pas un, pourtant la liste antidopage les nomme sur la même ligne, parce que tous deux se vendent sur la promesse d'imiter l'entraînement [6].
Le contraste des preuves est la partie utile. Le SLU-PP-332 et le 5-Amino-1MQ n'ont presque aucune donnée humaine, si bien que rien ne peut encore être écarté à leur sujet. L'AICAR, lui, compte 3 080 patients dans un seul essai bien mené, et ce qu'ils montrent, c'est un rapport de cotes de 1,01 [1].
Le droit allemand traite ces substances très différemment selon la quantité. Le seuil de la ligne de l'AICAR est de 7 000 mg ; pour la ligne du GW501516, il est de 225 mg, soit environ trente fois moins [8].
Idées reçues
- « L'AICAR est un peptide. » C'est un nucléoside de 258,23 g/mol, sans acide aminé ni liaison peptidique. Le vendre parmi les peptides relève du rayonnage, pas de la chimie [12].
- « Les essais de pontage ont montré qu'il prévient les infarctus. » C'était l'état des connaissances entre 1997 et 2012. Puis 3 080 patients ont donné 5,1 contre 5,0 % et un rapport de cotes de 1,01, et l'essai a été arrêté comme inutile [3], [1].
- « L'exercice en comprimé. » Des souris, quatre semaines, 500 mg/kg par jour dans l'abdomen. Chez l'humain, rien de tout cela n'a été testé, et le mot « comprimé » est de toute façon faux, puisque moins de 5 % de la dose avalée passe dans le sang [4], [17].
- « Il a une autorisation européenne, il a une désignation orpheline. » Une désignation soutient le développement contre une maladie rare et n'est expressément pas une autorisation. Aucune demande n'a suivi, et aucun rapport d'évaluation n'existe [18].
- « Le code ATC prouve que c'était un médicament du cœur autorisé. » Les codes sont des numéros de classification délivrés sur demande, y compris pour des substances jamais autorisées. Aucune dose quotidienne n'est définie pour celui-ci [14].
- « Ce n'est qu'un activateur de l'AMPK, donc on le comprend bien. » Une revue systématique de 2021 a trouvé que beaucoup de ses effets sont indépendants de cette enzyme, et une étude des protéines a désigné la forme phosphate comme la forme toxique [13], [16].
- « Le corps le fabrique de toute façon, donc il est inoffensif. » Les deux moitiés de la phrase sont vraies, et la conclusion ne suit toujours pas. La maladie héréditaire dans laquelle il s'accumule est dévastatrice, et un essai à doses élevées s'est arrêté pour atteinte des reins [27], [11].
- « Il tue les cellules cancéreuses de façon sélective. » Dans l'étude à l'origine de cette affirmation, les lymphocytes B sains étaient exactement aussi sensibles que les cellules leucémiques [20].
- « Il y a un essai en cours, l'intérêt renaît donc. » La fiche de registre que l'on cite porte sur des compléments de purines chez des personnes atteintes d'AICA-ribosidurie, une maladie d'excès d'AICAR, et aucun AICAR n'y est administré [40].
Questions fréquentes
L'AICAR est-il un peptide ?
Non. C'est un nucléoside, une petite molécule de 258,23 g/mol faite d'une base imidazole et d'un sucre, le ribose, sans aucun acide aminé ni liaison peptidique. Il figure dans ce registre parce qu'il est vendu et discuté à côté des peptides, non parce qu'il en est un. La liste antidopage le range parmi les modulateurs métaboliques, et non parmi les hormones peptidiques.
Quelle est la différence entre l'AICAR et l'acadésine ?
Ce sont deux noms pour le sujet de cette page, avec une subtilité chimique. L'acadésine est la dénomination commune internationale du riboside, référencé CID 17513 dans PubChem. Au sens strict, l'abréviation AICAR désigne le ribotide ZMP, CID 65110, le phosphate que la cellule fabrique à partir du riboside. L'usage courant, le commerce et la liste antidopage désignent tous le riboside.
Le grand essai de l'AICAR a-t-il fonctionné ?
Non, et c'est l'un des résultats négatifs les plus nets de ce registre. RED-CABG a réparti par tirage au sort 3 080 patients avant un pontage coronarien. Le critère principal est survenu chez 5,1 % des patients sous acadésine et chez 5,0 % sous placebo, soit un rapport de cotes de 1,01, avec un intervalle de confiance allant de 0,73 à 1,41. Le recrutement s'est arrêté avant terme parce que continuer n'avait plus de sens.
L'AICAR améliore-t-il l'endurance chez l'humain ?
Aucune étude ne l'a jamais mesuré. L'argument de l'endurance vient de 15 à 20 souris non entraînées par groupe, qui ont couru environ 44 % plus loin et environ 23 % plus longtemps après quatre semaines à 500 mg/kg par jour injectés dans l'abdomen. L'étude humaine la plus proche a mesuré pendant trois heures l'entrée du glucose dans le muscle chez 29 hommes, et a trouvé moins de la moitié de l'effet du vélo.
L'AICAR est-il interdit dans le sport ?
Oui, en permanence, en compétition comme hors compétition. Il est nommément cité sur la liste des interdictions 2026, à la rubrique S4.4.1, parmi les activateurs de la protéine kinase activée par l'AMP, et il compte comme substance non spécifiée. Comme tout le monde a naturellement de l'AICAR dans les urines, les laboratoires s'appuient sur des seuils de population et sur une méthode isotopique du carbone plutôt que sur une simple détection.
Est-il légal de détenir de l'AICAR ?
Cela dépend entièrement du pays où l'on vit, et c'est à chacun de se renseigner. L'Allemagne est le plus strict des marchés examinés ici : l'AICAR est nommé dans l'annexe de la loi contre le dopage, et un règlement de 2023 fixe une quantité seuil de 7 000 mg, au-delà de laquelle l'acquisition et la détention sont des infractions pénales.
L'AICAR est-il autorisé comme médicament quelque part ?
Non. Les vérifications menées le 13 septembre 2026 dans les bases américaine, canadienne, suisse, allemande et australienne n'ont trouvé aucune inscription, chaque fois à côté d'une substance de contrôle que la même requête a bien trouvée. La désignation orpheline européenne de 2005 est un statut de développement, pas une autorisation, et aucune demande ne l'a jamais suivie.
Quels sont les effets indésirables connus de l'AICAR ?
L'acide urique augmente, parce qu'il est le principal produit de dégradation. Le lactate sanguin a grimpé jusqu'à 60 % dans une étude. L'atteinte des reins est la limite documentée : un essai utilisant 140 à 315 mg/kg par jour s'est arrêté après cinq patients pour toxicité rénale. Une hypoglycémie grave est apparue chez six patients sous acadésine et chez aucun sous placebo dans le plus grand essai.
Pourquoi l'AICAR est-il vendu comme produit de recherche ?
Parce qu'il ne peut légalement être rien d'autre. Le développement s'est terminé sans autorisation nulle part, si bien qu'aucun médicament n'existe, et aucune voie pharmaceutique ne lui a jamais été ouverte non plus. Les vendeurs l'étiquettent comme non destiné à l'usage humain, ce qui ne change rien à la façon dont le droit du médicament traite un produit promu pour des personnes.
Sources
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- Health Canada, Drug Product Database, active ingredient endpoint https://health-products.canada.ca/api/drug/activeingredient/?ingredientname=acadesine Queried 13 September 2026: empty result, against two records for the control substance tesamorelin.
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- Therapeutic Goods (Poisons Standard — June 2026) Instrument 2026, F2026L00633, version of 28 May 2026, 674 pages. https://www.legislation.gov.au/F2026L00633 Downloaded and converted to 39 488 lines of text on 13 September 2026: no match for "acadesine", "AICAR" or "imidazole-4-carboxamide", against three matches for the control substance ipamorelin. Not being scheduled by name does not make an unregistered therapeutic good lawful to supply or import.
- Germany, annex 1 to the regulation on prescription-only medicines (Arzneimittelverschreibungsverordnung). https://www.gesetze-im-internet.de/amvv/anlage_1.html Retrieved 13 September 2026: no entry for "Acadesin", "AICAR" or "Aminoimidazol", against 10 matches for insulin and 1 for metformin. The substance is not prescription-only because it is not an authorised medicine at all.
- United Kingdom: the medicines regulator’s product index returned only an empty page frame on 13 September 2026, because results load dynamically, so no control query was possible either. The British status on this page is inferred from the absence of any approval worldwide, not from a database match.
- US Food and Drug Administration, "Certain bulk drug substances for use in compounding that may present significant safety risks" and the pages listing substances nominated under sections 503A and 503B. https://www.fda.gov/drugs/human-drug-compounding/certain-bulk-drug-substances-use-compounding-may-present-significant-safety-risks Retrieved 13 September 2026: no match for "acadesine" or "AICAR", against 10 matches for ipamorelin in the same document.
- Sobolevsky T, Ahrens B (2019). Urinary concentrations of AICAR and mannitol in athlete population. Drug Testing and Analysis 11(3):530-535. PMID 30548818. DOI 10.1002/dta.2557. 12 377 urine samples: mean 647 ± 365 ng/ml, middle value 574 ng/ml, 99th percentile 1786 ng/ml, 99.7th percentile 2151 ng/ml; samples above 2000 to 2500 ng/ml proposed for isotope checking.
- Sobolevsky T, Piper T, Ahrens B, Thevis M (2022). AICAr to SAICAr ratio can serve as additional marker of AICAr use. Drug Testing and Analysis 14(11-12):2017-2025. PMID 36342242. DOI 10.1002/dta.3399. 5517 athlete samples: middle value of the ratio 3.3 with a 99th percentile of 9.3 in men, and 4.2 with 14 in women.
- Piper T, Thomas A, Baume N, Sobolevsky T, Saugy M, Rodchenkov G, et al. (2014). Determination of 13C/12C ratios of endogenous urinary 5-amino-imidazole-4-carboxamide 1beta-D-ribofuranoside (AICAR). Rapid Communications in Mass Spectrometry 28(11):1194-1202. PMID 24760559. DOI 10.1002/rcm.6891. Carbon isotope method separating the body’s own molecule from an administered one; reference group of 63 people; detection for more than 40 hours after a single dose by mouth.
- ClinicalTrials.gov NCT06845501, "Purine Supplementation in Patients With AICA-Ribosiduria". Centre Hospitalier Universitaire de Saint-Etienne, 10 participants, recruiting. No AICAR is administered; the study concerns a disease in which the molecule accumulates. Found through the registry search for "acadesine" on 13 September 2026.
Citer cette page
Les faits de cette page ont été vérifiés le 13 septembre 2026, et tous les registres qui portent le tableau de statut ont été interrogés ce jour-là. Deux points sont plus faibles que le reste : la ligne britannique repose sur une déduction plutôt que sur une correspondance en base de données, et il n'a pas pu être établi si une demande américaine avait été déposée puis refusée dans les années 1990.
myPeptides Research & Editing. (2026). AICAR : ce que montrent les études, statut et sécurité. Version 1.0, 13 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/aicar
La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est décrite sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.
| Version | Date | Modification |
|---|---|---|
| 1.0 | 2026-09-13 | Première publication |
Dernière vérification : 13 septembre 2026. Prochaine revue : à tout nouvel essai enregistré, à tout changement du classement antidopage, ou à toute décision réglementaire sur un marché non examiné ici.
