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DSIP : ce que montrent les études, statut et sécurité

Le statut en bref

MarchéStatutDate
États-UnisNon autorisé
Union européenneNon autorisé
AllemagneNon autorisé
Royaume-UniNon autorisé
AustralieNon autorisé
CanadaNon autorisé
SuisseNon autorisé
Stade de développement
Autorisé
Meilleur niveau de preuve
Essai randomisé de phase 2
Statut AMA
Non établi
Dernière vérification
2026-09-07
Version
1.0

Cette page n'indique aucune dose.

DSIP : ce que montrent les études, statut et sécurité

Résumé

Le DSIP est une chaîne de neuf acides aminés trouvée dans le sang du cerveau de lapins, à Bâle, dans les années 1970. Son nom est une hypothèse formulée en 1977, pas un effet démontré : deux équipes indépendantes n'ont trouvé aucun bénéfice notable contre l'insomnie, et la meilleure étude moderne a trouvé l'inverse. La Russie est le seul pays à autoriser un produit nasal qui en contient. Aucun récepteur n'est connu.

L'essentiel en bref

  • Le nom vient d'une seule expérience chez le lapin. Neuf peptides ont été testés chez 61 lapins, en double aveugle. Seul le DSIP a fait monter les ondes cérébrales lentes et profondes, d'environ 35 pour cent par rapport aux animaux témoins. Aucun produit de dégradation ni aucune version modifiée n'a fait la même chose [1], [2].
  • Les deux tentatives indépendantes de reproduction ont échoué. En 1987, une équipe de Montevideo a jugé l'amélioration du sommeil de peu d'intérêt pour les patients. En 1992, une équipe d'Amsterdam a jugé un bénéfice thérapeutique important peu probable [3], [4].
  • L'étude humaine contrôlée la plus récente a trouvé l'inverse. Chez 24 femmes opérées, le produit a réduit l'activité delta, allégé l'anesthésie et fait monter la fréquence cardiaque [5].
  • Le peptide fabriqué par le corps ne se comporte pas comme un signal de sommeil. Mesuré toutes les 30 minutes chez 12 personnes, il culminait vers 15 heures. Son plus bas se situait vers 1 heure du matin. Ses taux étaient plus bas pendant le sommeil que pendant l'éveil [6].
  • Ni récepteur, ni gène, ni protéine précurseur. La synthèse de référence du domaine, publiée en 2006, y voit la raison pour laquelle le lien avec le sommeil n'a jamais été établi [7].
  • Autorisé dans un seul pays. Une préparation nasale qui associe le peptide à la glycine est enregistrée en Russie sous le numéro ЛП-003849 depuis le 20 septembre 2016 [8].
  • Pas un seul essai enregistré. Le registre ClinicalTrials.gov ne contenait aucune étude le 7 septembre 2026. L'agence américaine du médicament indique n'avoir trouvé aucune donnée de sécurité pour la voie proposée ; cette page était à jour au 22 avril 2026 [9], [10].

Ce qu'est le DSIP

Le DSIP est un nonapeptide, c'est-à-dire une courte chaîne de neuf acides aminés. Il sort d'une expérience peu banale. Marcel Monnier et Guido Schoenenberger ont stimulé une région profonde du cerveau chez le lapin, prélevé du sang dans une veine qui sortait du cerveau, puis dialysé ce sang.

Le liquide obtenu endormait d'autres lapins. Le peptide en a été extrait, sa séquence déterminée, puis il a été fabriqué par synthèse [2], [1].

Un détail chimique compte plus qu'il n'y paraît. Dans les travaux fondateurs, seule la forme alpha-aspartyle, la forme ordinaire, était active ; la forme bêta, très proche, ne l'était pas. Or les chaînes qui portent un aspartate à côté d'une glycine, comme celle-ci, sont connues pour se réarranger avec le temps en cette forme inactive [1].

L'Organisation mondiale de la santé lui a plus tard attribué le nom d'émideltide. C'est une décision de nomenclature pour un ingrédient, pas une autorisation [11], [10].

En bref

ChampValeurRéf.
NomDSIP ; dénomination commune internationale émideltide[11]
CodesDSIP ; Deltaran est le médicament fini russe[8]
ClasseNonapeptide naturel, fabriqué par synthèse[11]
StructureTrp-Ala-Gly-Gly-Asp-Ala-Ser-Gly-Glu, neuf acides aminés, sans cycle ni protection aux extrémités[1]
Formule et masseC35H48N10O15, 848,8 g/mol[11]
Demi-vieJamais mesurée chez l'être humain ; 4,0 ± 0,7 minutes chez le chien, 2,9 chez le singe, 2,0 ± 0,54 chez le rat[12]
Voie du produit autoriséPar le nez, sous forme de poudre lyophilisée associée à la glycine ; vendu sans ordonnance[8]
StatutAutorisé en Russie seulement, non autorisé partout ailleurs[8], [10]
Découvert parMarcel Monnier et Guido Schoenenberger, à Bâle[2]
Groupe ATCN07XX, porté par le produit russe, une rubrique fourre-tout[8]
Numéro de registre CAS62568-57-4[11]
UNIIYN28Z5YZ73[11]
PubChem CID68816[11]
InChIKeyZRZROXNBKJAOKB-GFVHOAGBSA-N[11]

DSIP : ce que montrent les études, statut et sécurité

Comment il agit

Personne ne le sait. Aucune cible n'a été identifiée, et la synthèse qui fait référence dans le domaine porte le sous-titre « a still unresolved riddle » (une énigme toujours non résolue) [7].

  • Aucun récepteur n'a jamais été trouvé. Ce que la littérature présente parfois comme un site de fixation est un mécanisme de transport. Dans un cerveau de cobaye maintenu en vie par une circulation artificielle, la vitesse de passage vers trois régions allait de 0,93 à 1,66 microlitre par minute et par gramme. Ajouter davantage de peptide simple la ramenait au niveau du bruit de fond. Une porte n'est pas un interrupteur [13], [7].
  • Ni gène ni protéine précurseur ne sont connus. Une équipe russe a proposé en 2011 que des enzymes appelées déméthylases d'histones de type JMJD1B en soient la source. Le fragment correspondant diffère à deux des neuf positions, et le travail est une simple comparaison de bases de données [14], [7].
  • Une piste opioïde a été avancée, puis n'a pas tenu. L'idée venait de l'observation que la naloxone annulait l'effet. Cette annulation ne démontre pas une fixation sur un récepteur opioïde. Une seconde étude a trouvé que l'effet sur le seuil de douleur chez le rat n'était pas du tout sensible à la naloxone [15], [16].
  • Il pourrait agir comme un amortisseur de stress général. Une abondante littérature animale, surtout russe, rapporte un bénéfice contre plusieurs agressions. Elle cite le froid, le manque d'oxygène, l'immobilisation et la baisse du débit sanguin cérébral. Cette ampleur est en soi un avertissement : aider dans tous les modèles peut être le signe d'une méthode faible [17], [18].
  • Le peptide mesuré n'est peut-être pas le peptide actif. Sa détection dans les tissus reposait sur des anticorps. Une partie de ce qu'ils reconnaissent est accrochée à une protéine porteuse plus grosse. La synthèse de 2006 juge possible qu'un autre peptide, encore jamais isolé, fasse le travail [7], [19].
  • Les hypothèses hormonales ont été testées chez l'être humain et ont échoué. Le peptide n'a modifié ni les hormones du stress, l'ACTH et le cortisol, ni l'hormone de croissance et la prolactine [20], [21].

Une propriété complique toutes les études. Le lien entre la quantité donnée et l'effet obtenu a été décrit à plusieurs reprises comme non monotone : plus ne veut pas dire davantage, et le sens de l'effet peut s'inverser [17].

C'est ce qui distingue le DSIP des peptides auxquels on le compare. Les produits qui font libérer l'hormone de croissance agissent sur un récepteur que l'on peut nommer et mesurer. Ici, il n'y a rien à mesurer [7].

Ce que les études ont trouvé

Le dossier humain est petit, ancien et déséquilibré. PubMed contient environ 462 références, mais une grande partie porte sur l'animal ou sur un autre usage du même sigle. Les travaux chez l'être humain se comptent sur une douzaine [22].

Les résultats positifs sur le sommeil viennent presque tous d'une même équipe bâloise, qui comptait l'un des découvreurs. Les deux équipes qui ont vérifié de l'extérieur ne les ont pas confirmés [3], [4], [23].

Nombre de participants dans chaque étude du DSIP menée chez des humains
Volontaires sains, 1981
6participants
Deltaran dans le diabète, 2004
11participants
Insomnie, Bâle 1987
14participants
Insomnie, Amsterdam 1992
16participants
Insomnie, Bâle 1986
18participants
Profondeur anesthésique, 2009
24participants
Sevrages, 1983
67participants
Sevrages, 1984
107participants

Les deux plus grandes études étaient ouvertes, sans groupe témoin ni aveugle. La plus grande étude contrôlée a inclus 24 personnes. Sources [24], [25], [26], [4], [5], [15], [27], [28].

Le sommeil dans les études de l'équipe qui a découvert le peptide

Petite étude en aveugle, un seul centre Le premier usage chez l'être humain a donné une perfusion lente à six volontaires en bonne santé. Sur les deux heures suivantes, le temps de sommeil total dépassait de 59 pour cent celui obtenu avec un traitement factice. Il s'agit de la valeur médiane, c'est-à-dire celle du milieu [24]. Six personnes souffrant d'insomnie ancienne ont ensuite dormi plus longtemps et se sont réveillées moins souvent [29].

Étude contre placebo, un seul centre Le protocole le plus solide de cette série a porté sur 14 patients pendant sept nuits consécutives, avec un meilleur sommeil nocturne et une meilleure vigilance dans la journée [26]. Une étude d'une semaine chez 18 patients a rapporté un sommeil normalisé dans la moitié la plus jeune du groupe [25].

La même équipe a résumé cinq de ses propres études, décrivant un effet apparaissant au bout d'une heure environ et durant jusqu'à 20 heures. Cela cadre mal avec une substance qui quitte le sang des animaux en quelques minutes [23], [12].

Le sommeil quand d'autres équipes ont testé

Réplication indépendante, négative Une équipe de Montevideo a mené une étude en double aveugle avec permutation, sur quatre nuits, chez des personnes souffrant d'insomnie chronique. Le nombre de réveils et le temps total d'éveil ont diminué. La baisse n'était nette ni par rapport au départ, ni par rapport aux nuits sous traitement factice. Là où une différence atteignait le seuil de significativité, elle existait déjà avant le traitement [3].

Deux détails font de cette étude la pièce maîtresse. Le sommeil à ondes lentes, précisément ce à quoi renvoie le nom du peptide, n'a pas changé. Et les auteurs ont conclu que toute amélioration observée avait peu d'intérêt pour les patients [3].

Réplication indépendante, faible Une équipe d'Amsterdam a étudié 16 patients par paires appariées, sur cinq nuits en laboratoire. L'efficacité du sommeil et le délai d'endormissement se sont améliorés par rapport au traitement factice. Les effets étaient faibles, et une partie de l'écart venait d'un décalage dû au hasard dans le groupe témoin. Les auteurs ont jugé peu probable un bénéfice thérapeutique important [4].

La profondeur de l'anesthésie

Essai randomisé contrôlé L'étude humaine la plus récente, publiée en 2009, a porté sur 24 femmes opérées. La moitié recevait le peptide et l'autre du sérum physiologique, une fois éveillées et une fois sous anesthésie. La fréquence cardiaque a monté et sa variabilité a baissé. L'activité delta a diminué et les pauses plates qui signent une anesthésie profonde se sont raréfiées. L'indice de profondeur de l'anesthésie a monté au niveau le plus bas testé [5].

Les auteurs y lisent un état plus léger, et non plus profond. Dans le travail humain récent le mieux contrôlé, le peptide inducteur du sommeil delta a réduit l'activité delta [5].

Sevrage de l'alcool et des opiacés

Étude ouverte, sans groupe témoin Deux séries genevoises ont rapporté des chiffres spectaculaires. Dans la première, 48 des 49 personnes évaluables, sur 67 au total, se sont améliorées. Dans la seconde, portant sur 107 patients hospitalisés, les symptômes ont disparu ou diminué rapidement chez 97 pour cent des sevrages d'opiacés et 87 pour cent des sevrages d'alcool [15], [27].

Aucune des deux séries n'avait de groupe témoin ni d'aveugle, et environ un quart du premier groupe n'a pas pu être évalué. Les symptômes de sevrage s'atténuent d'eux-mêmes, si bien qu'on ne peut pas distinguer l'effet du temps de celui du traitement [15], [27], [30].

Les mesures hormonales

Étude contrôlée, négative Chez des hommes en bonne santé, la perfusion n'a modifié ni la réponse de l'ACTH ni celle du cortisol. Cela valait après un test hormonal comme après un repas. Les auteurs écrivent que leurs données ne soutiennent pas un rôle inhibiteur chez l'être humain [20]. Une seconde équipe a bien vu l'ACTH baisser par rapport au sérum physiologique chez huit hommes [31].

Étude contrôlée, négative Chez huit femmes en bonne santé, ni l'hormone de croissance ni la prolactine n'ont bougé. Cet article contient une remarque inexpliquée : les quantités utilisées sont connues pour modifier le tracé de l'électrocardiogramme [21].

Le peptide fabriqué par le corps

Étude observationnelle Douze personnes ont été prélevées toutes les 30 minutes pendant une journée entière, avec enregistrement simultané du sommeil. Les taux culminaient vers 15 heures et atteignaient leur plus bas vers 1 heure du matin. Ils suivaient de près la température du corps (r² = 0,66 ; p < 0,0001). Ils étaient plus bas pendant le sommeil paradoxal (p < 0,005) et pendant le sommeil à ondes lentes (p < 0,05) que pendant l'éveil [6].

Étude observationnelle Les personnes atteintes du syndrome de Cushing, dont le corps fabrique trop de cortisol, dorment moins profondément. Le sommeil profond occupait 5,8 ± 1,4 pour cent de la nuit chez 12 patients. Chez 12 volontaires comparables, il en occupait 14,0 ± 2,5 pour cent (p < 0,01).

Leurs taux de peptide le matin étaient plus bas, et non plus hauts : 797 ± 57 contre 1 062 ± 99 pmol/l. Cette comparaison plus large portait sur 65 patients et 49 volontaires (p < 0,05). Moins une personne avait de sommeil profond, plus son taux du matin était élevé (r = -0,43 ; p < 0,05). Les auteurs y voient un argument contre un lien de cause à effet [32].

Étude observationnelle Dans l'apnée du sommeil et la narcolepsie, il n'y avait aucune différence entre les groupes [33].

Les travaux chez l'animal

Données animales L'expérience fondatrice chez le lapin reste le résultat positif le plus net. Les ondes lentes profondes et les fuseaux du sommeil ont augmenté d'environ 35 pour cent, et huit autres peptides n'ont rien donné [1]. En 2001, la même espèce et la même voie n'ont produit aucun effet. Sur 13 versions modifiées, deux ont augmenté le sommeil à ondes lentes de 10 à 15 pour cent et une l'a diminué [34].

Données animales L'argument le plus fort en faveur d'un rôle naturel est indirect. Des rats privés de sommeil pendant quatre heures ont montré des hausses du sommeil à ondes lentes (p < 0,001) et de l'hormone de croissance (p < 0,01). Un anticorps dirigé contre le peptide a bloqué les deux [35].

Données animales Deux études sur la durée de vie de souris ont utilisé le produit combiné russe, cinq jours par mois pendant toute la vie, avec 54 animaux par groupe. La durée de vie moyenne n'a pas changé. Le dernier dixième des survivantes a vécu 17,1 pour cent plus longtemps et la durée de vie maximale a augmenté de 24,1 pour cent. Les tumeurs spontanées étaient 2,6 fois moins fréquentes [36], [37].

Ce que l'on ignore encore

  • Ce que le corps humain en fait. Aucune demi-vie ni aucune valeur d'élimination n'a été publiée chez l'être humain. Les valeurs animales sont de 4,0 ± 0,7 minutes chez quatre chiens, 2,9 minutes chez un singe et 2,0 ± 0,54 minutes chez trois rats [12].
  • S'il peut être pris par la bouche. Dans un modèle de cellules intestinales humaines, seuls 8,2 ± 1,1 pour cent du produit ont survécu deux heures du côté proche. Rien n'est apparu de l'autre côté, même en bloquant les enzymes de dégradation [38].
  • S'il est sûr à la longue. L'usage humain documenté le plus long est d'une semaine, et il n'existe aucune donnée sur la réaction immunitaire ou les anticorps [25], [10].
  • Si la voie nasale se comporte comme la voie injectée. Aucune étude ne les compare. Le seul produit autorisé au monde est nasal, alors que presque toutes les données occidentales viennent de perfusions [39], [8].
  • Ce que contient la marchandise du marché gris. Aucune analyse de laboratoire d'un produit vendu dans le commerce n'a été publiée, contrairement au BPC-157 et au TB-500 [10].

Effets indésirables et sécurité

Le dossier de sécurité est mince plutôt que rassurant. Moins de 250 personnes ont une exposition documentée, le plus souvent sans relevé systématique des effets indésirables ni suivi.

  • Fréquence cardiaque en hausse, variabilité en baisse. C'est le seul effet physiologique issu d'une étude humaine contrôlée, observé chez 24 femmes opérées [5].
  • Une anesthésie plus légère. Dans la même étude, l'indice de profondeur a monté et les pauses plates de l'anesthésie profonde se sont raréfiées. Cela compte parce que le sens de l'effet est l'inverse de celui attendu [5].
  • Une remarque inexpliquée sur l'électrocardiogramme. Un article de 1993 sur les hormones note au passage, sans chiffres, que les quantités utilisées sont connues pour modifier le tracé [21].
  • Des maux de tête. Rapportés chez quelques personnes dans la série de 107 patients en sevrage, qui n'avait pas de groupe témoin [27].
  • Des réactions allergiques et une irritation du nez. Ce sont les deux effets indésirables de la notice russe, donnés sans fréquences. Ils décrivent le produit nasal combiné, pas le peptide injecté [8].
  • Un syndrome de type parkinsonien chez le rat. Rapporté en 1990 après injection directe dans la substance noire du cerveau. Cette voie est purement expérimentale, et d'autres travaux dans la même région rapportent l'inverse [40], [41].

La notice russe exclut la grossesse, l'allaitement et les moins de 18 ans, et déconseille l'usage en cas de rythme cardiaque nettement ralenti. Cet avertissement et les observations cardiaques sous anesthésie pointent dans la même direction, à partir de deux sources sans lien entre elles [8], [5].

Le résumé le plus net vient de l'agence elle-même. L'agence américaine du médicament signale de possibles réactions immunitaires pour certaines voies et la difficulté de caractériser la substance et ses impuretés. Elle note ensuite n'avoir trouvé aucune donnée de sécurité pour la voie proposée, et ne pas pouvoir dire, dès lors, si la substance causerait un dommage [10].

Pourquoi cette page n'indique pas de posologie

Un pays autorise un médicament contenant ce peptide, avec une notice officielle et un schéma d'administration approuvé derrière lui. Là où un médicament est autorisé, le choix des quantités revient à cette notice. Il revient aussi au pharmacien ou au médecin qui le délivre, pas à une page de référence [8].

Partout ailleurs, il n'existe aucun produit autorisé et aucune norme de pharmacopée. Aucune étude humaine sur le devenir du produit dans le corps ne permet non plus de raisonner. Cette page ne donne donc ni quantités, ni concentrations, ni durées de traitement, ni mode d'emploi, dans un sens comme dans l'autre [10], [12].

Développement et statut réglementaire

D'un laboratoire bâlois à une note de sécurité américaine

  1. 1977Nommé après une seule expérienceLes ondes lentes profondes montent de 35 pour cent environ chez le lapin ; le peptide est séquencé puis synthétisé, réf. [2], [1]
  2. 1987Premier test indépendant, négatifUne équipe de Montevideo juge le gain de sommeil peu utile pour les patients, réf. [3]
  3. 1992Deuxième test indépendant, faibleAmsterdam juge un bénéfice important peu probable ; le développement occidental cesse, réf. [4]
  4. 2001Résultat chez le lapin non reproduitEspèce et voie identiques à celles de 1977, aucun effet net sur le sommeil, réf. [34]
  5. 2009Effet inverse sous anesthésie24 patientes, activité delta en baisse et anesthésie plus légère, réf. [5]
  6. 2016Autorisation russePréparation nasale enregistrée sous le numéro ЛП-003849 le 20 septembre, réf. [8]
  7. 2026La FDA acte des données de sécurité manquantesInscription au tableau des candidatures retirées, page à jour au 22 avril, réf. [10]
  • 1977 et 1978 le peptide est séquencé et nommé d'après l'effet observé chez le lapin [2], [1].
  • 1981 à 1987 l'équipe bâloise publie ses études sur le sommeil chez l'être humain [24], [26].
  • 1987 et 1992 deux équipes extérieures testent la promesse sur le sommeil et ne la confirment pas [3], [4].
  • 2009 la dernière étude humaine contrôlée trouve l'effet inversé [5].
  • 2016 la Russie enregistre la préparation nasale le 20 septembre [8].
  • 2026 l'agence américaine du médicament acte l'absence de données humaines de sécurité, au 22 avril [10].
MarchéStatutDepuis ou remarque
RussieAutorisé2016, par voie nasale
États-UnisNon autoriséListe des risques de sécurité
Union européenneNon autoriséAucun rapport d'évaluation
AllemagneNon autoriséNon inscrit sur les listes
Royaume-UniNon autoriséSans autorisation
AustralieNon enregistréNon inscrit sur les listes
CanadaNon autoriséAucun numéro de produit
SuisseNon autoriséRien trouvé

Les vérifications dans les registres ont été faites le 7 septembre 2026. Les entrées américaine, australienne et allemande reposent sur des documents d'origine lus en entier. Chacun a été validé en cherchant dans la même source une substance dont on sait qu'elle y figure [10], [42], [43].

Quatre entrées sont plus fragiles. Aucun document d'origine n'a pu être obtenu pour l'Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse ; le statut y découle donc de l'absence de toute trace d'autorisation [10].

L'entrée russe repose sur deux bases de données nationales indépendantes, qui s'accordent sur le numéro, la composition et la forme. Le registre d'État lui-même n'a renvoyé aucune page lisible [8].

Deux choses méritent d'être dites clairement sur cette autorisation. Elle porte sur une association du peptide et de la glycine administrée par le nez, vendue sans ordonnance, et non sur la substance pure injectée des études occidentales. Et elle signifie qu'une autorité a accepté un dossier : aucun essai randomisé contre placebo portant sur ce produit n'est retrouvable [8], [9].

Le tableau juridique d'ensemble se trouve sur les pages les peptides sont-ils légaux et peptides autorisés par la FDA.

Antidopage

Le DSIP n'est pas cité sur la liste des interdictions 2026, et il ne l'était pas non plus sur celle de 2025. Sa situation n'est réellement pas tranchée, et pour une raison inhabituelle [44].

La catégorie fourre-tout couvre toute substance non traitée ailleurs sur la liste. Elle vise celles qu'aucune autorité sanitaire publique n'autorise en vigueur pour un usage thérapeutique humain. La première moitié de la définition correspond. La seconde s'applique mal, puisque le ministère russe de la santé a autorisé chez l'être humain une préparation contenant ce peptide [44], [8].

L'argument inverse est que l'autorisation russe porte sur un produit nasal combiné, et non sur la substance injectée vendue comme produit de recherche. Aucune décision publiée ne tranche la question [44].

Deux affirmations sont donc à éviter. Ne pas être cité ne veut pas dire autorisé, puisque la catégorie fourre-tout ne comporte aucune liste de noms. Et, à l'inverse, cette catégorie ne s'applique pas automatiquement ici.

Toute personne soumise aux contrôles supporte le risque de cette lecture. Elle a besoin d'une réponse ferme de sa propre organisation antidopage. L'association sportive universitaire américaine ne cite pas non plus le peptide, tout en précisant que sa liste n'est pas exhaustive [45]. Le tableau d'ensemble se trouve sur la page peptides interdits dans le sport.

Comparaison avec les peptides voisins

PeptideOrigineStatutMeilleures données humainesAntidopage
DSIPIsolé du sang cérébral du lapin, à BâleAutorisé en Russie seulement, association nasaleDeux études indépendantes, toutes deux pour l'essentiel négatives [3], [4]Non tranché [44]
SelankLa tuftsine, un fragment du système immunitaire, plus une queue stabilisanteMédicament sans ordonnance en Russie seulementImagerie cérébrale chez 52 adultes en bonne santé, aucun symptôme mesuréNon tranché [44]
SemaxFragment de l'hormone du stress ACTH, plus la même queueMédicament sur ordonnance en Russie seulementLe même programme d'imagerie cérébrale, 52 adultes en bonne santéNon tranché [44]
ÉpitalonPeptide de synthèse à quatre maillons, issu d'un extrait de glande pinéaleAutorisé nulle partNon évaluées sur cette pageCouvert par la catégorie fourre-tout [44]

Ces quatre produits sont réunis ici pour une seule raison : la Russie. Trois d'entre eux y ont trouvé un point d'ancrage réglementaire qu'aucun autre pays n'a offert, et tous les quatre se vendent à l'international en s'en réclamant [8], [44].

Le DSIP fait figure d'exception dans ce groupe. C'est le seul des quatre à avoir fait l'objet de tentatives occidentales indépendantes de reproduction, et celles-ci ont été négatives. C'est plus d'information que n'en ont la plupart des peptides du marché gris, et cette information va dans le mauvais sens [3], [4].

C'est aussi le seul dont la forme autorisée l'associe à un second principe actif. La glycine n'est pas un excipient : c'est un signal apaisant à part entière, vendu séparément en Russie. Toute affirmation sur le produit russe porte sur cette association [8].

Idées reçues

  • « Le DSIP est un somnifère. » Le nom est une hypothèse de 1977. L'effet sur le sommeil est le résultat le moins bien reproduit du domaine. Le sommeil profond n'a pas changé en 1987, les effets étaient faibles en 1992, les lapins n'ont rien montré en 2001, et l'activité delta a baissé en 2009 [3], [4], [34], [5].
  • « DSIP, Deltaran et émideltide, c'est la même chose. » L'émideltide est le nom officiel de l'ingrédient. Le Deltaran est un médicament nasal russe qui associe le peptide à la glycine. Les études occidentales ont utilisé la substance pure en perfusion, et les résultats ne se transposent pas [8], [11].
  • « Il existe un récepteur du DSIP. » Il n'en existe pas, et il n'y a ni gène ni protéine précurseur. Ce que l'on cite comme un site de fixation est un passage à travers la barrière entre le sang et le cerveau, qui peut être saturé [7], [13].
  • « Les analogues comme le P-DSIP sont des DSIP plus puissants. » Ce sont des substances distinctes. Dans les travaux de 2001 chez le lapin, changer un seul acide aminé a augmenté le sommeil à ondes lentes dans deux versions et l'a diminué dans une troisième [34], [1].
  • « Autorisé en Russie veut dire correctement testé. » Une autorisation atteste qu'une autorité a accepté un dossier. Aucun essai randomisé contre placebo portant sur ce produit n'est retrouvable, et aucun essai sur la substance n'est enregistré où que ce soit [8], [9].
  • « Il agit jusqu'à 20 heures. » Cette affirmation vient du résumé publié par l'équipe qui a découvert le peptide. Chez l'animal, la substance quitte le sang en quelques minutes, et son principal produit de dégradation est un acide aminé ordinaire, le tryptophane. Personne n'a résolu cette contradiction [23], [12], [19].

Questions fréquentes

Le DSIP améliore-t-il vraiment le sommeil ?

Les données ne le montrent pas. Les études qui rapportent un meilleur sommeil viennent presque toutes de l'équipe qui a découvert le peptide. Les deux équipes extérieures qui ont vérifié n'ont presque rien trouvé. L'une a jugé l'amélioration de peu d'intérêt pour les patients, l'autre un bénéfice important peu probable. En 2009, une étude contrôlée a vu l'activité delta baisser au lieu de monter.

Pourquoi le DSIP s'appelle-t-il peptide inducteur du sommeil delta s'il n'induit pas le sommeil delta ?

Le nom a été donné en 1977, après une expérience en double aveugle chez le lapin, où les ondes cérébrales lentes et profondes ont augmenté d'environ 35 pour cent. Le nom est resté, le résultat non. Quand la même espèce et la même voie ont été reprises en 2001, il n'y a eu aucun effet net sur le sommeil.

Le DSIP est-il autorisé quelque part ?

En Russie seulement. Une préparation nasale lyophilisée qui associe le peptide à la glycine y est enregistrée sous le numéro ЛП-003849 depuis le 20 septembre 2016. Il n'existe aucune autorisation aux États-Unis, dans l'Union européenne, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Australie, au Canada ni en Suisse.

Le DSIP est-il approuvé par la FDA ?

Non. Deux documents sont régulièrement mal lus. Le registre américain des substances mentionne l'émideltide avec le statut « approved ». Cela vise l'enregistrement du nom, et non un médicament. Par ailleurs, l'agence américaine du médicament classe la substance parmi celles qui peuvent présenter des risques de sécurité importants en préparation magistrale. Elle n'a trouvé aucune donnée de sécurité pour la voie proposée.

Combien de temps le DSIP reste-t-il dans le corps ?

Personne ne l'a mesuré chez l'être humain. Chez l'animal, il disparaît vite : 4,0 minutes chez le chien, 2,9 chez un singe et 2,0 chez le rat. Cela cadre mal avec l'affirmation des découvreurs, qui parlaient d'un effet durant jusqu'à 20 heures, et la contradiction n'a jamais été levée.

Le DSIP est-il la même chose que le Deltaran ?

Non. Le Deltaran est un médicament russe qui associe le peptide à la glycine sous forme de poudre nasale. La glycine est elle-même un signal apaisant, pas un simple excipient. Tout ce qui est rapporté sur le Deltaran décrit cette association, alors que presque toute la recherche occidentale a utilisé le peptide pur en perfusion.

Le DSIP est-il interdit dans le sport ?

La question n'est pas tranchée. Le peptide n'est pas cité sur la liste des interdictions 2026. La catégorie fourre-tout vise les substances qu'aucune autorité sanitaire publique n'autorise. Or l'autorisation russe est en vigueur, si bien qu'à la lettre cette catégorie pourrait ne pas s'appliquer. Toute personne soumise aux contrôles a besoin d'une réponse ferme de son organisation antidopage.

Quels effets indésirables du DSIP sont connus ?

Très peu de choses sont documentées, ce qui n'est pas la même chose qu'un produit sûr. La seule étude contrôlée à s'y être intéressée a vu la fréquence cardiaque monter et sa variabilité baisser. L'anesthésie y était aussi moins profonde. Un article de 1993 mentionne des modifications inexpliquées de l'électrocardiogramme. La notice russe cite des réactions allergiques et une irritation du nez, sans donner de fréquences.

Des essais cliniques sur le DSIP sont-ils en cours ?

Aucun. Le registre ClinicalTrials.gov ne contenait aucune étude le 7 septembre 2026, pour cinq termes de recherche différents. Toutes les données humaines sont antérieures à l'enregistrement obligatoire des essais. On ne peut donc pas les confronter à un protocole déposé. La dernière étude contrôlée date de 2009.

Le DSIP a-t-il un récepteur connu ?

Non. Après près de cinquante ans, il n'existe ni récepteur identifié, ni gène, ni protéine précurseur. La synthèse de référence de 2006 y voit la raison pour laquelle le lien avec le sommeil n'a jamais été caractérisé plus loin. Ce que l'on présente comme un site de fixation est en réalité un mécanisme de transport qui fait entrer le peptide dans le cerveau.

Sources

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  8. Product information for Deltaran (Дельтаран), registration ЛП-003849 of 20 September 2016, re-issued 9 March 2022. Marketing authorisation holder OOO Nauchno-issledovatelskiy tsentr KOMKON; manufacturer the State Research Institute of Highly Pure Biopreparations, St Petersburg. The state register itself returned no readable page on 7 September 2026, so two independent Russian medicines databases were read instead and agreed on every core entry. Both databases give the dispensing status as without prescription. https://www.rlsnet.ru/drugs/deltaran-8383 and https://www.vidal.ru/drugs/deltaran
  9. ClinicalTrials.gov API v2, intervention field queried on 7 September 2026 for "delta sleep-inducing peptide", "delta sleep inducing peptide", "DSIP", "emideltide" and "deltaran". No study. The single phrase hit, NCT05251207, is a trial of L-carnitine in 40 people and does not involve the peptide. https://clinicaltrials.gov/
  10. US Food and Drug Administration. Certain bulk drug substances for use in compounding that may present significant safety risks. Entry "Emideltide (DSIP)" in the table of bulk drug substances nominated but withdrawn. Page content current as of 22 April 2026, retrieved 7 September 2026. https://www.fda.gov/drugs/human-drug-compounding/certain-bulk-drug-substances-use-compounding-may-present-significant-safety-risks
  11. PubChem compound CID 68816 and the FDA global substance register record for UNII YN28Z5YZ73, both queried on 7 September 2026. They agree on formula, mass, InChIKey and the two registry numbers. The register status "approved" refers to the name entry, not to any medicine. Wikidata points instead to CID 5523017, a separate record for the same substance. https://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/68816
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  17. Graf MV, Kastin AJ (1984). Delta-sleep-inducing peptide (DSIP): a review. Neuroscience and Biobehavioral Reviews 8(1):83-93. PMID 6145137. DOI 10.1016/0149-7634(84)90022-8. With the 1986 update, Peptides 7(6):1165-1187, PMID 3550726. Both describe the non-monotonic shape of the dose-response relationship.
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  44. World Anti-Doping Agency, The 2026 Prohibited List. Full text of the official promulgation checked on 7 September 2026 for "delta sleep", "DSIP", "emideltide" and "deltaran"; no match, and none in the 2025 list either. A control search found BPC-157 in the same document under class S0. https://www.wada-ama.org/en/prohibited-list
  45. National Collegiate Athletic Association, banned substances list. The peptide is not named. The list states in its own words that it is neither complete nor exhaustive and that anything chemically or pharmacologically related to the named classes is also banned.

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Les informations de cette page ont été vérifiées le 7 septembre 2026, et les registres qui alimentent le tableau des statuts ont été interrogés le même jour. Deux choses peuvent bouger : l'enregistrement russe, et la question antidopage qui n'a jamais été tranchée. La version et la date comptent donc autant que le texte.

myPeptides Research & Editing. (2026). DSIP : ce que montrent les études, statut et sécurité. Version 1.0, 7 septembre 2026. Registre des peptides myPeptides. Consulté sur https://mypep.app/peptides/dsip

La façon dont les pages de ce registre sont établies et notées est décrite sous méthodologie ; le registre complet se trouve sous peptides.

VersionDateModification
1.02026-09-07Première publication

Dernière vérification : 7 septembre 2026. Prochaine révision : à tout changement de l'enregistrement russe, à toute action de l'agence américaine du médicament concernant la substance, ou à toute clarification de son statut antidopage.

Identifiants

IdentifiantValeur
Numéro CAS62568-57-4
CID PubChem68816
UNIIYN28Z5YZ73
InChIKeyZRZROXNBKJAOKB-GFVHOAGBSA-N
ChEMBLCHEMBL2104403
WikidataQ27294600
Formule bruteC35H48N10O15
Masse moléculaire848.8
SéquenceWAGGDASGE

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