Tésamoréline vs HGH (somatropine) : différences, études et sécurité
La réponse en bref
La tésamoréline et le HGH (somatropine) agissent à deux étapes différentes de la même chaîne hormonale. La tésamoréline pousse l'hypophyse à libérer l'hormone de croissance du corps, alors que la somatropine est l'hormone de croissance elle-même. La tésamoréline n'est prescrite qu'aux États-Unis, contre la graisse du ventre chez des adultes vivant avec le VIH. La somatropine est autorisée dans les sept pays examinés. Aucune comparaison directe n'a pu être trouvée.
En un coup d'œil
Comment ils agissent
Les deux substances finissent par augmenter l'activité de l'hormone de croissance dans le corps, mais elles entrent dans la chaîne à des endroits différents. La classification des médicaments les range dans le même groupe, sous des codes distincts : H01AC06 pour la tésamoréline et H01AC01 pour la somatropine [1].
Tésamoréline
- C'est une copie fabriquée en laboratoire de l'hormone de libération de l'hormone de croissance, le signal du cerveau qui ordonne à l'hypophyse de libérer de l'hormone de croissance. Elle porte les 44 briques élémentaires, les acides aminés, de l'hormone naturelle [2].
- Un petit groupe de six carbones accroché à l'extrémité avant, appelé groupe hexénoyle, ralentit sa dégradation [2].
- Elle se fixe sur des points d'ancrage de l'hypophyse, qui libère alors l'hormone de croissance par vagues, comme ce circuit le fait d'ordinaire [2].
- Chez les patients, elle fait monter l'IGF-1, un messager fabriqué surtout par le foie, ainsi que sa protéine de transport, l'IGFBP-3. Les autres hormones de l'hypophyse n'ont pas bougé de façon notable dans les essais d'autorisation [2].
HGH (somatropine)
- C'est l'hormone humaine complète, fabriquée en laboratoire : une seule chaîne de 191 acides aminés, identique à l'hormone produite par l'hypophyse [3], [4].
- Elle se fixe sur le récepteur de l'hormone de croissance, présent sur les cellules du foie, du cartilage, de l'os, du muscle et de la graisse, et agit directement sur elles [4].
- Elle fait monter l'IGF-1 et accélère la dégradation de la graisse stockée. Elle rend aussi le corps moins sensible à l'insuline, ce qui explique qu'un diabète puisse apparaître sous traitement [4].
La différence essentielle tient donc à l'étape. La tésamoréline demande à l'hypophyse davantage de l'hormone du corps. L'hormone de croissance injectée, elle, se passe entièrement de l'hypophyse [2], [4].
Les deux molécules diffèrent aussi par leur taille et par leur durée d'action. La tésamoréline pèse 5 135,9 daltons et sa demi-vie est d'environ 11 minutes chez l'adulte en bonne santé. Son pic sanguin arrive après 0,15 heure en médiane, c'est-à-dire la valeur du milieu [2]. La somatropine pèse 22 124,8 daltons. Injectée sous la peau, elle a une demi-vie de 3,0 ± 1,44 heures et atteint son pic après 5,9 ± 1,65 heures [3], [4].
Ce que montrent les études
Aucune étude comparant directement la tésamoréline et le HGH (somatropine) n'a pu être trouvée dans la littérature publiée examinée pour cette page. Chacune a été testée dans ses propres populations et pour ses propres buts. Voici donc les études de chaque substance, prises séparément.
Tésamoréline : la graisse profonde du ventre dans le VIH
RCT de phase 3 Le premier essai d'autorisation a réparti au hasard 412 adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie, un trouble où la graisse du corps se répartit de façon inhabituelle. Après 26 semaines, la graisse profonde qui entoure les organes avait baissé de 15,2 % sous traitement et augmenté de 5,0 % sous placebo (p < 0,001) [5].
RCT de phase 3 Le deuxième essai a suivi 404 adultes pendant six mois. La graisse profonde a baissé de 10,9 %, contre 0,6 % sous placebo (p < 0,0001). La graisse des bras et des jambes n'a pas changé, pas plus que celle située juste sous la peau du ventre [6].
Méta-analyse En réunissant cinq essais tirés au sort, l'écart moyen avec le placebo atteint 27,71 centimètres carrés de graisse viscérale, la graisse profonde. L'indice de masse corporelle n'a pas changé de façon significative [7].
Le poids, lui, est resté stable. Il a varié de −0,4 kg dans le premier essai et de +0,5 kg dans le second, sans différence avec le placebo. La notice précise que le médicament n'est pas indiqué pour perdre du poids, parce que son effet sur le poids est neutre [2].
RCT Chez 61 personnes vivant avec le VIH et atteintes d'un foie gras, douze mois de tésamoréline ont fait baisser la part de graisse dans le foie de 4,1 points de pourcentage de plus que le placebo (p = 0,018) [8].
Somatropine : les enfants atteints de troubles de la croissance
RCT Les autorisations reposent surtout sur des essais menés chez des enfants dont le trouble de la croissance était diagnostiqué. Un essai ouvert a suivi 177 enfants de petite taille sans cause retrouvée jusqu'à leur taille adulte. Par rapport aux enfants non traités, le score de taille finale a gagné 0,53 écart-type dans le bras le plus faible et 0,94 dans le plus élevé [4].
RCT Dans deux petits essais ouverts chez des enfants atteints du syndrome de Prader-Willi, la masse grasse a baissé de 0,9 kg sous traitement. Chez les enfants non traités, elle a augmenté de 2,3 kg (p < 0,005). Le poids a évolué presque de la même façon dans les deux groupes [4].
RCT Six essais tirés au sort ont comparé le traitement au placebo pendant six mois chez 172 adultes en déficit d'hormone de croissance. La masse maigre a augmenté, tandis que la graisse et le tour de taille diminuaient. La notice ne chiffre pas ces résultats, et les essais n'ont mesuré ni les fractures, ni les infarctus, ni la survie [4].
Somatropine : adultes en bonne santé et personnes âgées
Revue systématique Une revue portant sur 303 adultes en bonne condition physique a trouvé une masse maigre supérieure de 2,1 kg à celle des groupes témoins. La force et la capacité à l'effort ne se sont pas améliorées, et les gonflements comme l'épuisement étaient plus fréquents [9].
Méta-analyse Une analyse indépendante de 11 essais contre placebo, chez 254 jeunes adultes en bonne santé, n'a trouvé aucun gain de force musculaire (p = 0,36) ni de consommation maximale d'oxygène (p = 0,89) [10].
Revue systématique Chez 220 personnes âgées en bonne santé, d'âge moyen 69 ans, la masse grasse a baissé de 2,1 kg et la masse maigre a augmenté de 2,1 kg. Le poids n'a pas changé, à plus 0,1 kg. Les auteurs ont conclu que l'hormone de croissance ne peut pas être conseillée comme traitement antivieillissement [11].
Tésamoréline : réflexion et mémoire chez les personnes âgées
RCT de phase 2 Un essai universitaire a traité pendant 20 semaines 152 adultes de 55 à 87 ans, dont 66 présentaient un léger trouble des fonctions intellectuelles. Il a trouvé un effet globalement favorable aux tests de réflexion (p = 0,03), surtout pour la planification et la souplesse mentale. Sa seule autorisation porte sur la graisse du ventre dans le VIH, pas sur la mémoire [2], [12].
Là où les études ont échoué
RCT de phase 2 Un essai plus récent de la tésamoréline, chez 73 personnes vivant avec le VIH et une obésité abdominale, n'a trouvé aucun avantage intellectuel sur le groupe de comparaison (p = 0,673). L'essai se déroulait en ouvert, et ses auteurs le jugent trop petit pour trancher [13].
RCT de phase 2 Chez 53 adultes atteints de diabète de type 2, douze semaines de tésamoréline n'ont rien changé de mesurable à la réponse de l'insuline, à la glycémie à jeun ni à la glycémie moyenne des derniers mois [14].
Pour la somatropine chez les personnes en bonne santé, les deux revues citées plus haut n'ont trouvé aucun gain de force, de capacité à l'effort ni de consommation maximale d'oxygène [9], [10]. Chez les adultes en déficit d'hormone de croissance, on ignore encore si le traitement de remplacement change les événements graves comme les fractures ou les décès [4].
Ce qui se passe après l'arrêt
RCT de phase 3 Dans la phase de prolongation de la tésamoréline, 263 participants ont été tirés au sort une seconde fois pour 26 semaines supplémentaires. Ceux qui sont passés au placebo ont perdu le bénéfice, et la graisse profonde du ventre s'est de nouveau accumulée [15]. Pour la somatropine, aucune étude d'arrêt comparable n'a pu être trouvée dans les sources examinées pour cette page.
Ces résultats concernent des populations, des doses, des critères de jugement et des durées d'étude différents. On ne peut donc pas mettre en balance les chiffres de la tésamoréline et ceux de la somatropine.
Sécurité
Les deux substances disposent d'une notice officielle américaine avec des fréquences mesurées. Plusieurs effets se recoupent, parce que les deux augmentent l'activité de l'hormone de croissance : gonflements, douleurs articulaires, fourmillements et syndrome du canal carpien figurent dans les deux notices. Les populations des essais diffèrent, et les pourcentages ne forment donc pas un classement.
Tésamoréline, d'après la notice américaine :
- Réactions au point de piqûre chez 17 % des personnes traitées contre 6 % sous placebo pendant les 26 premières semaines [2].
- Douleurs articulaires chez 13 % contre 11 %. Le gonflement des chevilles et des pieds a touché 6 % contre 2 % [2].
- Syndrome du canal carpien chez 1 % contre aucun cas sous placebo. Une étude de base de données l'a trouvé plus souvent signalé avec la tésamoréline, ce qui reflète la manière dont les cas sont signalés, et non une cause [2], [16].
- Glycémie en hausse. Le risque de devenir diabétique était accru (rapport de cotes 3,3 ; de 1,4 à 9,6) [2].
- IGF-1 trop élevé chez 47 % des participants à 26 semaines, à plus de deux écarts-types au-dessus de la normale. Des anticorps sont apparus chez 50 %, sans changement visible de l'efficacité [2].
HGH (somatropine), d'après la notice américaine et des cohortes suivies à long terme :
- Gonflements chez 17,5 % contre 5,1 % sous placebo pendant les six premiers mois, chez 573 adultes traités contre 572 sous placebo [4].
- Douleurs articulaires chez 17,3 % contre 4,2 %. Les fourmillements ont touché 9,6 % contre 1,9 % [4].
- Syndrome du canal carpien chez 61 patients sur 3 031 (2,0 %) et nouveau diabète chez 12 sur 3 031 (0,4 %) dans les études de prolongation à long terme [4].
- Morts subites rapportées chez des enfants atteints du syndrome de Prader-Willi en obésité sévère ou présentant des troubles respiratoires. La notice exclut le médicament dans ce groupe [4].
- Décès à long terme. Chez 24 232 personnes traitées dans l'enfance, les décès par troubles circulatoires et sanguins étaient augmentés dans tous les groupes de risque [17]. Une analyse du cancer dans la même cohorte a trouvé une incidence accrue des cancers de l'os et de la vessie chez les patients qui n'avaient qu'un trouble de la croissance [18].
Situations qui les excluent. Les deux notices citent un cancer en évolution comme contre-indication. La tésamoréline est aussi exclue en cas de rupture de la liaison entre l'hypothalamus et l'hypophyse, d'allergie connue ou de grossesse [2]. La somatropine est aussi exclue en cas de maladie grave après une chirurgie ou un traumatisme, d'atteinte diabétique de l'œil active ou sévère, et chez l'enfant dont les cartilages de croissance sont soudés [4].
Le produit acheté en dehors d'une pharmacie pose un problème à part. La tésamoréline circule comme produit de recherche, de composition non vérifiée [19]. Des laboratoires de contrôle européens ont trouvé de l'hormone de croissance dans des envois saisis, à côté d'échantillons sans aucun principe actif [20].
Pourquoi cette page n'indique aucune dose. Les deux substances sont des médicaments sur ordonnance, et aux États-Unis, fournir de l'hormone de croissance pour autre chose qu'une maladie autorisée est un délit [21]. Le choix d'une quantité relève d'un médecin et de l'information officielle sur le produit. Cette page rapporte donc ce que les études ont mesuré, sans répéter les quantités qu'elles ont employées.
Statut légal
La tésamoréline est autorisée aux États-Unis depuis le 10 novembre 2010, uniquement contre la graisse du ventre chez des adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie [22]. La demande européenne a été retirée le 21 juin 2012, et le produit canadien a été annulé le 30 septembre 2022 [23], [24]. La somatropine est autorisée aux États-Unis depuis le 16 octobre 1986 et délivrée sur ordonnance dans les sept pays examinés [25], [26]. L'Australie en restreint aussi la détention [27]. Les deux sont interdites dans le sport en permanence : la somatropine à la section S2.2.3, la tésamoréline à la section S2.2.4 de la liste 2026 [28]. Situation au 7 et au 15 septembre 2026.
Les deux ensemble ?
Le répertoire des mélanges ne contient aucun produit qui associe la tésamoréline et la somatropine. La tésamoréline n'y figure que dans des mélanges avec d'autres peptides, comme Tésamoréline + Ipamoréline, et chacun porte la mention qu'aucune autorisation ne couvre le mélange. La liste complète se trouve sous mélanges.
Aucune étude sur la tésamoréline et la somatropine administrées ensemble n'a pu être trouvée dans les sources examinées pour cette page. Aucune publication décrivant l'effet ou la sécurité de cette association n'a pu être trouvée non plus. Les pages consacrées à la tésamoréline et à la somatropine présentent chaque substance en détail.
Questions fréquentes
Tésamoréline ou HGH (somatropine) : lequel des deux est le meilleur ?
Impossible de les classer, car aucune étude les comparant n'a pu être trouvée. Chez des adultes vivant avec le VIH et une lipodystrophie, la tésamoréline a réduit la graisse profonde du ventre de 15,2 % en 26 semaines, alors qu'elle augmentait de 5,0 % sous placebo. La somatropine a surtout été testée chez des enfants atteints de troubles de la croissance et chez des adultes en déficit d'hormone de croissance. Populations, résultats mesurés et méthodes diffèrent trop pour trancher.
Tésamoréline ou HGH (somatropine) : lequel des deux est le plus sûr ?
Aucune étude comparant directement leur sécurité n'a pu être trouvée, si bien qu'aucun classement n'est possible. Les deux notices signalent des gonflements, des douleurs articulaires et un syndrome du canal carpien, parce que les deux substances augmentent l'activité de l'hormone de croissance. La tésamoréline a accru le risque de diabète dans ses essais, et la somatropine peut elle aussi révéler un diabète. Les populations des essais diffèrent, et leurs pourcentages ne se comparent donc pas.
Quelle est la différence entre la tésamoréline et le HGH (somatropine) ?
La tésamoréline est une copie de l'hormone du cerveau qui ordonne à l'hypophyse de libérer de l'hormone de croissance. La somatropine est l'hormone de croissance elle-même, une chaîne de 191 acides aminés qui court-circuite l'hypophyse. Sur le plan juridique, la tésamoréline n'est un médicament sur ordonnance qu'aux États-Unis, contre la graisse du ventre chez des adultes vivant avec le VIH. La somatropine est autorisée et délivrée sur ordonnance dans les sept pays examinés.
Peut-on prendre la tésamoréline et le HGH (somatropine) ensemble ?
Aucune étude sur les deux substances administrées ensemble n'a pu être trouvée, si bien que l'on ne sait rien de l'effet ni de la sécurité de cette association. Le répertoire des mélanges ne contient aucun produit qui renferme les deux. Cette page décrit l'état de la recherche et ne donne aucune indication d'usage.
La tésamoréline est-elle une forme de HGH ?
Non. La tésamoréline ne contient pas d'hormone de croissance. C'est une copie, longue de 44 briques, de l'hormone de libération de l'hormone de croissance, et elle pousse le corps à libérer sa propre hormone. La classification des médicaments range les deux dans le même groupe, mais sous des codes distincts, et la liste antidopage les place dans des sections séparées.
Tésamoréline ou HGH (somatropine) : lequel agit le mieux sur la graisse ?
Aucune étude les comparant sur une mesure de la graisse n'a pu être trouvée. La tésamoréline a réduit la graisse profonde du ventre chez des adultes vivant avec le VIH, mais sa notice précise qu'elle n'est pas indiquée pour perdre du poids, parce que son effet sur le poids est neutre. Chez des personnes âgées en bonne santé, la somatropine a fait baisser la masse grasse de 2,1 kg sans changer le poids. Les auteurs ont conclu que l'hormone de croissance ne peut pas être conseillée comme traitement antivieillissement.
Le HGH 191AA est-il la même chose que la somatropine ?
Pour le nom, oui. HGH 191AA est une étiquette du marché gris pour la somatropine, et non un niveau de qualité ni une promesse de pureté. Le nombre compte les acides aminés de la chaîne, et tout produit autorisé dans les pays examinés en possède exactement 191. L'étiquette marque la différence avec la somatrem, une substance distincte de 192 acides aminés qui n'est plus commercialisée. Ce que contient vraiment le produit vendu sous ce nom sur le marché gris n'est pas vérifié.
La tésamoréline et le HGH (somatropine) sont-ils interdits dans le sport ?
Oui, tous les deux et en permanence, en compétition comme en dehors. La liste des interdictions 2026 nomme l'hormone de croissance à la section S2.2.3, et la tésamoréline parmi les facteurs de libération de l'hormone de croissance à la section S2.2.4. Tout ce qui relève de ces deux sections compte comme substance non spécifiée. La loi antidopage allemande cite aussi chacune d'elles séparément.
Faut-il une ordonnance pour la tésamoréline et le HGH (somatropine) ?
Oui, partout où ils sont autorisés. La tésamoréline n'est un médicament sur ordonnance qu'aux États-Unis, et le produit canadien a été annulé. La somatropine exige une ordonnance dans les sept pays examinés. Aux États-Unis, fournir de l'hormone de croissance pour un autre usage qu'une maladie autorisée est un délit fédéral, puni de cinq ans de prison au plus.
Sources
Remarque sur les titres : lorsqu'un titre original cite une marque, il est remplacé par une description neutre. Cela concerne les entrées 2, 4, 23 et 26. Auteurs, éditeur, année, numéros de section et adresse web restent inchangés.
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