L'apitégromab est autorisé sous le nom d'ISEMBYLD — et la question du muscle que tout le monde pose aux GLP-1 reste entière

Ceci relève de l'information générale : ni conseil médical, ni invitation à se procurer ou à prendre quoi que ce soit. L'apitégromab est un médicament sur ordonnance autorisé aux États-Unis, vendu sous le nom d'ISEMBYLD et administré en perfusion par des professionnels de santé. Nous ne donnons aucune posologie dans cet article, pas même pour l'usage autorisé. L'usage auquel nous consacrons l'essentiel du texte, préserver la masse maigre pendant un amaigrissement, n'est autorisé nulle part et n'a été demandé nulle part.
Le 11 septembre 2026, l'agence américaine du médicament a autorisé l'apitégromab, que Scholar Rock commercialise sous le nom d'ISEMBYLD, dans l'amyotrophie spinale. C'est le premier médicament agissant par blocage de la myostatine — le frein que l'organisme applique lui-même à la croissance musculaire — à obtenir une autorisation quelque part, pour quoi que ce soit, après vingt ans d'échecs successifs dans cette classe. Au lieu de se fixer sur la molécule mature, il se fixe sur son précurseur inactif, et c'est de là que lui vient la sélectivité qui manquait aux tentatives précédentes.
C'est une première marquante, et ce n'est pas ce qu'on en a lu. Dès le lendemain, l'autorisation circulait comme celle du médicament du muscle, celui qui empêche d'en perdre sous tirzépatide ou sous sémaglutide. Derrière ce récit, il y a bien un essai, et il y a aussi un écart entre ce qu'il a mesuré et ce que dit le titre. Cet écart, c'est le sujet de cet article.
Ce que la FDA a réellement autorisé
L'indication est étroite : ISEMBYLD est indiqué dans l'amyotrophie spinale chez l'adulte et chez l'enfant à partir de 2 ans qui reçoit déjà un traitement ciblant le gène SMN2 — en ajout au nusinersen ou au risdiplam, et non à leur place. Dans cette maladie génétique, les cellules nerveuses qui commandent le muscle disparaissent peu à peu ; les médicaments ciblant SMN2 s'attaquent à la cause, mais ne reconstruisent pas ce qui est déjà perdu, et c'est précisément ce manque que l'apitégromab vient combler.
| Autorisation | 11 septembre 2026, FDA, BLA 761463, licence américaine n° 2372 |
| Titulaire | Scholar Rock, Inc., Cambridge, Massachusetts |
| Nature du produit | Anticorps monoclonal entièrement humain, IgG4/lambda, environ 150 kDa (CAS 2278276-46-1) |
| Statuts obtenus | Fast Track, médicament orphelin, maladie pédiatrique rare ; un bon d'examen prioritaire a accompagné l'autorisation |
| Non autorisé dans | L'obésité, l'amaigrissement ou la préservation du muscle — dans aucun pays au monde |
L'autorisation fait suite à une Complete Response Letter de septembre 2025, autrement dit un refus du dossier tel qu'il avait été déposé. Scholar Rock a alors indiqué que ce refus portait uniquement sur une inspection de routine chez un sous-traitant chargé de la répartition et du conditionnement, et expressément pas sur les données d'efficacité ou de sécurité. En Europe, le médicament n'existe pas : le dossier européen a été retiré par le laboratoire le 13 août 2026, là encore pour des raisons de fabrication et non d'efficacité ou de sécurité. La Suisse n'a ni autorisation ni demande en cours, aucune autorisation n'est enregistrée au Canada, et un dépôt au Japon est annoncé pour la fin de 2026.
Les données dans l'amyotrophie spinale, en clair
L'autorisation repose sur SAPPHIRE (NCT05156320), un essai de phase 3 mené dans 48 centres de neuf pays et publié dans The Lancet Neurology en 2025. Il a inclus 188 personnes de 2 à 21 ans atteintes d'amyotrophie spinale de type 2 ou de type 3 non marchante, toutes déjà sous nusinersen ou risdiplam et toutes incapables de marcher au départ ; 128 ont reçu l'apitégromab et 60 un placebo pendant 52 semaines, et l'analyse principale a porté sur les 156 participants de 2 à 12 ans. Le résultat mesuré, la Hammersmith Functional Motor Scale Expanded, repose sur 33 tâches observées valant chacune 0, 1 ou 2 points : elle enregistre ce qu'une personne sait réellement faire, exactement le type de mesure qui a manqué à l'essai dans l'obésité.
| Comparaison à 12 mois | Écart par rapport au placebo | Intervalle et p |
|---|---|---|
| Le bras qui a ensuite été autorisé | 2,2 points | IC à 95 %, de 0,49 à 3,95 ; p nominal = 0,0121 |
| Les deux bras regroupés (l'analyse prévue à l'avance) | 1,8 point | IC à 95 %, de 0,30 à 3,32 ; p = 0,019 |
| L'autre bras testé | 1,4 point | IC à 95 %, de −0,34 à 3,13 ; p = 0,11, non significatif |
Les trois chiffres sont exacts et répondent chacun à une question différente ; les confondre est l'erreur la plus fréquente dans ce qui s'écrit sur ce médicament. En valeur absolue, le bras autorisé a gagné 1,0 point (n = 53) pendant que le bras placebo en perdait 1,2 (n = 50). « Nominal » signifie que la valeur n'a pas été corrigée du fait que plusieurs choses étaient testées en même temps, comme le souligne la FDA dans l'information de prescription.
Ce document ne comporte ni encadré de mise en garde ni contre-indication. Il comporte une seule mise en garde, et elle fait contrepoids à tout propos léger sur un usage esthétique de cette classe : les fractures. Dans l'essai pivot, 5 patients sur 53 (9 %) du bras ensuite autorisé et 3 sur 53 (6 %) de l'autre bras ont eu une fracture, contre 1 patient (2 %) sous placebo ; dans l'extension en ouvert, 22 patients (9 %) ont eu des fractures, dont 5 fractures graves du fémur. La plupart des personnes touchées avaient déjà une faible densité osseuse ou des antécédents de fracture, et les études animales ont montré des effets délétères sur l'os.
La question que tout le monde se pose vraiment : EMBRAZE
Les médicaments GLP-1 et GIP/GLP-1 font perdre beaucoup de poids, et ce poids n'est pas que de la graisse. Dans une analyse de composition corporelle issue de SURMOUNT-1, les participants sous tirzépatide ont perdu 5,6 kg de masse maigre à 72 semaines contre 1,2 kg sous placebo (écart de −4,4 kg, IC à 95 % de −5,6 à −3,2), et par ailleurs 15,9 kg de graisse contre 3,6 kg. Tous essais et toutes méthodes de mesure confondus, entre 25 et 40 % du poids perdu est du tissu maigre. La question s'impose donc d'elle-même : si l'on ajoute de quoi desserrer le frein du muscle, le corps en cède-t-il moins ? EMBRAZE (NCT06445075), c'était cette expérience — un essai de phase 2 que ses propres auteurs qualifient de preuve de concept, publié dans Nature Medicine en 2026.
| Plan de l'essai | Randomisé 1:1, en double aveugle, contre placebo, multicentrique, en quadruple insu |
| Le point décisif du montage | Tout le monde recevait du tirzépatide. La comparaison portait sur tirzépatide plus apitégromab contre tirzépatide plus placebo. Il n'y avait aucun bras sans tirzépatide. |
| Participants | 102 randomisés (51 par bras) ; l'efficacité a été analysée chez 43 sous apitégromab et 44 sous placebo, ceux qui sont allés au bout et avaient un examen exploitable à la semaine 24. Adultes de 18 à 65 ans obèses, ou en surpoids avec en plus une maladie liée au poids ; étaient exclues les personnes atteintes d'une maladie cardiaque, vasculaire, pulmonaire, hépatique, pancréatique, neuromusculaire ou psychiatrique, d'un cancer évolutif ou d'un diabète. |
| Durée | 24 semaines de traitement, puis 8 semaines sans traitement jusqu'à la semaine 32 |
| Ce qui a été mesuré | Critère principal : la variation en kilogrammes de la masse maigre totale à 24 semaines, par absorptiométrie DXA du corps entier. La fonction physique (force de préhension, lever de chaise) n'a été mesurée qu'à titre exploratoire |
Un détail technique commande la lecture de tous les chiffres qui suivent. L'essai a travaillé avec un seuil de signification bilatéral de 20 % et livre donc des intervalles de confiance à 80 % au lieu des 95 % habituels ; rien n'a été corrigé du fait que plusieurs choses étaient testées à la fois, si bien que toutes les valeurs de p sont descriptives — les auteurs le disent eux-mêmes. Un intervalle à 80 % est une fenêtre plus étroite et plus indulgente : celle d'une étude exploratoire, pas d'une étude censée confirmer quoi que ce soit.
Ce qu'EMBRAZE a montré
Il a montré un écart à l'examen DXA, et cet écart n'était pas petit.
| À 24 semaines | Apitégromab + tirzépatide | Placebo + tirzépatide | Écart |
|---|---|---|---|
| Masse maigre perdue | 1,6 kg (IC à 80 %, de 0,8 à 2,3) | 3,5 kg (de 2,8 à 4,1) | 1,9 kg préservés (de 1,2 à 2,7 ; p = 0,0014) |
| Part de masse maigre dans le poids perdu | 14,6 % (de 10,5 à 18,7) | 30,2 % (de 26,4 à 33,9) | −15,6 points de pourcentage |
| Part de graisse dans le poids perdu | 85,3 % (de 81,2 à 89,5) | 69,5 % (de 65,7 à 73,3) | +15,8 points de pourcentage |
| Masse grasse perdue | 8,5 kg (de 7,4 à 9,6) | 8,0 kg (de 7,0 à 9,0) | 0,5 kg, autant dire rien |
| Poids corporel perdu | 11,2 kg (de 9,6 à 12,7), −12,3 % | 12,5 kg (de 11,1 à 13,9), −13,4 % | 1,3 kg en faveur du placebo |
Prise pour ce qu'elle est, la première ligne est un vrai résultat : 1,9 kg de tissu maigre gardés en plus sur six mois, soit 4,2 livres dans les unités du laboratoire (IC à 80 %, de 2,55 à 5,84). La tolérance a été sans particularité, et le recul court : effets indésirables chez 39 personnes sur 51 sous apitégromab (76 %) et chez 36 sur 51 sous placebo (71 %), surtout digestifs et légers, un événement grave dans chaque bras (2 %), aucun décès. Les fractures ne figurent pas ici parmi les résultats, mais cet essai a duré 24 semaines, alors que le signal de fracture vient d'un essai de 52 semaines et d'une extension de plusieurs années chez des personnes dont les os étaient déjà fragiles.
Ce qu'EMBRAZE n'a pas montré
La force et la fonction physique, c'est-à-dire les deux choses qu'une personne remarquerait dans sa vie, ont bien été mesurées : la force de préhension de la main dominante et le nombre de fois où l'on parvient à se lever d'une chaise. Mais elles l'ont été comme critères exploratoires, l'échelon le plus bas dans la hiérarchie d'un essai, sans la puissance statistique ni la correction qui permettraient d'en tirer quoi que ce soit. Extrait de la publication, sans retouche :
« For additional exploratory endpoints at weeks 24 and 32, no notable differences were observed between apitegromab and placebo in change from baseline in cardiometabolic parameters or physical function, respectively. » (Pour les critères exploratoires supplémentaires aux semaines 24 et 32, aucune différence notable n'a été observée entre l'apitégromab et le placebo dans la variation par rapport au départ, ni sur les paramètres cardiométaboliques ni sur la fonction physique.)
Et voici les chiffres qui se trouvent derrière, tirés des données étendues de l'article :
| Variation par rapport au départ | Apitégromab | Placebo |
|---|---|---|
| Lever de chaise, répétitions, semaine 24 | 2,4 (ET 3,0), n = 43 | 2,2 (ET 2,5), n = 44 |
| Lever de chaise, répétitions, semaine 32 | 3,3 (ET 3,8), n = 42 | 2,2 (ET 1,7), n = 43 |
| Force de préhension, kg, semaine 24 | 0,9 (ET 6,9), n = 43 | −0,3 (ET 8,5), n = 44 |
| Force de préhension, kg, semaine 32 | 1,0 (ET 7,6), n = 41 | 0,1 (ET 6,9), n = 43 |
Mieux vaut regarder la dispersion que la moyenne : dans chaque ligne, l'écart-type vaut plusieurs fois la distance entre les groupes, de sorte que les différences d'un individu à l'autre noient toute différence entre les traitements. Aucun intervalle de confiance ni valeur de p n'a été rapporté, justement parce que ces mesures étaient exploratoires. L'essai ne démontre donc pas que la force est restée intacte : il n'était simplement pas conçu pour répondre à cette question. Le résumé honnête tient en une phrase : une mesure de composition corporelle s'est améliorée, et les mesures de ce que les gens étaient capables de faire, non.
La masse maigre n'est pas du muscle
L'absorptiométrie DXA répartit le corps en quelques compartiments selon la manière dont il absorbe deux énergies de rayons X, et l'un d'eux s'appelle la masse maigre : tout ce qui n'est ni graisse ni minéral osseux. Le muscle en fait partie, mais le foie, les reins, l'intestin et le tissu conjonctif aussi, et l'eau également, qui se déplace beaucoup quand on maigrit vite. La masse maigre est une quantité de tissu, pas une capacité. Les auteurs l'écrivent dans leur propre article : « DEXA scan has a limitation in differentiating compartments within lean mass, with accuracy impacted by hydration levels. » (L'examen DXA distingue mal les compartiments à l'intérieur de la masse maigre, et sa précision dépend du niveau d'hydratation.)
Cela ne vide pas les 1,9 kg de leur sens. Cela veut dire que la chaîne compte trois maillons — plus de masse maigre, donc plus de muscle, donc plus de force et une meilleure fonction — et que seul le premier est démontré. Sur cette chaîne précise, la classe a déjà donné un avertissement : le bimagrumab, un anticorps dirigé contre le récepteur, avait augmenté le volume musculaire de la cuisse chez des adultes âgés dans un essai randomisé antérieur, tandis que le même article notait « no change in muscle strength » (aucune modification de la force musculaire). Notre page sur la follistatine-344 revient sur cette histoire.
Les trois résultats que le titre laisse de côté
La perte de graisse a été identique. En kilogrammes, 8,5 contre 8,0 : un demi-kilo, moins que sa propre erreur type de 0,86. Le fameux « 85 % de graisse, 15 % de maigre » opposé au « 70 / 30 » n'est rien d'autre qu'un changement de rapport, et ce rapport a changé parce que la part maigre du dénominateur a rétréci, pas parce qu'il est parti plus de graisse.
Avec l'ajout, on a perdu un peu moins de poids. 11,2 kg contre 12,5 kg, soit 1,3 kg d'avance pour le tirzépatide seul. Les auteurs décrivent la perte de poids comme comparable entre les groupes, ce qui est honnête, mais on est très loin du récit du « plus de poids et du meilleur poids » qui circule.
L'essentiel de l'avance a fondu en huit semaines sans traitement. À la semaine 32, huit semaines après l'arrêt des deux traitements, l'écart de masse maigre n'était plus que de 0,9 kg (IC à 80 %, de 0,3 à 1,5 ; p nominal = 0,0480) : plus de la moitié de la distance avait disparu en deux mois. Le reste tient-il ? Personne n'en sait rien, l'essai s'arrêtait là.
Le titre des « 54,9 % de muscle préservé », décodé
Le chiffre le plus repris dans la presse, c'est 54,9 %, et c'est une valeur relative : la perte de masse maigre a été inférieure de 54,9 % avec l'ajout à ce qu'elle était sans lui, soit 1,6 kg au lieu de 3,5 kg. Cela ne veut pas dire que 54,9 % du muscle de qui que ce soit a été préservé, et ce n'est pas non plus une part de la composition corporelle. La taille réelle de l'effet, c'est la valeur absolue qui la donne : 1,9 kg en 24 semaines, chez des personnes qui ont perdu environ 12 kg au total. Les valeurs relatives ne sont pas malhonnêtes, elles sont d'usage courant ; elles sonnent simplement beaucoup plus fort. Pose-toi la question à chaque fois : un pourcentage de quoi, et cela fait combien de kilos ?
Ce qu'une autorisation dans une maladie rare ne signifie pas
Même molécule, deux situations qui n'ont rien à voir. Dans l'amyotrophie spinale, il existe une balance bénéfice-risque évaluée, une information de prescription opposable, des obligations de suivi et un essai de phase 3 chez 188 personnes dont la mesure était une échelle de fonction, dans un groupe qui perd ses capacités motrices sans traitement. Pour la préservation de la masse maigre pendant un amaigrissement, il existe une seule étude de phase 2, de preuve de concept, chez des adultes globalement en bonne santé, et sa mesure était un chiffre sorti d'un appareil de mesure. Un taux de fractures de 9 % contre 2 % ne pèse pas du tout le même poids selon qu'on le met en balance avec une maladie qui détruit l'autonomie ou avec un objectif esthétique.
Une requête sur ClinicalTrials.gov le 21 septembre 2026 renvoie sept études enregistrées avec l'apitégromab : six dans l'amyotrophie spinale ou la dystrophie facio-scapulo-humérale, et une dans l'obésité, l'essai EMBRAZE désormais terminé. Il n'y a aucune phase 3 dans l'obésité : aucune enregistrée, aucune déposée où que ce soit, aucune annoncée, et l'étape suivante de Scholar Rock dans cette direction en est au stade préclinique. Qui lit aujourd'hui qu'il existe un médicament contre la fonte musculaire pendant un amaigrissement lit en réalité le compte rendu d'une étude de faisabilité de six mois chez 87 personnes, dont les mesures de fonction n'ont rien donné.
Le reste de la classe dit la même chose
| Programme | Composition corporelle | Fonction démontrée ? |
|---|---|---|
| Apitégromab (Scholar Rock), EMBRAZE, phase 2 terminée — anticorps contre le précurseur de la myostatine | Masse maigre perdue : 1,6 contre 3,5 kg ; part maigre du poids perdu : 14,6 % contre 30,2 % | Non — exploratoire, aucune différence notable |
| Trévogrumab (Regeneron), COURAGE, phase 2 en cours — anticorps contre la myostatine mature, en partie associé à un anticorps anti-activine A | Sous sémaglutide seul, 33,0 % du poids perdu était maigre (−3,3 kg) ; dans les associations, −1,5 kg (16,8 %) et −1,9 kg (18,1 %) ; dans la triple association, −0,9 kg (7,4 %) | Non rapportée dans les sources primaires |
| Bimagrumab (Versanis/Lilly), BELIEVE, phase 2 — anticorps contre les récepteurs de l'activine de type II, donc au niveau du récepteur et à l'action plus large | À 72 semaines, masse maigre totale −2,9 % avec l'association contre −7,4 % sous sémaglutide seul ; poids −22,1 % contre −15,7 % ; graisse −45,7 % contre −27,8 % | Non démontrable à partir des critères publiés |
Trois programmes indépendants, un même résultat : bloquer la myostatine ou le récepteur par lequel elle envoie son signal déplace de façon mesurable la composition du poids perdu vers la graisse, et aucun n'a encore publié de preuve d'un avantage sur la force ou sur les capacités physiques.
Dopage : nommé sur une liste, absent d'une autre
L'apitégromab est interdit en permanence, en compétition comme hors compétition, au titre de la section S4.3 de la Liste des interdictions 2026 de l'AMA, où il figure nommément et en tête de sa ligne : « Myostatin- or precursor-neutralizing antibodies (e.g. apitegromab, domagrozumab, landogrozumab, stamulumab) » (anticorps neutralisant la myostatine ou son précurseur, par exemple apitégromab, domagrozumab, landogrozumab, stamulumab). Les substances de la section S4.3 sont non spécifiées, la plus stricte des deux catégories. Notre panorama des peptides interdits dans le sport élargit le cadre.
Le droit pénal allemand fonctionne à l'inverse : l'annexe de la loi antidopage allemande ne cite pas l'apitégromab. Parmi les substances qui modifient la fonction de la myostatine, elle n'énumère que la follistatine et ses dérivés ainsi que le stamulumab, avec une clause balai qui ne couvre que les sels, esters, isomères, complexes et dérivés de ces deux-là. C'est un constat sur le texte d'une liste, pas un conseil juridique, et c'est un instantané : l'annexe est révisée régulièrement, et l'inscription à l'AMA rend un ajout probable. Cette lacune allemande ne change rien à l'interdiction sportive.
Ce n'est pas un peptide du marché gris, et ça ne peut pas le devenir
C'est ici que l'apitégromab se sépare nettement de tout ce qui se discute sur les forums sous l'étiquette « inhibiteurs de la myostatine ». C'est un anticorps monoclonal d'environ 150 kDa, produit en culture de cellules de mammifère, alors que la synthèse chimique de peptides — le procédé dont sortent les flacons vendus comme peptides de recherche — plafonne autour de 5 à 10 kDa. Un vendeur en ligne qui propose de l'« apitégromab » prêt à injecter n'a ni fabriqué ni contrôlé cette molécule ; ce qui existe légitimement, c'est un réactif de laboratoire, vendu pour des travaux sur cellules et sur animaux et étiqueté comme distinct du médicament clinique. Les pharmacies préparatrices ne peuvent pas le fabriquer non plus, et les lettres d'avertissement envoyées en 2026 par la FDA aux vendeurs de peptides ne citent aucun anticorps antimyostatine : aucune lettre d'avertissement, aucune alerte de sécurité, aucune alerte à l'importation ne nomme l'apitégromab où que ce soit.
La distinction avec la follistatine, la substance qu'on cite le plus souvent dans la même phrase, n'est pas cosmétique non plus : la follistatine est l'une des protéines de liaison de l'organisme et piège, outre la myostatine, l'activine A, le GDF-11 et plusieurs facteurs de croissance qui construisent l'os — elle est donc tout sauf sélective. Pour le cadre juridique, notre texte sur la légalité des peptides fait le point, et ce que sont les peptides reprend tout depuis le début — l'apitégromab, pour mémoire, n'en est pas un.
L'essentiel
L'autorisation de l'apitégromab sous le nom d'ISEMBYLD, le 11 septembre 2026, est une vraie première : après vingt ans d'échecs, un médicament bloquant la myostatine a franchi le cap d'une agence, dans l'amyotrophie spinale, grâce à une échelle de fonction qui a progressé de 2,2 points. Cela ne dit rien de l'amaigrissement.
Pour l'amaigrissement, il existe une seule étude de phase 2 : 102 personnes randomisées, 87 analysées, 24 semaines, intervalles de confiance à 80 %. Elle a trouvé 1,9 kg de masse maigre préservés en plus à l'examen DXA — un écart que l'appareil ne sait pas répartir entre muscle, tissu d'organes et eau. La perte de graisse a été identique en kilogrammes, la perte de poids un peu moindre avec l'ajout, et huit semaines après l'arrêt du traitement, l'écart était retombé à 0,9 kg. La force et la capacité à se lever d'une chaise, mesurées de façon seulement indicative, n'ont montré aucune différence notable. Il n'y a ni phase 3 ni dossier déposé nulle part.
La mesure, elle, a bougé. Reste à savoir si quelque chose qu'une personne remarque bouge avec elle : c'est la question à laquelle devra répondre le prochain essai, s'il a lieu.
Sources
- FDA, Prescribing Information ISEMBYLD (apitegromab-mstn), BLA 761463
- FDA, BLA Approval Letter, BLA 761463, 11 September 2026
- FDA, FDA Approves First Therapy to Target Muscle Loss in Spinal Muscular Atrophy, 11 September 2026
- EMA, Isembyld — EPAR overview, application withdrawn 13 August 2026 (procedure EMEA/H/C/005909)
- Pratley RE, Denham D, Trivedi R, et al., Nature Medicine 2026;32(7):2673–2678, Apitegromab for lean mass preservation during tirzepatide-induced weight loss: a randomized, double-blind, placebo-controlled phase 2 trial (EMBRAZE, NCT06445075)
- Crawford TO, Servais L, Mercuri E, et al., The Lancet Neurology 2025;24(9):727–739, Safety and efficacy of apitegromab in nonambulatory type 2 or type 3 spinal muscular atrophy (SAPPHIRE)
- Crawford TO, Darras BT, Day JW, et al., Neurology 2024;102(5):e209151, Safety and Efficacy of Apitegromab in SMA Types 2 and 3: the phase 2 TOPAZ study
- Heymsfield SB, Aronne LJ, et al., Nature Medicine 2026, Bimagrumab plus semaglutide alone or in combination for the treatment of obesity: a randomized phase 2 trial (BELIEVE, NCT05616013)
- Look M, et al., Diabetes Obesity and Metabolism 2025, Body composition changes during weight reduction with tirzepatide in SURMOUNT-1
- Scholar Rock, SEC Form 8-K Exhibit 99.1, Scholar Rock Announces FDA Approval of ISEMBYLD (apitegromab-mstn), 14 September 2026
- Scholar Rock, SEC Form 8-K Exhibit 99.1, FDA Issues Complete Response Letter for Apitegromab, solely related to observations at a third-party fill-finish facility, 23 September 2025
- Scholar Rock, SEC Form 8-K Exhibit 99.1, Scholar Rock Reports Positive Phase 2 EMBRAZE Trial Results, 18 June 2025
- ClinicalTrials.gov, all registered apitegromab studies, queried 21 September 2026
- Regeneron, press releases of 2 June 2025 and 17 September 2025, full 26-week COURAGE results for trevogrumab with semaglutide
- World Anti-Doping Agency, The 2026 Prohibited List, section S4.3
- Annex to section 2(3) of the German Anti-Doping Act, BGBl. 2023 I No. 67, part III item 3
- FDA, Warning Letter to NuScience Peptides LLC, 733652, 24 August 2026
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Cet article est fourni à titre purement informatif et ne remplace pas un avis médical. myPeptides ne donne aucune recommandation de dosage.