SenoMune-0257 : un peptide qui « guérit le cancer » ? Nos vérifications

Ce qui suit relève de l'information générale à visée pédagogique : ce n'est ni un avis médical, ni une invitation à vous procurer ou à utiliser quoi que ce soit. SenoMune-0257 n'est disponible nulle part et n'a jamais été testé chez un être humain. Il n'existe aucune dose pour ce produit, et nous n'en indiquerons pas.
En bref
Le 24 octobre 2026, une publication sur X a présenté SenoMune-0257 comme un « cancer curing peptide » (un peptide qui guérit le cancer), avec des essais chez l'humain avant la fin de l'année. Elle s'appuie sur un communiqué de presse de la société américaine Immorta Bio. Ce texte décrit un peptide de neuf acides aminés censé aider le système immunitaire à éliminer des cellules vieillies. Il ne contient aucune donnée et ne précise pas à quelle maladie le produit serait destiné.
Le lien avec le cancer vient de l'entreprise elle-même : la veille, son directeur scientifique avait qualifié SenoMune-0257 de « cancer immunotherapy » (immunothérapie anticancéreuse). La publication en a fait un produit « cancer curing » (qui guérit le cancer), ce qu'aucune source ne permet d'affirmer.
Notre verdict : la publication va bien au-delà de ses sources. Rien n'a été publié sur SenoMune-0257, aucun essai chez l'humain n'est enregistré et sa séquence n'est pas publique. Les articles qui existent portent sur un autre produit, SenoVax. Ils ont été réalisés chez la souris et sur des cultures de cellules, et ils émanent de l'entreprise elle-même.
Une publication devenue virale
La publication vient du compte @ItsPeptime ; au 26 octobre, elle totalisait environ 190 000 vues, 5 100 mentions « J'aime » et 457 partages. On y lit : « BREAKING: Cancer Curing peptide Senomune-0257 just completed pre-clinical studies successfully, promising human trials by end of year » (dernière minute : ce peptide qui guérit le cancer vient de terminer avec succès ses études précliniques et promet des essais chez l'humain d'ici la fin de l'année). Puis : « This new peptide mimics cells which attack cancers, amplifying the bodies natural immune response! » (ce nouveau peptide imite les cellules qui attaquent les cancers et amplifie la réponse immunitaire naturelle de l'organisme !).
Le compte a été créé en janvier 2026. Son profil invite à acheter des « 99% pure USA peptides » (peptides américains purs à 99 %) sur son propre site, qui se présente comme « The American Peptide Vendor » (le vendeur américain de peptides).
Environ 22 heures plus tôt, le directeur scientifique d'Immorta, Thomas Ichim, avait écrit sur X que l'entreprise avait « discovered the first cancer immunotherapy that fights aging » (découvert la première immunothérapie anticancéreuse qui combat le vieillissement). Au 26 octobre, son message avait été vu environ 153 000 fois.
La publication virale n'a donc pas inventé le lien avec le cancer, mais elle est allée un cran plus loin. Une « cancer immunotherapy that fights aging » (immunothérapie anticancéreuse qui combat le vieillissement) est devenue un produit « cancer curing » (qui guérit le cancer), une expression qui ne figure dans aucune déclaration de l'entreprise que nous ayons pu trouver.
Ce qu'Immorta Bio a réellement annoncé
Le communiqué du 12 octobre 2026 fait état de la « completion of its planned preclinical studies » (fin des études précliniques prévues) consacrées à « an AI-designed peptide immunotherapy » (une immunothérapie peptidique conçue par intelligence artificielle). Le terme « préclinique » désigne le travail de laboratoire mené avant tout essai chez l'humain. Le produit est « a synthetic nine-amino-acid peptide designed to stimulate targeted immune responses against senescent cells » (un peptide synthétique de neuf acides aminés conçu pour déclencher des réponses immunitaires ciblées contre les cellules sénescentes).
Selon l'entreprise, le peptide active des cellules immunitaires capables de tuer d'autres cellules (les lymphocytes T cytotoxiques). Ces lymphocytes élimineraient les cellules sénescentes « while sparing healthy cells under the conditions tested » (tout en épargnant les cellules saines dans les conditions testées). Le communiqué présente le produit comme « potentially universal, off-the-shelf » (potentiellement universel et prêt à l'emploi) et prévoit une « initial human evaluation » (première évaluation chez l'humain) avant la fin de 2026.
Le communiqué ne donne pas la séquence d'acides aminés et ne dit pas quelle protéine est visée. Il ne précise pas davantage à quel groupe tissulaire le peptide est adapté (sa restriction HLA, expliquée plus bas). Il ne fournit aucun chiffre issu d'une expérience et ne dit pas si des études chez l'animal ont été menées.
Il ne mentionne ni centre d'essai, ni nombre de participants, ni demande déposée auprès de l'agence américaine du médicament (FDA). L'avertissement qui clôt le communiqué précise d'ailleurs que SenoMune-0257 « remains investigational, and its safety and efficacy have not been established in humans » (reste expérimental, et ni sa sécurité ni son efficacité n'ont été établies chez l'humain).
Phrase par phrase : la publication face aux sources
| Ce que dit la publication | Ce que disent les sources |
|---|---|
| « Cancer Curing » (qui guérit le cancer) | Aucune source ne le dit. Le message d'Ichim parle d'une « cancer immunotherapy that fights aging » (immunothérapie anticancéreuse qui combat le vieillissement) : c'est une description, pas un résultat. Le communiqué n'attribue à SenoMune-0257 aucune indication en cancérologie et ne présente aucune donnée sur le cancer. |
| « completed pre-clinical studies successfully » (a terminé avec succès ses études précliniques) | Le communiqué fait état de la « completion of its planned preclinical studies » (fin des études précliniques prévues). Il ne dit pas « successfully » (avec succès) et ne montre aucun résultat. |
| « promising human trials by end of year » (promet des essais chez l'humain d'ici la fin de l'année) | Le communiqué parle d'une « initial human evaluation anticipated before year-end » (première évaluation chez l'humain prévue avant la fin de l'année). Aucun essai n'est enregistré. |
| « mimics cells which attack cancers » (imite les cellules qui attaquent les cancers) | Aucune source ne le dit. Selon le communiqué, le peptide stimule les lymphocytes T contre les cellules sénescentes. Il n'imite aucune cellule. |
| « amplifying the bodies natural immune response » (amplifie la réponse immunitaire naturelle de l'organisme) | Pas en ces termes. Le communiqué emploie l'expression « restore the immune system's ability » (rendre au système immunitaire sa capacité). |
Deux lignes pèsent plus lourd que les autres. Pour « cancer curing » (qui guérit le cancer), aucune donnée n'a été publiée sur l'action de ce peptide contre le cancer : ni chez des patients, ni chez la souris, ni sur des cellules en culture. L'entreprise évoque des travaux de laboratoire, mais sans chiffres. Les résultats sur le cancer qu'elle a publiés concernent son produit précédent, SenoVax, et ont été obtenus chez la souris.
Quant à « mimics cells » (imite des cellules), la formule se trompe de mécanisme. Tel que l'entreprise le décrit, le peptide est un court fragment de protéine qui indique aux lymphocytes T ce qu'ils doivent attaquer. Ce n'est la copie d'aucune cellule.
Les cellules sénescentes, et pourquoi on cherche à s'en débarrasser
La plupart des cellules de l'organisme se divisent pendant un temps, puis s'arrêtent (Hayflick et Moorhead, 1961). Celles qui ont définitivement cessé de se diviser sans pour autant mourir sont appelées cellules sénescentes, ou « cellules zombies » dans les textes de vulgarisation. Elles libèrent des signaux inflammatoires (Coppé et al., 2008) et s'accumulent avec l'âge.
Chez la souris, les éliminer a porté ses fruits. En 2011, Baker et ses collègues ont supprimé génétiquement les cellules sénescentes de souris au vieillissement accéléré ; les altérations liées à l'âge sont apparues plus tard. En 2016, la même équipe a fait de même chez des souris ordinaires à partir de l'âge d'un an. Leur durée de vie médiane (l'âge auquel la moitié d'entre elles étaient mortes) a augmenté, et les tumeurs ont tardé à apparaître.
En 2018, Xu et ses collègues ont administré à des souris âgées deux médicaments, le dasatinib et la quercétine. La survie après le début du traitement a augmenté de 36 %.
Chez l'humain, les résultats sont moins nets. Dans une étude pilote menée chez 14 personnes atteintes d'une maladie pulmonaire (la fibrose pulmonaire idiopathique), ces médicaments ont amélioré leur condition physique, mais pas leur fonction respiratoire. Elle ne comportait pas de groupe de comparaison. En août 2020, UNITY Biotechnology a annoncé que l'UBX0101 n'avait pas fait mieux qu'un placebo dans un essai sur 183 patients atteints d'arthrose du genou.
D'autres équipes ont réussi, chez la souris, à retourner le système immunitaire contre les cellules sénescentes. Elles ont utilisé des cellules immunitaires modifiées génétiquement (Amor et al., 2020) ou un vaccin dirigé contre GPNMB, une protéine liée à la sénescence (Suda et al., 2021). Ces deux articles nomment la protéine qu'ils visent. Immorta ne l'a pas fait.
Avec le cancer, les choses se compliquent. La sénescence fait partie des freins que l'organisme oppose aux tumeurs. Le système immunitaire peut éliminer ces cellules, comme l'ont montré Kang et ses collègues pour des cellules hépatiques précancéreuses. Mais les signaux émis par les cellules sénescentes peuvent aussi favoriser la croissance des tumeurs (Krtolica et al., 2001 ; Campisi, 2013). Les éliminer ne revient pas à guérir le cancer.
Ce que révèlent les « neuf acides aminés »
Presque toutes les cellules portent à leur surface des molécules, dites du CMH de classe I, qui présentent au système immunitaire de courts fragments de leurs propres protéines. Ces fragments comptent en général 8 à 10 acides aminés (Wieczorek et al., 2017). Les lymphocytes T les inspectent et attaquent les cellules qui en présentent un suspect.
D'après ce que l'entreprise a rendu public, SenoMune-0257 ressemble donc à un vaccin peptidique classique : il montre au système immunitaire un fragment à rechercher. Cela pose deux problèmes.
Le premier tient au groupe tissulaire. Chez l'humain, ces molécules s'appellent HLA, et leurs variantes diffèrent d'une personne à l'autre. Un fragment donné de neuf acides aminés ne convient généralement qu'à certaines d'entre elles. La demande de brevet d'Immorta sur son approche cellulaire passe en revue des études de ce type, par exemple l'une d'elles, qui recourait à des « HLA-A*0201-restricted peptides » (peptides restreints à cette variante HLA précise).
Immorta n'a pas indiqué à quelle molécule HLA se lie SenoMune-0257.
Prenons l'exemple de HLA-A*02:01, l'une des variantes les plus répandues. Selon l'Allele Frequency Net Database (Gonzalez-Galarza et al., 2020), elle représente environ 28 % des copies du gène dans les grands registres européens. Chez les Afro-Américains, la proportion est d'environ 12 %, et chez les donneurs d'origine chinoise du registre américain (NMDP), d'environ 9 %.
Chacun porte deux copies de chaque gène HLA, l'une héritée du père, l'autre de la mère. Un calcul approximatif montre donc qu'environ la moitié des personnes d'ascendance européenne en portent au moins une copie (48 %). C'est aussi le cas d'environ un Afro-Américain sur quatre (23 %) et d'un donneur chinois sur cinq (18 %).
Même si SenoMune-0257 était adapté à cette variante, environ la moitié des Européens ne la porteraient pas, ce qui s'accorde mal avec le mot « universal » (universel). Un peptide peut parfois convenir à plusieurs variantes apparentées et toucher davantage de monde, mais sans la séquence, impossible d'en juger.
Le second problème tient au bilan des vaccins peptidiques contre le cancer. En 2004, Rosenberg, Yang et Restifo ont passé en revue leurs propres essais de vaccins anticancéreux, menés chez 440 patients : « the objective response rate was low (2.6%) » (le taux de réponse objective était faible : 2,6 %). Autrement dit, la tumeur n'a diminué de façon mesurable que chez moins de trois patients sur cent.
Immorta a elle-même fait une remarque du même ordre dans une revue de 2024 : « single-antigen approaches leave open the possibility of immune editing and immune escape » (les approches fondées sur un seul antigène laissent la porte ouverte à l'immunoédition et à l'échappement immunitaire). En clair, si un vaccin n'entraîne le système immunitaire que contre une seule cible, les cellules qui cessent de l'afficher peuvent passer entre les mailles. Or SenoMune-0257 est justement un peptide unique.
Ce qui a été publié jusqu'ici
Nous n'avons trouvé aucun article, aucune prépublication ni aucun brevet sur SenoMune-0257. En cherchant ce nom dans la littérature scientifique, nous n'avons trouvé qu'un ingrédient cosmétique sans rapport, commercialisé sous un nom identique : Senomune (un extrait de racine de thé vert). Les demandes de brevet ne deviennent publiques qu'environ 18 mois après leur dépôt : une demande récente pourrait donc ne pas être encore visible. Tout ce qu'Immorta a publié concerne son produit précédent, SenoVax.
Dans le premier article sur SenoVax, paru en novembre 2025 dans le Journal of Translational Medicine, SenoVax était un produit cellulaire, et non un peptide. Des cellules immunitaires avaient été chargées avec du matériel issu de cellules rendues sénescentes en laboratoire par la doxorubicine, un médicament de chimiothérapie.
Les souris portaient des tumeurs greffées du poumon, du cerveau, du pancréas ou du sein, avec 10 animaux par groupe. Les tumeurs ont grossi plus lentement, et un type de lymphocyte T (les CD8+) pouvait transmettre cette protection. Le texte ne donne ni pourcentages ni données de survie. Le nombre de cellules sénescentes dans les tissus n'a pas été mesuré : les auteurs renvoient ce point à des « future studies » (études futures).
Le second article, publié en juin 2026, décrit SenoVax comme une formulation vaccinale « comprising adjuvanted peptides derived from senescence-associated proteins » (composée de peptides adjuvantés dérivés de protéines associées à la sénescence). Sous un même nom, les deux articles décrivent donc deux produits différents.
Cette fois, soit les souris avaient une atteinte du foie provoquée chimiquement (CCl₄), soit elles recevaient de la doxorubicine comme modèle de vieillissement accéléré. Le modèle doxorubicine comptait cinq groupes de 10 : sérum physiologique seul, doxorubicine seule, ou doxorubicine associée à SenoVax, au produit à base de cellules souches d'Immorta, ou aux deux.
Dans le modèle d'atteinte du foie, l'association a fait baisser de 58 à 62 % deux enzymes hépatiques mesurées dans le sang (ASAT et ALAT). Chaque traitement pris isolément les a fait baisser de 32 à 40 %.
Le résultat sur la « durée de vie » demande une lecture attentive. D'après une figure, les souris ont reçu de la doxorubicine à raison de « 5 mg/kg three times per week … until death » (5 mg/kg trois fois par semaine… jusqu'à la mort). Ce qui a été mesuré, c'est la survie sous chimiothérapie continue, et non la durée de vie naturelle. Au bout de 30 jours, toutes les souris traitées par la seule doxorubicine étaient mortes. Avec l'association, 50 % étaient encore en vie au bout de 35 jours, et 20 % au bout de 40 jours.
Deux lettres à l'éditeur ont remis ce travail en question. Chen et Sun ont écrit en octobre 2026 que « survival during ongoing doxorubicin exposure should not be described as lifespan extension » (la survie pendant une exposition continue à la doxorubicine ne devrait pas être présentée comme un allongement de la durée de vie). Ils relèvent aussi une contradiction : la section Méthodes indique 2 mg/kg de doxorubicine une fois par semaine, alors que les figures mentionnent 5 mg/kg trois fois par semaine.
La seconde lettre, signée par Xie et ses collègues, porte sur le premier article. Le ton est bienveillant, mais elle s'interroge sur la sécurité à long terme : « The immune damage of physiological sites (e.g. sites of tissue repair) was not investigated » (les dommages immunitaires sur des sites physiologiques, par exemple là où les tissus se réparent, n'ont pas été étudiés).
Le second article rapporte aussi des tailles d'effet (d de Cohen), une mesure de l'écart entre deux groupes. Par convention, une valeur de 0,8 est déjà considérée comme grande. Ici, les tailles d'effet moyennes atteignent 27, et certaines valeurs isolées, 55. Des écarts d'une telle ampleur appellent une réplication par une équipe indépendante.
Les deux articles indiquent que la publication « was funded by Immorta Bio Inc. » (a été financée par Immorta Bio Inc.). Trois auteurs, dont Ichim, figurent comme dirigeants et actionnaires de l'entreprise. C'est déclaré en bonne et due forme, et cela signifie que toutes les données publiées sur SenoVax ont été produites par l'entreprise elle-même.
Annonces et réalisations
Depuis 2024, Immorta a annoncé à plusieurs reprises de nouvelles étapes vers des essais chez l'humain.
| Date | Ce qu'annonçait l'entreprise |
|---|---|
| Juillet 2024 | Immorta dépose une demande d'autorisation d'essais chez l'humain (IND) pour SenoVax dans le cancer du poumon avancé, sous le numéro de dossier 30745. SenoVax est alors un produit cellulaire fabriqué à partir des propres cellules du patient. |
| Octobre 2024 | L'objectif affiché est de « complete the Phase I/IIa trial by Q3 2025 » (terminer l'essai de phase I/IIa d'ici le troisième trimestre 2025). |
| Septembre 2025 | Un lot de fabrication serait « the remaining step prior to IND clearance » (la dernière étape avant le feu vert de la FDA à l'IND). |
| Décembre 2025 | L'entreprise dit être en train de « completing the required GMP manufacturing run to enable initiation » (terminer le lot de fabrication BPF requis pour pouvoir démarrer). |
| Janvier 2026 | Elle annonce « Doubles Mouse Lifespan » (double la durée de vie des souris) ; SenoVax serait « currently under FDA review » (en cours d'examen par la FDA). |
| Mars 2026 | Sur des modèles de souris vieillissantes, elle avance un « ~73% increase in mean survival and ~84% extension of median lifespan » (hausse d'environ 73 % de la survie moyenne et allongement d'environ 84 % de la durée de vie médiane). |
| Juin 2026 | À la parution du second article, elle parle d'« over 70% lifespan extension » (plus de 70 % d'allongement de la durée de vie). |
| Octobre 2026 | Elle déclare achevées les études précliniques de SenoMune-0257 et annonce une « initial human evaluation anticipated before year-end » (première évaluation chez l'humain prévue avant la fin de l'année). |
| 26 octobre 2026 | ClinicalTrials.gov recense 0 étude pour SenoVax, SenoMune ou Immorta. |
Pour son modèle de vieillissement accéléré, le chiffre avancé par l'entreprise est passé de « doubled » (doublée) à 73 % et 84 %, puis à « over 70% » (plus de 70 %). L'article lui-même ne donne aucun pourcentage d'allongement de la durée de vie.
Le numéro d'IND 30745 est un numéro de dossier que la FDA attribue à une demande ; ce n'est pas une autorisation. En janvier 2026, l'entreprise disait la demande en cours d'examen par la FDA. Rien de public ne permet de savoir si elle a été acceptée depuis.
Immorta a déposé des déclarations auprès de la Securities and Exchange Commission, le gendarme américain de la Bourse (Form D). Elles décrivent une société non cotée sans chiffre d'affaires, immatriculée dans le Delaware en 2023. Depuis novembre 2024, elle lève des fonds auprès d'investisseurs dans le cadre d'un placement privé.
La déclaration la plus récente (16 octobre 2026) fait état de 612 503 dollars de titres vendus à six investisseurs, sur un maximum de 5 millions de dollars. Une déclaration antérieure (8 janvier 2026) mentionnait 450 000 dollars sur 500 000.
Peut-on acheter SenoMune-0257 ?
Non. Sa séquence n'a pas été publiée : quiconque propose un produit sous ce nom ne peut donc pas savoir ce qu'il fabrique. Une recherche sur le Web, le 26 octobre 2026, n'a trouvé aucune boutique qui le vende, mais elle ne couvrait pas les messageries. Un ingrédient cosmétique tiré de la racine de thé vert porte le même nom, sans aucun lien avec ce peptide.
Vous avez peut-être aussi entendu parler, dans ce contexte, du FOXO4-DRI, un peptide conçu pour faire mourir les cellules sénescentes. Dans une étude de 2017 menée par Baar et ses collègues, il a amélioré la forme physique, le pelage et la fonction rénale de souris âgées. Il n'a jamais été étudié chez l'humain. Notre monographie consacrée au FOXO4-DRI fait le point sur ce que l'on sait et ce que l'on ignore.
Comment vérifier vous-même l'annonce d'une « percée »
- Remontez à la source primaire, par exemple le communiqué de presse ou l'étude, et lisez ce qu'elle dit vraiment.
- Vérifiez s'il existe un article relu par des pairs ou seulement un communiqué de presse, que l'entreprise rédige elle-même.
- Regardez si les résultats ont été obtenus chez l'humain, chez l'animal ou sur des cellules en boîte de Petri.
- Cherchez le médicament et l'entreprise sur ClinicalTrials.gov, où les essais chez l'humain sont habituellement enregistrés.
- Lisez les déclarations de financement et de conflits d'intérêts pour savoir qui a payé ces travaux.
- Demandez-vous qui relaie l'information et s'il a quelque chose à vendre en rapport avec le sujet.
Ce qu'il faut retenir
SenoMune-0257 est une annonce, pas un résultat. Il y a un communiqué de presse sans données et un message du scientifique de l'entreprise qui le qualifie d'immunothérapie anticancéreuse. Un compte lié à une boutique en a ensuite fait un remède contre le cancer. Le peptide n'a pas été testé chez l'humain, et aucun essai n'est enregistré.
Apprendre au système immunitaire à éliminer les cellules sénescentes est un domaine de recherche sérieux, avec de vrais résultats chez la souris et un bilan contrasté chez l'humain. On ne saura si ce peptide fonctionne qu'une fois que des données auront été publiées et qu'un essai enregistré aura livré ses résultats. D'ici là, il est impossible de l'acheter, et il n'existe aucune dose pour ce peptide.
Si vous préférez commencer par les bases, lisez d'abord ce que sont les peptides. Si cet article vous mentionne et que vous estimez qu'une affirmation factuelle est inexacte, contactez-nous via nos mentions légales.
Sources
- @ItsPeptime sur X, 24 octobre 2026, Publication sur SenoMune-0257
- Thomas Ichim (@exosome) sur X, 23 octobre 2026, Publication sur SenoMune-0257
- Immorta Bio, 12 octobre 2026, Immorta Bio Pioneers AI-Designed Senolytic Immunotherapy Targeting Diseases of Aging
- Immorta Bio, 26 juillet 2024, Immorta Bio Files IND for SenoVax for Advanced Lung Cancer
- Immorta Bio, 2 octobre 2024, Diseases of Aging: Q&A with Dr. Thomas Ichim
- Immorta Bio, 24 septembre 2025, Preclinical Activity of SenoVax in a CTE Model
- Immorta Bio, 4 décembre 2025, Reduction of Tumors Using SenoVax
- Immorta Bio, 8 janvier 2026, Immorta Bio Doubles Mouse Lifespan
- Immorta Bio, 11 mars 2026, Dramatic Lifespan Extension in Aging Mouse Models
- Immorta Bio, 11 juin 2026, Over 70% Increased Longevity in Aging Animals
- U.S. Securities and Exchange Commission, 16 octobre 2026, Form D, Immorta Bio, Inc. (CIK 0002102665)
- ClinicalTrials.gov, 26 octobre 2026, Recherche SenoVax (SenoMune et Immorta : également 0 résultat)
- Immorta Bio, 30 octobre 2025, WO2025226744A1: Senescent cell targeting T cell responses
- Ichim et al., Journal of Translational Medicine 2025, Reduction of solid tumors by senescent cell immunization
- Ichim et al., Journal of Translational Medicine 2026, Synergistic senolytic–regenerative therapy significantly extends healthspan and lifespan
- Chen and Sun, Journal of Translational Medicine 2026, Treatment benefit does not establish senolysis or lifespan extension
- Xie et al., Journal of Translational Medicine 2026, Letter to the editor: clinical translation of senolytic immunotherapy: critical considerations for SenoVax and beyond
- Veklych et al., Journal of Stem Cell Research & Therapeutics 2024, Can senolysis be used to overcome tumor immune evasion?
- Hayflick and Moorhead, Experimental Cell Research 1961, The serial cultivation of human diploid cell strains
- Coppé et al., PLoS Biology 2008, Senescence-associated secretory phenotypes reveal cell-nonautonomous functions of oncogenic RAS and the p53 tumor suppressor
- Baker et al., Nature 2011, Clearance of p16Ink4a-positive senescent cells delays ageing-associated disorders
- Baker et al., Nature 2016, Naturally occurring p16Ink4a-positive cells shorten healthy lifespan
- Xu et al., Nature Medicine 2018, Senolytics improve physical function and increase lifespan in old age
- Justice et al., EBioMedicine 2019, Senolytics in idiopathic pulmonary fibrosis: results from a first-in-human, open-label, pilot study
- UNITY Biotechnology, 17 août 2020, UBX0101 phase 2 12-week data (Form 8-K, Exhibit 99.1)
- Amor et al., Nature 2020, Senolytic CAR T cells reverse senescence-associated pathologies
- Suda et al., Nature Aging 2021, Senolytic vaccination improves normal and pathological age-related phenotypes and increases lifespan in progeroid mice
- Kang et al., Nature 2011, Senescence surveillance of pre-malignant hepatocytes limits liver cancer development
- Krtolica et al., PNAS 2001, Senescent fibroblasts promote epithelial cell growth and tumorigenesis
- Campisi, Annual Review of Physiology 2013, Aging, cellular senescence, and cancer
- Wieczorek et al., Frontiers in Immunology 2017, MHC class I and MHC class II proteins: conformational plasticity in antigen presentation
- Allele Frequency Net Database, 26 octobre 2026, Allele report HLA-A*02:01
- Gonzalez-Galarza et al., Nucleic Acids Research 2020, Allele frequency net database (AFND) 2020 update
- Rosenberg et al., Nature Medicine 2004, Cancer immunotherapy: moving beyond current vaccines
- Park et al., Experimental Dermatology 2026, Plant-derived senolytic ingredient, Camellia sinensis root extract
- Baar et al., Cell 2017, Targeted apoptosis of senescent cells restores tissue homeostasis in response to chemotoxicity and aging
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Cet article est fourni à titre purement informatif et ne remplace pas un avis médical. myPeptides ne donne aucune recommandation de dosage.